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Journée de l’enfant africain à Makamba et à Kirundo : «La place des enfants est à l’école avant tout»

La journée de l’enfant africain a été célébrée à Makamba jeudi le 27 juin 2019 dans la commune de Nyanza Lac et, dans la province de Kirundo, vendredi le 28 juin 2019.  Dans ces deux provinces, cette journée a été célébrée au moment où il s’y observe encore des enfants de la rue, des enfants victimes de violences sexuelles, des rapatriés et des cas  d’abandons scolaires

La province de Makamba en collaboration avec les partenaires qui œuvrent dans la protection de l’enfance a célébré la journée  de l’enfant africain le 27 juin 2019. A cette occasion,   Sylvère Singwabiye, conseiller socio -culturel  du gouverneur de Makamba a fait savoir que cette province s’active dans le but de promouvoir les droits de l’enfant dans la province de Makamba. 

Selon lui, quatorze enfants ont été retirés de la rue ces derniers jours et ont été intégrés dans leurs familles respectives. De plus, un sexagénaire qui a violé une fillette de 13 ans a aussi été puni sévèrement. Et d’ajouter qu’il est actuellement strictement interdit d’embaucher un jeune de moins de 18 ans. Selon toujours lui, ceux qui passeront outre cette mesure seront punis dans le but de combattre  le travail des mineurs. 

Un forum des enfants à Makamba

Toujours dans l’objectif de promouvoir le bien-être de l’enfant, un forum des enfants a aussi été mis en place pour leur permettre d’échanger sur les avancées en matière de droits de l’enfant et ce qui devrait être fait pour les promouvoir. Yves Nduwarugira, président de ce forum se réjouit de cette situation malgré qu’il y ait encore à faire du fait que la province de Makamba est située à la frontière avec la Tanzanie. Il y a des enfants rapatriés qui nécessitent la réintégration dans leurs familles, l’accès à l’éducation et aux soins de santé. 

Les droits de l’enfant constituent toujours une préoccupation en Afrique

Cathie Danielle Monni, chargée de la protection de l’enfance au HCR Makamba a indiqué qu’une plateforme constituée de membres du gouvernement et d’ONG qui œuvrent dans le domaine de la protection de l’enfance a été mise en place au mois d’avril 2018 pour combattre  en synergie et avec énergie tout ce qui met à mal les droits de l’enfant.  Selon elle,   la place des enfants est  à l’école avant tout.

Dans cette même logique, la province de Kirundo en collaboration avec les partenaires qui se sont donnés l’objectif  de  promouvoir les droits de l’enfant  a aussi célébré  la journée de l’enfant africain vendredi le 28 juin de cette année.  Cette journée a commencé par un long défilé des élèves des écoles fondamentales de Kanyinya, Bushaza, Murama et Mutara ainsi  que des enfants de la rue. Des chansons et des danses préparées par les élèves de ces écoles fondamentales ont agrémenté les cérémonies de cette journée.

Il y a encore à faire dans la promotion des droits de l’enfant 

Rémy Bigerumusase, conseiller socio-culturel du gouverneur de la province de Kirundo a fait savoir que des avancées dans la promotion des droits de l’enfant sont une réalité au Burundi. Il évoque  la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de cinq ans et des frais scolaires. Néanmoins,  Bigerumusase s’inquiète qu’il s’observe encore dans cette province des enfants de la rue, des enfants rapatriés, des enfants victimes de violences sexuelles et des cas d’abandons scolaires suite à la prostitution, aux grossesses non désirées et à la pauvreté qui guette leurs familles.  Suite à cette situation, il invite le gouvernement et les partenaires qui interviennent dans ce secteur à redoubler d’efforts.  

Les autorités de Kirundo remercient Hope 87 

Bigerumusase remercie vivement l’Ong Hope 87 qui, en collaboration avec l’UNICEF et le gouvernement du Burundi appuie cette province dans la didactique linguistique pour permettre aux enfants rapatriés de maîtriser le Français et le Kirundi utilisés comme langues d’enseignement au Burundi.  Pour gagner ce pari, l’Ong Hope 87 fait savoir qu’elle initie le renforcement des capacités pour les enseignants afin de  leur permettre de former à leur tour les élèves rapatriés avec des connaissances suffisantes qui leur permettent d’accéder à une éducation effective et de qualité.  

Selon cette Ong, la journée de l’enfant africain a été instaurée par l’Union Africaine depuis le 16 juin 1991 en souvenir de centaines d’enfants sud-africains massacrés à Soweto le 16 juin 1976 par le régime de l’apartheid lors d’une manifestation pacifique organisée pour leurs droits bafoués. Le but de la marche était de faire pression sur le gouvernement sud-africain pour améliorer les conditions d’apprentissage dans les écoles. C’était aussi pour permettre aux élèves d’apprendre dans leur langue natale. Au- delà de cette commémoration, c’est une bonne occasion pour les Etats africains de faire le point sur les droits de l’enfant dans leurs pays respectifs et de chercher à prendre des mesures pouvant améliorer le bien-être des enfants

Aujourd’hui,  l’Ong Hope 87 précise que la situation des enfants est toujours préoccupante en Afrique. Selon tours elle, les dirigeants sont appelés à mettre en place des mesures fortes pour que tous les enfants africains puissent avoir accès à  une éducation de qualité, aux soins de santé, à un  niveau de vie décent et soient pris en compte dans la prise des décisions qui les concernent. Elle indique que les enfants africains sont les plus défavorisés au monde en matière d’accès à une éducation  de qualité.  En 2012, il y avait dans le monde près de 58 millions d’enfants en âge d’être scolarisés à l’école primaire. Néanmoins, ils ont loupé ce droit inaliénable. Parmi ces derniers, 32,7 millions, soit 56% vivaient en Afrique subsaharienne selon l’institut des statistiques de l’UNESCO. 

De plus, l’Ong Hope 87 signale que beaucoup d’écoles ne disposent pas d’enseignants suffisants et expérimentés.  Le pire est que même ceux qui sont à l’œuvre ne sont pas bien rémunérés. Beaucoup d’élèves ne disposent pas le matériel d’apprentissage de base. Et de s’inquiéter qu’il est difficile de lire sans livre.   

Le thème retenu cette année est « L’action humanitaire en Afrique : les droits de l’enfant d’abord ».

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