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Journée International de l’Epargne : Epargner pour un lendemain meilleur

Le 31 octobre de chaque année, on célèbre la Journée Internationale de l’Epargne. C’est dans cette optique que le Réseau des Institutions de Microfinance a animé, ce jeudi 31 octobre 2019, une conférence de presse sous le thème : « TUZIGANYE DUTEGURE KAZOZA ». La célébration de cette journée avait pour but de mobiliser toutes les forces vives de la nation pour qu’elles contribuent au renforcement de la culture de l’épargne chez les populations

Créé en 2012, le RIM a enregistré des avancées très considérables. Selon Bernard Kinyata, président du conseil d’administration du Réseau des Institutions de Microfinance (RIM), l’objectif principal de cette conférence de presse est de promouvoir l’esprit d’épargne. « La célébration de cette journée vise à inculquer la culture financière à la population burundaise en mettant un accent particulier sur l’importance et la nécessité de l’épargne formelle », lit-on dans le mot liminaire.

Le document montre les avancées remarquables de ce réseau qui date de 2012. Les résultats des années 2012 à 2019 témoignent irréfutablement d’une meilleure performance. De seulement 135 comptes ouverts en 2012 on atteint jusqu’au 31 octobre de cette année, 13 254 comptes ouverts dans 42 institutions qui opèrent sur toute l’étendue du territoire national. Le Réseau atteint actuellement un capital de 177 .813.000.000 FBu. Ces chiffres confirment un certain changement de mentalités du point de vue comportement financier, mais montrent qu’il y a encore la nécessité de fournir encore des efforts.

Bernard Kinyata, Président du Conseil d’administration de RIM : « Le RIM interpelle le gouvernement burundais à prendre des mesures visant à impulser un changement de comportement de la population en faveur d’une culture d’épargne »

Pour une meilleure célébration de la Journée, le RIM en collaboration avec SBFIC apporte son soutien aux Institutions de Microfinance(IMFs) membres. Le Réseau fournit ainsi à ces dernières du matériel pour booster leur visibilité. Des banderoles, des t-shirts, des sacs à dos, des parapluies…  Le RIM a également fourni un appui publicitaire et mobilisé les media pour pouvoir assurer une sensibilisation du grand public. Le document fait un clin d’œil aux Institutions de Microfinances. Il leur revient de faire des innovations en développant des services d’épargne répondant aux besoins des Burundais. Le but serait de donner la chance à tout le monde d’avoir accès aux services   financiers.

De même, le RIM lance un appel au gouvernement burundais pour  qu’il prenne des mesures visant à impulser un changement de comportement de la population en faveur de la culture de l’épargne formelle.

De la persistance des obstacles contre l’inclusion financière

L’inclusion financière reste très basse au Burundi. Les chiffres des dernières enquêtes nationales de 2015 révèlent un taux d’inclusion de 21,92 %. Selon le président du conseil d’administration du RIM, les IMFs n’ont pas rencontré trop d’obstacles. Nonobstant, il prend soin de relever quelques-uns ayant négativement influé sur le taux d’inclusion financière. Les raisons de ce faible niveau d’inclusion sont diversifiées, selon ce responsable. La pauvreté des populations, l’usage des moyens classiques dans les IMFs et l’insuffisance de la culture de l’épargne formelle constituent des obstacles à l’inclusion financière.

Ainsi, la progression de l’inclusion financière se fait au rythme de la croissance des revenus des particuliers. Quant à elle, l’épargne reste l’un des outils financiers permettant d’accroître l’inclusion financière. Nonobstant, le conférencier note que la capacité d’offrir un service de proximité demeure un grand défi à relever. Pour lui, l’épargne constitue la source de liquidité intérieure la plus stable pour les institutions financières.

Sur la question en rapport avec le taux d’intérêt et l’accès facile au crédit, M. Kinyata explique l’enjeu tout en admettant qu’il s’agit d’un des éléments qui ralentissent l’inclusion financière. Selon lui, la question est de savoir les capacités financières dont disposent les IMFs pour répondre aux besoins de la population ? Par ailleurs, ajoute-t-il, adoucir les conditions d’accès au crédit et diminuer le taux d’intérêt est normalement une politique de choix des institutions financières. Pour Kinyata, la bonne réussite de cette politique exigerait des soutiens financiers aux institutions financières.

Perspectives pour contourner les obstacles à l’inclusion financière

Malgré les efforts fournis, et une forte évolution observée au cours de ces derniers temps, le niveau de l’épargne reste bas au Burundi. Pour réduire les obstacles à l’épargne, le RIM entend développer la politique de service plus performant et de proximité. Le président rassure. Les outils que les institutions financières envisagent d’intégrer dans leur système de travail sont de nature à pouvoir défier ou du moins adoucir les difficultés.

La mise du service à la portée de la population est un outil incontournable pour la croissance de l’action financière. Un pas est déjà franchi dans ce sens. Les microfinances sont présentes dans tout le pays jusqu’au niveau des collines. Le projet d’intégration des nouvelles technologies au sein des services financiers dans les Institutions de microfinances est en cours. Le client pourra alors faire le dépôt, retirer, payer et consulter son compte via son téléphone portable. Ce projet pourra permettre au client de jouir d’un service de qualité et de proximité. Les institutions de microfinance, en collaboration avec le RIM, comptent pérenniser l’activité de mobilisation et de sensibilisation à l’épargne. Pour intensifier cette activité, plusieurs acteurs et partenaires se doivent de conjuguer les efforts.

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