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Journée mondiale contre les hépatites virales : un appel à la mobilisation au Burundi

A l’occasion de la Journée mondiale contre les hépatites virales, célébrée chaque année le 28 juillet, un atelier média a été organisé ce mercredi à Bujumbura autour du thème « Hépatite : faisons tomber les barrières ». L’événement a eu lieu à Bujumbura le 1er octobre 2025 et a permis de dresser un état des lieux de la prévention et de la prise en charge de cette maladie au Burundi, en mettant en lumière les défis sanitaires et les stratégies de lutte contre cette pathologie en cours.

Dr Aimé Ndayizeye directeur du PNLS/IST/Hépatites rappelle que la lutte contre les hépatites virales ne peut être gagnée qu’à travers une action collective impliquant non seulement les autorités sanitaires, mais aussi la société civile, les médias et la population elle-même.

Le Dr Aimé Ndayizeye, directeur du Programme national de lutte contre le Sida, les infections sexuellement transmissibles et les hépatites virales (PNLS/IST/Hépatites), a fait un exposé détaillé sur la situation. Selon lui, les hépatites virales constituent aujourd’hui un problème majeur de santé publique dans le monde. Elles figurent parmi les principales causes de décès, se positionnant déjà devant le VIH. L’expert rappelle que les virus les plus préoccupants sont les hépatites B, C et D, car ils peuvent évoluer vers un état chronique et entraîner de graves complications telles que la cirrhose ou le cancer du foie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que le nombre de décès liés aux hépatites continue à augmenter, faute de dépistage et de traitement accessibles pour la majorité des malades.

Le fardeau est particulièrement lourd sur le continent africain, où la prévalence de l’hépatite B varie entre 8 et 20 % et celle de l’hépatite C entre 2 et 2,8 %. Au Burundi, les données disponibles révèlent une prévalence de 4,6 % pour l’hépatite B et de 8,2 % pour l’hépatite C, avec un taux qui augmente avec l’âge.

D’autres formes d’hépatites sont également présentes, mais à des niveaux variables. Le virus de l’hépatite A (VHA) est largement répandu : plus de 90 % de la population a déjà été en contact avec lui. L’hépatite E circule en revanche à un niveau plus bas, tandis que l’hépatite D est très peu présente sur le territoire burundais.

Quid des modes de transmission, de prévention et de prise en charge des hépatites?

Selon Dr Ndayizeye, les virus B, C et D se transmettent principalement par voie sexuelle, sanguine ou de la mère à l’enfant. Le partage d’objets coupants ou piquants, comme les aiguilles, les lames de rasoir ou les épingles, constitue également un facteur majeur de contamination.

Pour limiter la propagation des hépatites, plusieurs mesures préventives sont mises en avant : respect strict des règles d’hygiène, vaccination contre le virus de l’hépatite B, dépistage régulier et renforcement de la sécurité lors des injections médicales, des transfusions sanguines et des interventions chirurgicales. Le vaccin contre l’hépatite B joue un rôle central. En plus de protéger contre ce virus, il confère également une immunité contre le virus Delta.

La prise en charge repose sur plusieurs axes. Pour l’hépatite B, les autorités sanitaires recommandent le dépistage, la vaccination des personnes exposées, mais aussi l’éducation pour le changement de comportement. Pour l’hépatite C, le dépistage reste essentiel, suivi d’un traitement adapté et d’une sensibilisation accrue de la population.

Le Burundi s’aligne par ailleurs sur la stratégie mondiale du secteur de la santé 2022-2030 contre le VIH, les hépatites virales et les IST qui fixe des objectifs ambitieux pour éradiquer ces maladies à l’horizon 2030. A l’échelle nationale, un plan stratégique intégré 2023-2027 a été adopté afin de renforcer la prévention, améliorer le dépistage et garantir l’accès aux soins.

Un appel à l’action collective

En définitive, les spécialistes insistent sur l’urgence de renforcer la sensibilisation, de lever les barrières liées à l’accès au dépistage et au traitement, et de mobiliser davantage de ressources pour faire reculer les hépatites virales. « La lutte contre ces maladies ne peut être gagnée qu’à travers une action collective impliquant non seulement les autorités sanitaires, mais aussi la société civile, les médias et la population elle-même », a rappelé le Dr Ndayizeye.

La Journée mondiale contre les hépatites virales a ainsi constitué une nouvelle opportunité pour appeler à une mobilisation accrue face à une menace sanitaire encore trop sous-estimée au Burundi et dans le monde.

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