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Journée mondiale de l’aide humanitaire : A l’honneur de Mme Christine Ntahe

La Journée mondiale de l’aide humanitaire a été célébrée  lundi le 19 août 2019. Elle met cette année à l’honneur le travail des femmes pendant les situations de crise.  Christine Ntahe a été l’une de ces femmes humanitaires à l’honneur

Madame Christine Ntahe, fondatrice de l’association « Bon Geste » : « J’ai tenté à maintes reprises de gagner la confiance des enfants en situation de rue, mais ça n’a pas été un pari facile à gagner »

Le gouvernement du Burundi  en partenariat avec le système des Nations Unies a célébré la journée mondiale de l’aide humanitaire lundi le 19 août 2019.  Cette journée a été dédiée au travail  des femmes humanitaires.  A cette occasion, Christine Ntahe, ancienne journaliste à la Radio Télévision Nationale du Burundi connue sous le sobriquet de Maman Dimanche a raconté comment elle s’est lancée dans ce noble travail. Elle a anime l’émission «  Echangeons avec les enfants» à la RTNB pendant 20 ans. A la suite de la crise de 1993, elle a créé l’association «Bon geste» qui vient en aide aux orphelins. Son dévouement à la rescousse des enfants en situation d’extrême vulnérabilité a été couronné de nombreux prix.

Pourquoi le choix de l’humanitaire ?

Mme Ntahe, alias Maman Dimanche fait savoir que l’idée lui est venue juste après la crise de 1993. «Il y avait des enfants de la rue qui dormaient à la belle étoile et qui n’avaient pas de quoi manger», indique-t-elle. Elle fait savoir qu’elle a constaté qu’ils ont besoin de quelqu’un qui peut les faire sortir de ce calvaire. Ils avaient déjà perdu leur dignité. Ils étaient en détresse. Cette femme humanitaire fait remarquer qu’elle a tout fait pour les faire sortir de cette situation. «J’ai tenté à maintes reprises de gagner leur confiance», précise-t-elle. Ça n’a pas été un pari facile à gagner. Ces enfants se sentaient exclus de la société. Et de faire savoir qu’elle devait d’abord créer et tisser de bonnes relations avec eux. Après, elle les a invités chez elle pour partager de quoi manger. Ils étaient de toutes les ethnies.

Vue des participants à la célébration de la journée mondiale de l’aide humanitaire. A l’avant-plan, les quatres panélistes, dont Christine Ntahe dite « Maman Dimanche » (à droite, lunettée)

Les défis

Les gens se sont posés beaucoup de questions, car ils ne comprenaient pas pourquoi elle faisait tout cela.  Ntahe fait savoir qu’elle a été jugée et même menacée par ceux qui ne partageaient pas la même vision qu’elle. Heureusement, elle a tenu tête. «J’ai persévéré, car ces enfants étaient les miens». Lorsqu’elle leur a tendu le micro, elle fait savoir qu’ils disaient qu’ils ne sont pas des enfants comme les autres. «Je me suis donné corps et âme pour leur montrer qu’ils sont des enfants comme les autres, qui méritent la protection, la dignité et qui doivent jouir de tous les droits de l’enfant comme les autres enfants», indique Ntahe.  C’est cela qui les a motivés. Elle accueille actuellement 200 enfants chaque dimanche qui vont chez elle pour le partage du repas dominical. Ils profitent  de cette occasion pour causer et se détendre en chantant, car dit-elle, ce sont des enfants comme les autres.

De plus, Ntahe a récemment publié un recueil de temoignages intitulé «Elles, Un hommage aux oubliées».  Ce sont des témoignages édifiants des femmes burundaises qui se sont illustrées pendant les années sombres qu’a connues notre pays, au péril de leur vie. Elles dénoncent un Burundi meurtri, rempli de souffrances, miné par la haine, les tueries,  les viols et autres affres de la guerre. C’est l’image qu’on garde de la crise socio-politique des années 1990, une période qui a frappé de plein fouet les femmes et les enfants de ce pays.

Les cérémonies de cette journée ont été rehaussées par Mr Martin Nivyabandi, ministre des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre.

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