Mélance Maniragaba, rédacteur en chef adjoint.
Le Burundi a déposé les instruments de ratification de l’accord d’un grand marché commun de l’Afrique la Zone de Libre-Echange Continentale (ZLECAF) il y a de cela environ 6 ans.
En plus des initiatives comme la mise en place de la stratégie nationale pour la mise en application des accords de la ZLECAF et celle du comité national chargé de la mise en application dudit accord, des sensibilisations ne cessent d’être faites pour familiariser ce marché au citoyen.
Le marché de la ZLECAF est là, mais aussi la concurrence déloyale est là. Ce qui est une règle non écrite, pourtant incontournable. Le petit pays enclavé comme le Burundi va se retrouver sur le marché avec d’autres grands pays. Ce qui peut faire de celui-ci un dépotoir des produits en provenance des autres pays.
Sans toutefois se baser sur les résultats d’une enquête, un nombre important de citoyens est conscient qu’on doit intégrer la communauté, qu’on le veuille ou pas. Au cas contraire, on se retrouvera en train de mettre en exécution des obligations négociées par d’autres Etats.
Qu’à cela ne tienne. S’intégrer dans un bloc régional en soi n’est pas mauvais. Est-ce que à l’interne, le pays est intégré ?
La ZLECAF est née pour faciliter les échanges des biens et services entre les Etats membres. A l’interne, la situation est par contre contradictoire. Le contribuable fait face à trois institutions qui collectent les taxes et impôts. Ce sont l’Office Burundais des Recettes (OBR), l’administration municipale et l’administration communale.
Cela sans oublier d’autres charges liées aux tracasseries routières et administratives.
Pire encore, des produits sont souvent taxés d’une double taxation au niveau communal, soit à la commune d’origine du produit et à la commune du marché d’écoulement. Pourtant, la législation exige que le produit est taxé à la commune du marché d’écoulement.
Pour tirer profit de la nouvelle organisation, les instances habilitées doivent agir non seulement en se conformant aux obligations extérieures, mais en corrigeant les défis qui hantent la facilitation des échanges à l’interne. Cela est d’autant plus vrai « que la charité bien ordonné commence par soi-même », dit un proverbe français.