Le Réseau des Institutions de Microfinance (RIM) ne cesse de contribuer au développement du pays malgré quelques défis. Il totalise 904 614 clients depuis 2004 jusqu’à fin 2018. Et de découvrir dans ce numéro le montant des crédits octroyés et les dépôts collectés par ce réseau durant la même période
Le Réseau des Institutions de Microfinances (RIM) a organisé du 7 au 9 août 2019 la Deuxième Semaine de la Microfinance au Burundi sous le thème «La finance rurale et l’innovation pour une inclusion financière effective». A cette occasion, Bernard Kinyata, président du conseil d’administration du RIM et directeur général de RECECA INKINGI indique que cette institution contribue à la lutte contre la pauvreté au Burundi. Ces quelques indicateurs de performance au 31 décembre 2018 suffisent pour s’en convaincre. De 2004 à fin 2018, les institutions de microfinance totalisent 904 614 clients, précise-t-il. Durant l’année 2018, le montant des crédits octroyés par les IMFs s’élève à 271 679 488 872 FBu. En 2018, les IMFs ont collecté 177 813 679 670 FBu de dépôts auprès de 749 237 épargnants. L’encours total des crédits est de 213 297 767 918 FBu et les emprunteurs actifs sont au nombre de 308 773. Selon toujours lui, Il y a dans tout le pays 379 points de service et les IMFs emploient 1966 personnes.
Qu’en est-il des défis ?
Malgré ces chiffres impressionnants, Kinyata informe que la majorité des IMFs ont leurs sièges sociaux dans la capitale économique Bujumbura et dans les grandes agglomérations. De plus, les crédits octroyés concernent surtout l’habitat, le commerce et le petit équipement. Kinyata s’inquiète que l’agriculture, l’élevage et l’artisanat restent toujours les parents pauvres en matière de crédits.
Le secteur de la microfinance ne parvient pas à répondre à toutes les attentes des populations cibles. Il fait remarquer que le manque de professionnalisme guète les cadres et les agents des IMFs suite à l’absence d’une solide offre nationale de programmes de formation. Et d’ajouter le déficit en éducation financière des usagers qui ne comprennent pas les produits et les services financiers qui leur sont proposés par les IMFs. Il s’inquiète aussi du fait que les crédits octroyés sont plus élevés que l’épargne. Les institutions de microfinance se heurtent à un problème de manque de ressources. L’épargne mobilisée auprès du public est inferieure aux besoins en octroi de crédits qu’on rencontre au niveau des IMFs. Kinyata fait remarquer que les banques octroient des crédits aux IMFs à des taux d’intérêts élevés alors que ces deux fournisseurs de produits et de services financiers partagent le même marché.
De surcroît, les IMFs ont des difficultés de pouvoir accéder aux clients pour leur offrir des services de proximité. Selon Kinyata, un bon nombre d’IMFs sont installées dans les centres urbains, là où les conditions pour le bon fonctionnement des IMFs sont favorables. Ce sont entre autres les infrastructures adaptées, l’électricité, l’internet, les TIC, etc. Selon toujours lui, ceux qui accèdent aux services des IMFs sont infimes, car le taux d’urbanisation est inférieur à 10%. Malgré cette situation, leur souci est d’atteindre la population dans les zones rurales. De plus, le besoin de refinancement est un handicap majeur pour la réussite des IMFs.
Avec tous ces défis, Kinyata s’inquiète que le secteur de la microfinance semble encore bien loin de relever le défi de l’amélioration significative des conditions de vie des populations au Burundi en contribuant à la lutte contre la pauvreté et les inégalités grâce à l’appui au développement d’une offre de services financiers adaptés aux besoins des populations spécialement les agriculteurs, les éleveurs et les artisans. Et de noter que c’est la raison d’être de l’organisation de la deuxième semaine de la microfinance au Burundi. Elle va permettre aux membres du RIM, à leurs partenaires et aux représentants du public bénéficiaire de mener une profonde réflexion sur les orientations et les pratiques à privilégier.
Signalons que le RIM regroupe 36 institutions membres réparties en quatre catégories, à savoir : 17 coopératives d’épargne et de crédit, 19 sociétés anonymes et un établissement financier.