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La gestion entrepreneuriale pérenne s’apprend

Certains étudiants de l’Institut Supérieur de Commerce de l’Université du Burundi s’adonnent aux activités génératrices de revenus (AGR) parallèlement aux activités académiques. Une inspiration qui leur est venue pour se prévenir contre le chômage à la fin de leurs études. Une formation technique, une orientation entrepreneuriale et financière leur est indispensable

Etudiant à la fois riziculteur et éleveur de porcs, Christophe Nduwimana est natif de la commune Gihanga, en province Bubanza (Ouest du pays). En 2014, alors qu’il est au deuxième cycle du secondaire, ses parents lui donnent un champ de riz mâture comme capital pour préparer son avenir. Après l’exploitation de son champ, il a utilisé une partie de son revenu dans l’achat d’un autre petit champ à 500.000 FBu et un porc qui jusqu’à présent a mis bas deux fois. Les porcins ont été vendus pour financer les activités agricoles et d’autres besoins divers. Il n’en reste que deux.

Aimé Igiraneza, directeur des programmes chez BBIN : « Nous aidons toute personnes qui a des idées en rapport avec la création d’entreprises ou ceux qui ont des problèmes de gestions de leurs activités génératrices de revenus »

Son but académique est de développer les connaissances qui vont l’aider à devenir un vrai entrepreneur. Divine Irankunda du même Institut et province, mais originaire de la commune Rugazi s’est lancée dans la culture des oignons et des aubergines après les humanités. Avec 15.000 FBu, son capital a grandi jusqu’à 60.000 FBu. Elle a acheté deux porcs pour se procurer du fumier organique et ainsi compléter l’engrais chimique. Aujourd’hui il a un capital de 150.000 FBu. Elle compte mettre en place une coopérative ou une entreprise agricole. Son ambition est le développement entrepreneurial pour créer de l’emploi.

Entreprendre dès le bas âge

Suavis Nduwayezu est originaire de la commune et province Gitega. Après avoir perdu sa mère à l’âge de 7 ans, elle vit difficilement chez sa grande sœur. Les weekends, elle se rend dans les champs pour collecter les restes de haricots après la récolte tout le long de sa formation scolaire. 4000 FBu est le revenu qu’elle tire de la collecte des restes de haricots. Elle faisait en parallèle le petit commerce de café parche. Ce qui constitua son premier capital. Son commerce fleurit et elle achète un mouton, une vache puis une parcelle dans laquelle elle construisit une maison qu’elle a couverte de tôles quand elle était en 2ème Normale. Elle a vendu sa vache pour pouvoir couvrir les dépenses y relatives. A la fin des études, elle se rend à Muyinga et fait le commerce de l’eau minérale et la boisson « Energie ».

Suavis Nduwayezu dispose actuellement d’un capital de 300.000 FBu

Pour le moment, elle achète des ndagala, pour les revendre à l’intérieur du pays. Elle dispose actuellement d’un capital de 300.000 FBu. Comme elle est en baccalauréat première année, elle voudrait terminer ses études après avoir constitué un capital consistant pouvant créer de l’emploi pour les autres. Dieudonné Niyokwizera est originaire de la commune Vyanda en province Bururi. A l’école primaire, il élevait des poules. Il a terminé ses études secondaires ayant un troupeau de cinq porcs et quelques chèvres. Il avait aussi des champs de manioc.

Une année d’attente à la maison avant la proclamation des résultats comptant pour l’examen d’Etat, il commence le commerce avec un capital de 500.000 FBu. Cela parce que toutes enveloppes qu’on lui donnait pour le féliciter étaient conservées pour ce but précis. Il lance son business avec le commerce de produits alimentaires comme le haricot, le  riz etc. A l’ouverture de l’année académique, il avait totalisé autour de deux millions de FBu. Actuellement, il a huit chèvres, une vache et trois porcs. Il a installé une petite boutique au quartier Kamenge comme source de revenus pour soutenir ses études.

Renforcement des capacités s’impose

Ces étudiants indiquent qu’ils veulent acquérir du BBIN une formation technique et des orientations financières et ainsi développer les activités déjà entreprises. Dans cette optique, ils affirment qu’ils sont décidés à créer des emplois. Parmi eux, les agri-éleveurs disent être déterminés à devenir de grands producteurs pour satisfaire la consommation locale et internationale. Ceux qui font le petit commerce affirment avoir l’ambition de faire le commerce international. Néanmoins, tous évoquent un problème commun. Ils sont beaucoup pris par le travail académique et n’ont pas assez de temps pour poursuivre leurs AGR. Les dépenses ont augmenté puisque certains utilisent une main d’œuvre. Ce qui occasionne des dépenses supplémentaires disproportionnées par rapport au revenu. Ainsi ils attendent de BBIN une formation et des orientations pour accroître les revenus de leurs entreprises.

Formation et accompagnement entrepreneurial par BBIN 

« Nous aidons toute personne qui a des idées innovantes en rapport avec la création d’entreprises ou ceux qui ont des problèmes de gestion de leurs activités génératrices de revenus », indique Aimé Igiraneza, directeur des programmes chez BBIN. Selon lui, cette organisation organise des formations et un accompagnement dans le cadre des premières étapes pour le démarrage des entreprises des jeunes. « Par après, nous les accompagnons pour qu’ils essaient de rédiger leurs plans d’affaires. Ensuite, le BBIN accompagne les lauréats dans la recherche des financements et des marchés ». Le BBIN accompagne également les lauréats dans les procédures légales de mise en place de leurs entreprises. Après la période d’incubation, ajoute Igiraneza, les lauréats sont répartis dans de petits groupes sectoriels dans lesquels ils vont continuer leur encadrement. Ils peuvent contracter des crédits via les groupes de caution solidaire.

Financement des projets

Le BBIN intervient souvent quand un entrepreneur demande un crédit au sein d’une microfinance et que celle-ci exige un taux d’intérêt élevé. Dans ce cas, explique Igiraneza, le BBIN négocie la réduction du taux d’intérêt de 20% à 9%. Il travaille avec six microfinances membres du Réseau des Institutions de Microfinance (RIM).

« Après avoir bénéficié d’un financement d’une microfinance, c’est la microfinance qui se charge du recouvrement », affirme le directeur des programmes chez BBIN. Il ajoute que c’est après avoir connu des difficultés dans le recouvrement que la microfinance fait recours à la BBIN pour un coup de main. Comme le BBIN continue l’accompagnement sur terrain, M.Igiraneza fait savoir cette que cette organisation essaie de relever les défis qui ont empêché les entrepreneurs d’évoluer. Elle essaie de les accompagner pour les aider à lever les obstacles pour continuer à rembourser le crédit contracté.

L’implication du BBIN est fructueuse

« Le BBIN a déjà accompagné environ 10.000 lauréats qui ont été regroupés en 85 coopératives en mairie de Bujumbura. 219 coopératives accompagnées par le BBIN sont en actions. Les activités de ces associations ont généré environs 800 emplois en plus des 10.000 lauréats de BBIN », rassure le Directeur des programmes. Jusque fin 2017, les femmes étaient à 54% et les hommes plus ou moins 45%.

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