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La liste des stupéfiants désormais connue

La consommation de la drogue est une réalité au Burundi. 126 sur 156 personnes se sont adressées au centre d’accompagnement psychosocial «Saint François d’assise» depuis novembre 2019 jusqu’au mois d’août 2020 suite aux problèmes liés à la consommation de la drogue. Les conséquences de celle-ci sont néfastes. Albert Mbonerane, représentant légal de ce centre se réjouit du fait que dernièrement on a mis en place une ordonnance ministérielle portant détermination de la liste des substances classées comme stupéfiants psychotropes précurseurs et boissons prohibées. Les parents demandent à l’Etat de redoubler d’efforts pour combattre ce fléau

Le centre d’accompagnement psychosocial « Saint François d’Assise » a organisé samedi le 19 août 2020 un atelier d’échange sur la consommation des stupéfiants et ses effets. Selon Dr Lydia Raïssa Ihorimbere, 126 sur 156 personnes qui se sont adressées à ce centre depuis novembre 2019 jusqu’au mois d’août 2020 avaient des problèmes liés à la consommation de la drogue. 8% de ces derniers sont de sexe féminin. Plus de 76% ont une tranche d’âge inférieure ou égale à 30 ans lorsque plus de 21% ont une tranche d’âge supérieure à 30 ans.

Selon la psychologue Séraphine Niyakire, les conséquences de la consommation de la drogue sont très néfastes. Ce sont entre autres l’abandon et l’échec scolaire, le vol, la bagarre, la perte d’emplois, la maigreur, la dépression, etc. De plus, les consommateurs des stupéfiants sont la proie facile de certaines maladies comme le Sida, l’hépatite B, le cancer, etc.

Albert Mbonerane, représentant légal du centre psychosocial « Saint François d’assise » : « Je me réjouis de la mise en place de l’ordonnance ministérielle numéro 630/894 du 01 juin 2020 portant détermination de la liste des substances classées comme stupéfiants psychotropes précurseurs et boissons prohibées »

Pourquoi consomme-t-on la drogue ?

Les jeunes rencontrés à ce centre où ils étaient venus pour se faire soigner indiquent qu’il y a un léger mieux depuis qu’ils ont commencé à fréquenter ce centre. Idriss Shemezimana, habitant la zone Kinama fait savoir qu’il s’est adonné à la consommation des stupéfiants suite à la pauvreté. Il était orphelin et n’avait pas quelqu’un pour l’aider. Il a été récupéré par la rue. « Je partageais toutes sortes de stupéfiants avec les enfants de la rue », révèle-t-il. Suite à cela, il mène une vie déplorable. Il fait savoir qu’il a été battu comme un serpent à maintes reprises après avoir été attrapé en flagrant délit de vol de biens chez ses voisins. Gérard Ndayishimiye, habitant la zone Kamenge abonde dans le même sens. Il est partisan de la consommation de la drogue. Il s’est adonné à la consommation des stupéfiants suite au chômage. Depuis qu’il bénéficie des conseils des psychologues œuvrant à ce centre, il est dans un état de convalescence.

Les parents lancent un cri d’alarme

Les parents ayant des enfants qui s’adonnent à la consommation des stupéfiants  se  réjouissent   des actions du centre d’accompagnement psychosocial «Saint François d’assise». Thérèse Ndayishimiye, mère d’un enfant qui consomme la drogue remercie les responsables de ce centre du fait qu’ils se sont décidés à aider les consommateurs des stupéfiants afin de pouvoir se défaire de ce comportement. Selon elle, avoir un enfant qui consomme la drogue est comme un anathème. «Imaginez un enfant qui vole tout, qui n’a peur de rien et qui porte des habits en guenille alors que c’est un enfant issu d’une famille noble», s’inquiète Ndayishimiye. C’est déshonorant, martèle-t-elle.   Selon elle, la consommation de la drogue est pratiquée même dans les milieux scolaires. Pendant la recréation, il y a des gens qui commercialisent la drogue dans ces endroits. Selon elle, la situation est catastrophique. Tout le monde devrait agir en synergie pour combattre ce fléau.

La liste des stupéfiants psychotropes précurseurs et boissons prohibées mise en place

Albert Mbonerane, représentant légal de ce centre indique que le centre qu’il chapeaute a été créé dans l’objectif de contribuer à la préparation d’un bon avenir pour les jeunes, car il s’observe un effectif non négligeable des jeunes exposés à ce fléau. Il demande aux parents, à l’administration et à la police de redoubler d’efforts pour combattre ce fléau qui mine la jeunesse. Il se réjouit de la mise en place de l’ordonnance ministérielle numéro 630/894 du 01 juin 2020 portant détermination de la liste des substances classées comme stupéfiants psychotropes précurseurs et boissons prohibées.  Auparavant, les boissons prohibées n’étaient pas précisées. Cette ordonnance éclaire l’opinion sur cette situation. L’article 13 de cette ordonnance stipule que sont considérées comme boissons prohibées les boissons communément appelées umunanasi, umukororajipo, igikwete, umugorigori, ikibarube, umudiringi, igiti, kanyanga, karibu et igisubi.

L’article 14 précise qu’il est interdit de produire, d’exploiter, d’importer, de vendre, de transporter et de consommer des boissons distillées clandestinement, des vins et liqueurs sans licence ou autorisation délivrée par le ministère ayant le commerce dans ses attributions après avis du ministère ayant la santé publique dans ses attributions. L’article 15 de cette ordonnance ajoute que rentrent également dans la catégorie de nouvelles drogues de synthèse les produits Booster, Faillo, Chicha, Khat, Colle et Essence.  L’article 16 stipule que la production, l’importation, la vente, le transport et la consommation des produits visés à l’article 15 sont interdits. Malgré ces avancées, Mbonerane demande qu’on mette en place un centre de désintoxication

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