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La maîtrise de la pénurie du carburant n’est pas pour demain

La maîtrise de la pénurie du carburant n’est pas pour demain. La raison est que cette problématique est liée à l’économie du pays qui ne se porte pas bien. Il y a très peu de devises. Ce qui fait qu’on achète une très petite quantité du carburant alors que la demande est en nette augmentation

La maîtrise de la pénurie du carburant n’est pas pour demain.

 

La pénurie du carburant qui s’observe au Burundi est liée au manque de devises, a précisé Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi vendredi le 29 décembre 2023 lors de l’émission publique.  «Nous avons des devises qui nous permettent de nous approvisionner en carburant à utiliser pendant au moins deux semaines», déplore-t-il.

Selon lui, certains opérateurs économiques ont vidé les réserves en devises. La Banque de la République du Burundi leur a offert des devises pour importer des produits à l’étranger et ils ont pris la clé des champs.

48 millions USD volatilisés de 2019 à 2021

Il fait remarquer que de 2019 à 2021, un montant estimé à 48 millions USD s’est volatilisé dans ce sens.  Avec cette cagnotte, on peut acheter du carburant à utiliser pendant un mois et demi.

C’est pour cela qu’il n’est pas facile de maîtriser la pénurie du carburant, s’inquiète-t-il.  Selon lui, le pays va alors prendre un long temps pour constituer un stock de réserves qui nous permettra de maîtriser la problématique du carburant pour de bon, car le peu de devises dont nous disposons est utilisé immédiatement pour acheter les médicaments et les engrais. Et le reste est alloué à l’achat du carburant.

« C’est pour cela que nous achetons une très petite quantité de carburant. Ce qui est à l’origine de la pénurie de carburant qui prévaut aujourd’hui », indique Ndayishimiye.

Il explique que c’est la situation économique du pays qui est alors à l’origine de ce calvaire. Et de comparer le pays a un parent pauvre qui a des difficultés pour assurer la sécurité alimentaire de ses citoyens.

Quid des stratégies à adopter pour maîtriser la pénurie du carburant ?

Pourtant, il tranquillise la population que le gouvernement est à l’œuvre pour inverser la tendance. A titre illustratif, il compte mettre en place une société nationale de gestion du carburant. Les détenteurs des stations-service vont s’adresser à cette dernière pour s’approvisionner.

Avec cette société, Ndayishimiye croit qu’il sera possible de bénéficier du carburant même à crédit.

De plus, Ndayishimiye indique que les opérateurs économiques qui ont volé les devises de l Etat seront sanctionnés. «Nous sommes à la phase de leur identification», argue-t-il.

De surcroît, une stratégie de suivi strict des opérateurs économiques a été mise en place pour éviter qu’il y ait encore de fuite de devises.

Notons que la pénurie du carburant est devenue un casse-tête. Et suite à cela, les activités économiques ont été perturbées. Se déplacer n’est pas facile, car le ticket de transport est devenu exorbitant. Les conducteurs fixent le ticket de transport de façon pêle‐mêle, car ils s’approvisionnent en carburant de façon obscure et après moult tractations. Ils passent des jours et des jours devant les stations-services pour s’approvisionner. Certains acceptent même de payer des pots de vin pour être servis à temps. La spéculation se taille la part du lion dans la commercialisation de ce produit. Certains vont même jusqu’ à s’en approvisionner dans les pays limitrophes tels que le Rwanda, la Tanzanie et la République Démocratique du Congo. Et d’ajouter que les prix de certains produits de première nécessité ont été revus à la hausse suite à cela.

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