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La mise à l’échelle de la technique de vermicompostage gagne du terrain

La mise à l’échelle de la production du vermicomposts est en cours.  La Sosumo produit du vermicompost à base des déchets de la canne à sucre. La station de lavage du café a pris le devant dans la production de ce fertilisant à base des déchets du café. Les résultats sont satisfaisants. Dr Eric Kaziza, enseignant‐chercheur à l’ENS demande à la population de s’impliquer dans la production et l’utilisation de cette technique, car elle contribue de façon remarquable au développement du secteur agricole         

Ir agronome Jean Claude Ntwari, directeur en charge de l’agriculture au sein de la SOSUMO ꓽ « La SOSUMO a un site de vermicomposts sur un linéaire de 1800 mètres. On a déjà récolté plus de 15 tonnes de vermicomposts »

 

L’utilisation du vermicompostage à base des déchets de la canne à sucre génère des résultats incommensurables, a indiqué Ir agronome Jean Claude Ntwari, directeur en charge de l’agriculture au sein de la SOSUMO lundi le 11 Mai 2026.

Après avoir participé dans une formation qui a eu lieu à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) sur la technique de vermicompostage, Ntwari indique qu’on a commencé à initier ce projet au mois d’Août 2025.

Cet engrais est riche en phosphore, en azote et en potassium, mais aussi il est riche en bactéries et champignons qui boostent la vie du sol. Il se réjouit alors que ce type fertilisant contribue de façon remarquable à l’augmentation de la production de la canne à sucre.

Ntwari fait savoir que la SOSUMO a un site de vermicomposts sur un linéaire de 1800 mètres. On a déjà récolté plus de 15 tonnes de vermicomposts. Et d’ajouter qu’on compte récolter plus de 250 tonnes à ce site.

Ntwari promet d’étendre le projet de la production du vermicompost et espère rendre la SOSUMO une société pilote dans cette technologie car on a beaucoup de déchets estimés à 25 000 tonnes par campagne qui proviennent de la canne à sucre.

Quand les déchets de la canne à sucre deviennent une opportunité

Il promet alors de les transformer en opportunité au lieu d’un défis. La Sosumo compte aussi coupler le projet de vermicompostage avec celui de l’élevage des bovins pour pouvoir produire très rapidement la fumure organique.

Selon Ntwari, le fumier de vache sera vermicomposté pour lui donner la valeur qu’il lui faut pour pouvoir être bénéfique dans les plantations de la canne à sucre. A la SOSUMO, ce projet a contribué à la création de l’emploi, car déjà 17 personnes dont 4 hommes et 13 femmes travaillent dans ce projet de production du vermicomposts selon Mme Rita Nemerimana.

En plus de la production du vermicompost à base des déchets de la canne à sucre, la production de ce fertilisant à base du café gagne du terrain. Cela s’observe à la station de lavage de café situé sur la sous colline Ndava de la commune Muyinga dans la province Buhumuza.

 

 Niyongabo à l’œuvre dans la production du vermicompost à base des déchets du café

Félicien Niyongabo, responsable de cette station explique que l’utilisation du vermicompost à base des déchets de café présente beaucoup d’avantages comme les experts l’ont précisé dans des différentes formations organisées à l’ENS en collaboration avec d’autres Universités telles que l’Université de Ngozi et l’Université du Burundi.

C’est pour cela qu’il s’est engagé de valoriser les déchets disponibles à cette station de lavage. Il a amené des vers de terre et les a mis dans ces déchets pour produire du vermicompost. Selon Niyongabo, le constat est que ce fertilisant contribue beaucoup à l’augmentation de la production agricole.  Il s’agit d’un compost de qualité par rapport à la fumure organique classique.

Dr Eric Kazitsa, enseignant‐chercheur à l’ENS indique que le vermicompostage c’est une technique moderne de compostage qui profite des adaptations du ver de terre et des micro-organismes associés.

Félicien Niyongabo, responsable de cette station ꓽ « L’utilisation du vermicompost à base des déchets de café présente beaucoup d’avantages ».

 

Le vermicompost, un compost riche en nutriments assimilables par les plantes

Cette technique de compostage permet d’accélérer la décomposition de la matière organique et permet aussi de produire une sorte particulière de compost qui est riche en nutriments assimilables directement par les plantes, en substances bioactives comme les hormones des végétaux, comme des substances capables de réguler les pathogènes ou comme des biopesticides naturels.

C’est un compost qui est un peu amélioré par rapport au compost traditionnel. Ce compost est aussi un produit stable qui peut être conservé et commercialisé.

Kazitsa affirme que des recherches sur le vermicompostage ont été menées pour voir comment développer cette technologie dans le contexte local du Burundi.  On mène des recherches sur les applications de cette technologie.

Une des applications de cette technologie est de pouvoir augmenter la productivité des cultures et améliorer les propriétés du sol arable pour pouvoir élever justement sa multifonctionnalité, en particulier sa fertilité, c’est-à-dire sa capacité à soutenir la production agricole.

Beaucoup de recherches ont été faites dans ce cadre. Parmi les plus pertinentes, il s’agit par exemple des essais d’amendement du sol très acide et dégradé avec l’application de ce compost.

Dr Eric Kazitsa, enseignant‐chercheur à l’ENS ꓽ « Le vermicompostage c’est une technique moderne de compostage qui profite des adaptations du ver de terre et des micro-organismes associés ».

 

Le vermicompost élimine l’acidité du sol

On a pu se rendre compte par exemple que l’utilisation du vermicompost élimine l’acidité du sol.

Des essais ont été faits sur le haricot, sur la tomate, mais aussi sur d’autres cultures comme le riz et le café.  Le constat est que toutes ces cultures répondent bien à ce compost. La croissance est améliorée et accélérée.

Les plantes atteignent un niveau qu’on ne peut pas obtenir avec les ingrédients chimiques conventionnels ou le compost traditionnel. La productivité augmente sensiblement. Des recherches ont aussi été orientées vers l’analyse de la qualité organoleptique et les expériences conduites par exemple sur la tomate ont montré que le vermicompost permet d’augmenter le taux de sucre.

Le même constat a aussi été observé notamment sur d’autres cultures comme le haricot où la teneur en protéines a augmenté avec le vermicompost, poursuit Kazitsa.  Et avec l’objectivité du riz, on a constaté que le riz produisait beaucoup, mais pas seulement ça, mais aussi avec des graines qui pesaient beaucoup plus lourdes.

Donc finalement on peut conclure que le vermicompost c’est vraiment un compost moderne qui a beaucoup d’applications dans l’agriculture.

Pour gagner le pari, Kazitsa fait savoir que le ver de terre doit être au centre de la stratégie. Selon lui, le ver de terre est un animal mystérieux à différents égards. C’est un animal qui vit longtemps (2 à 8 ans). L’autre particularité du ver de terre, c’est qu’il ne se fatigue pas.  Il travaille tout le temps en tournant le sol et la matière organique. Il ingère la matière organique en décomposition et facilite la dégradation microbienne.

On compte récolter plus de 250 tonnes de vermicompost.

 

Le ver de terre, un animal à la fois mâle et femelle    

C’est un organisme à la fois mâle et à la fois féminin. Il y a des organes reproducteurs mâles et des organes reproducteurs féminins.  C’est une sorte d’adaptation de la vie dans le sol, parce qu’il est rare de rencontrer un partenaire dans le sol. Il laisse entendre que c’est un animal qui se reproduit beaucoup. Le ver de terre utilisé dans cette technique de vermicompostage est capable de pondre des œufs deux fois la semaine. Donc il va s’accoupler deux fois la semaine et va pondre des oeufs deux fois la semaine.

Kazitsa demande alors à la population de s’impliquer dans la production et l’utilisation du vermicompost. Il remercie l’Ong IFDC de son engagement dans la production du vermicompost et demande aussi un appui auprès des partenaires parce que c’est un travail qui demande beaucoup de moyens. «Nous avons besoin des machines déchiqueteuses qui peuvent déchiqueter les déchets grossiers.  Nous demandons aussi qu’on puisse nous appuyer dans la construction des hangars de stockage de Vermicompost parce qu’il s’agit d’un engrais qui pèse beaucoup qu’on ne peut pas déplacer comme on veut. Donc il faut un hangar installé sur le site», précise-t-il.

Et d’ajouter enfin la vulgarisation de cette technique à travers tout le pays car on prévoit commencer la production des plantes biologiques pour faire face aussi aux problèmes de santé humaine et le fait de faire un travail de recherche pour déterminer les vraies doses d’utilisation au niveau de la canne à sucre.

Notons que ce projet a été initié par l’IFDC sur le financement de l’Ambassade des Pays‐ Bas au Burundi.

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