La mort est différemment gérée indépendamment des circonstances dans lesquelles elle est survenue. Dans la ville de Bujumbura, la gestion de cette période malheureuse peut être plus ou moins difficile selon les cas
La mort peut survenir après une longue hospitalisation. Une personne peut également décéder à la maison de manière subite. Dans un cas pareil, les familles agissent différemment suivant les moyens financiers à leur disposition. Les croyances religieuses sont également parmi les diverses raisons qui dictent le comportement vis-à-vis de la mort qui est survenue en famille. Cependant, tous les Burundais ont la même attitude vis-à-vis d’une personne décédée. Ils ne veulent pas garder longtemps un mort à la maison. Dans la ville de Bujumbura, les familles dont une parenté est décédée agissent de manières différentes. Plusieurs raisons dictent le comportement de la famille en cas de décès d’un de ses membres. On achemine le corps à l’hôpital pour le le laisser reposer à la morgue ou on organise directement l’enterrement.
Les problèmes financiers s’ajoutent à l’anxiété
Dans la ville de Bujumbura, certaines familles viennent de l’intérieur du pays. L’exode rural a permis tout au long des années de peupler cette ville qui grandit chaque année. Quand une personne est décédée à la maison, les membres de la famille doivent acheminer son corps à la morgue pour attendre les membres de la famille élargie. Ainsi, le défunt est transporté à l’hôpital où il est mis à la morgue en attendant l’organisation des obsèques. Dans ce cas, la procédure n’est pas longue et les services liés à la mise à la morgue ne sont pas très chers.
Pour une famille fauchée, la mort d’un de ses membres à la maison est un problème de trop. En plus de la souffrance morale, on court à gauche et à droite pour trouver les maigres moyens nécessaires pour l’enterrement.
Selon un médecin interrogé à ce propos, c’est permis de transporter une personne décédée à l’hôpital. En effet, le médecin doit examiner le corps avant de donner la permission de son admission à la morgue. En plus, on doit payer une certaine somme. Nonobstant, un autre témoin indique qu’il n’est pas assez facile d’accueillir une personne morte en dehors du milieu hospitalier. « Nous avons eu des problèmes d’être accueillis à l’hôpital lorsque notre parent est mort. Nous avons dû nous rendre à différents hôpitaux alors qu’il faisait nuit », explique-t-il.
Les voisins, les connaissances et les parentés viennent réconforter la famille. Dans un ménage où la mort a frappé, la peur se mêle à la douleur. Très souvent, les personnes qui veillent tuent l’anxiété en organisant des prières pour apaiser les esprits ou en échangeant sur divers sujets.
Quand il s’agit d’une famille fauchée, la mort d’un de ses membres à la maison est un problème de trop. Dans l’impossibilité totale de transporter le corps à la morgue, on court à gauche et à droite pour trouver les maigres moyens nécessaires pour un enterrement qui doit avoir lieu le lendemain. La mort plonge la famille dans un désarroi total. Cependant, aucune loi n’ordonne l’acheminement des morts à la morgue encore moins l’autopsie en cas d’une mort survenue à la maison. Ce qui profite aux familles aux faibles moyens.
Pour les Musulmans, c’est interdit de mettre une personne morte dans une morgue. Selon les propos recueillis auprès de Cheihk Nkunduwiga, un des leaders religieux de la communauté islamique au Burundi, le défunt doit être inhumé le plus tôt possible. On ne doit pas faire attendre l’enterrement. Ainsi, d’ après lui, la mise en terre se fait le jour même si le temps le permet, sinon le lendemain. Alors, si la mort survient le soir, la famille doit attendre le lendemain pour organiser l’enterrement. Entretemps, les amis proches et les voisins viennent soutenir la famille qui a perdu le sien.
Pour tous les groupes sociaux, il faut dire que la gestion de la mort d’un de ses membres dans la ville de Bujumbura n’a rien d’ordinaire. Beaucoup de gens sont très loin de leurs familles élargies et le soutien en cas de décès est limité.