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La représentativité de la femme, encore un chemin à faire

La femme est confrontée à plusieurs défis dont les plus importants sont ceux liés à la culture Burundaise qui ne leur confère pas le droit d’accéder facilement à certains privilèges comme leurs confrères. Toutefois, des avancées considérables témoignent de la capacité de la femme à accomplir convenablement les mêmes tâches que les hommes. C’est ce qui ressort d’une synergie des médias qui a été organisée par l’Association des Femmes Journalistes (AFJO) à l’occasion de la journée internationale de la femme

Clotilde Poyongo, femme policière : « Le plan stratégique 2007-2017 de la Police Nationale du Burundi (PNB) prévoyait d’améliorer le pourcentage des femmes dans l’effectif de la police à 10%, mais nous sommes encore loin d’y parvenir »

Du ministère de la Justice à celui de la Sécurité Publique en passant par les différents intervenants dans le débat, tous s’accordent sur une faible représentativité de la gent féminine dans la vie du pays. Parlant des détenus, les femmes en situation carcérale sont confrontées au problème de ne pas être logées dans des cellules adéquates. «Selon les données issues des recherches, les femmes et les filles burundaises représentent moins de 4% de la population des détenus. En revanche les cas de violences basées sur le genre occupent une place importante dans les dossiers pendants devant les cours et tribunaux. Il est possible d’en faire plusieurs interprétations, mais ces deux faits sont suffisamment éloquents pour mériter notre attention», a indiqué Denis Ndayisaba, cadre du ministère de la Justice.

En plus, la femme et la fille demeurent plus vulnérables à l’exploitation et aux violences basées sur le genre. Elles méritent de la part de l’ensemble d’une société fortement marquée par les tabous et les traditions, une attention particulière. Toutefois, les besoins spécifiques des femmes et des filles ne sont pas souvent pris en compte dans le milieu carcéral.  

« Quand il arrive que les femmes soient incarcérées, nous faisons tout le possible pour que la loi qui régit les milieux pénitentiaires soit respectée à l’endroit des femmes, surtout par la recherche des avocats mais aussi des moyens de survie en cas de détention. Les femmes enceintes et les femmes qui accouchent dans les cachots devraient loger dans une cellule appropriée. Ce qui n’est pas toujours le cas », a-t-il ajouté.

Difficile intégration des femmes dans les corps de défense et de sécurité

Dans le corps de sécurité, la femme est sous-représentée. Depuis la création de la police nationale intégrée en 2005, il y avait la promesse de construire des établissements pour les nouvelles recrues filles et femmes. « Avec l’absence de ces établissements appropriés, la police nationale recrute suivant l’effectif des filles qu’elle peut accueillir », a affirmé Clotilde Poyongo, femme policière. Pour ce qui est des congés, les femmes policières bénéficient de quelques avantages, entre autres neuf mois après l’accouchement qui s’ajoutent à une garde de nuit qui leur est allégée. Elles sont affiliées à la mutuelle comme leurs confrères policiers. La retraite est aussi la même suivant les catégories. Mme Poyongo a fait savoir que la nécessité d’examiner la question du genre dans le domaine de la sécurité est de plus en plus reconnue. Cela inclut les besoins spécifiques des femmes et des filles dans ce domaine sans quoi il n’est pas possible d’avoir une réforme du secteur de la sécurité couronnée de succès. « Le plan stratégique 2007-2017 de la Police Nationale du Burundi (PNB) prévoyait d’améliorer le pourcentage des femmes dans l’effectif de la police à 10%, mais nous sommes encore loin d’y parvenir », a indiqué Mme Poyongo

La question du genre    devrait être revue pour une parité équitable

Il y a un effort de sensibilisation dans le monde entier pour une participation pleine et égale des femmes et des hommes dans les instances de prises de décisions. Les femmes occupent majoritairement des postes qui demandent un travail de bureau. Mis à part l’effectif des femmes actives dans la police, de nombreux problèmes se posent, en raison de la culture et des mauvaises conditions d’hébergement du personnel féminin. Mais dans les conditions actuelles, les défis au niveau du genre sont énormes. Nous demandons la mise en place des infrastructures adaptées à la mixité (toilettes, vestiaires et locaux de repos séparés), des équipements propres aux femmes policières et un système de congés spécifiques en faveur des femmes », a signalé Mme Poyongo. 

Quant à Faustin Ndikumana, président de la Parcem, il estime que la femme ne devrait surtout pas trouver sa place le jour de la célébration de la journée internationale qui lui est dédiée, mais plutôt on devrait prendre le temps nécessaire pour évaluer les conditions de vie de la femme rurale qui est souvent oubliée au profit de la femme occupant des postes dans les institutions publiques ou privées.

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