L’Agence de Développement du Burundi (ADB) a dressé le bilan de l’exercice 2025-2026 et présenté ses priorités pour 2026-2027. Formalisation d’entreprises, promotion des investissements, digitalisation, amélioration du climat des affaires et stratégie de marketing pays figurent parmi les principaux chantiers mis en avant par l’institution.
Selon Dr Révérien Nizigiyimana, Directeur Général de l’ADB, les réalisations de l’ADB témoignent du dynamisme entrepreneurial et du rôle joué par cette agence dans la formalisation de l’économie burundaise.
Au cours de l’exercice 2025-2026, l’Agence de Développement du Burundi (ADB) a enregistré 15 985 personnes physiques et 10 393 sociétés ayant officiellement démarré leurs activités commerciales. Cela a été annoncé par le directeur général de l’ADB, Dr Révérien Nizigiyimana, le 21 août 2026 à Bujumbura. Pour lui, ces chiffres témoignent du dynamisme entrepreneurial et du rôle joué par l’agence dans la formalisation de l’économie.
Durant la même période, 39 entreprises ont obtenu un agrément leur permettant de bénéficier des avantages prévus par le Code des investissements. Parmi elles, 90 % sont détenues par des investisseurs burundais et 10 % relèvent de l’investissement direct étranger. Ces entreprises prévoient de mobiliser un volume d’investissements de 872 milliards de francs burundais et de créer 2 463 emplois permanents, selon les données présentées par l’ADB.
L’agence estime toutefois que l’impact des investissements ne doit pas être évalué uniquement à travers les capitaux mobilisés. La création d’emplois, le développement de la production, la génération des revenus, les recettes fiscales ainsi que le transfert des compétences constituent également des indicateurs importants de la contribution des entreprises au développement économique et social du pays.
Un suivi renforcé des entreprises agréées
L’ADB indique avoir renforcé le suivi et l’accompagnement des investisseurs bénéficiaires des avantages prévus par le Code des investissements. Des visites ont notamment été organisées afin d’identifier les difficultés rencontrées dans la réalisation des projets et de chercher des solutions avec les investisseurs concernés.
L’ADB a également mené des actions de sensibilisation pour rappeler aux entreprises leurs engagements, notamment la réalisation effective des investissements annoncés, la création d’emplois décents, le respect des obligations légales et le paiement des impôts et taxes.
Dans le même cadre, des rapports trimestriels sur la destination des biens exonérés ont été produits et accompagnés de visites de terrain. Un rapport annuel consacré aux exonérations accordées au cours de l’exercice écoulé a aussi été élaboré pour permettre aux décideurs d’analyser l’impact de ces avantages et d’envisager, au besoin, des réformes. Pour l’ADB, l’objectif est de concilier la facilitation de l’investissement avec davantage de responsabilité, de transparence et de suivi des engagements pris par les investisseurs.
Digitalisation et guichet unique au cœur des réformes
L’amélioration du climat des affaires figure également parmi les priorités de l’institution. Au cours de l’exercice écoulé, l’ADB a participé au processus d’évaluation du climat des affaires à travers l’instrument Business Ready de la Banque Mondiale, qui a remplacé le programme Doing Business.
Une étude sur l’impact des exonérations accordées sur l’économie nationale a également été initiée. Sur le plan institutionnel, l’agence affirme avoir élaboré une stratégie visant la digitalisation progressive de l’ensemble de ses services.
La mise en place d’un guichet unique digitalisé de l’investisseur et de l’exportateur constitue un autre projet majeur. Le travail engagé comprend la cartographie des licences et autorisations existantes, l’analyse des cadres légaux qui les régissent et la définition des modalités de fonctionnement du futur dispositif.
L’ambition est de réduire les délais et les coûts administratifs, de simplifier les procédures et de rendre l’environnement des affaires plus prévisible et compétitif. A terme, les investisseurs et les exportateurs devraient pouvoir accéder à plusieurs services et autorisations à partir d’un même espace numérique.
Marketing pays et offensive internationale en 2026-2027
Au-delà des procédures administratives, l’ADB veut également agir sur l’image du Burundi. L’agence a ainsi commencé l’élaboration d’une stratégie de marketing pays communément appelée Nation Branding. Un cabinet international spécialisé a été recruté et un audit sur la perception de l’image du Burundi a déjà été réalisé et validé. Cette stratégie doit permettre de mieux présenter les potentialités et les atouts du pays afin de renforcer son attractivité auprès des investisseurs, des entreprises, des partenaires et d’autres acteurs économiques.
L’ADB entend également associer davantage la diaspora burundaise à la mobilisation des investissements et à la diplomatie économique, notamment à travers un mémorandum d’entente signé avec elle. Pour l’exercice 2026-2027, l’agence prévoit la finalisation de la stratégie marketing pays, la poursuite de la digitalisation de ses services, la mise en place effective du guichet unique et l’organisation des conférences internationales de promotion économique et du Invest in Burundi Forum.
Elle prévoit aussi une étude sur les potentialités d’investissement dans les secteurs prioritaires, la publication d’un guide de l’investisseur et la production d’un guide de l’exportateur destiné à aider les entreprises burundaises à accéder aux marchés régionaux et internationaux. A travers ces différents projets, l’ADB affirme vouloir passer d’une promotion générale des potentialités du Burundi à une approche davantage ciblée sur des projets, des secteurs et des opportunités concrètes d’investissement.