Le gouvernement projette mettre en place la politique salariale avec l’année 2020.Celle-ci concerne les fonctionnaires dont les salaires émargent du budget général de l’Etat
« C’était la présentation de la cotation des différents emplois en différents niveaux. Après ce travail de cotation, il sera question de travailler avec le ministère des Finances pour calculer les salaires en fonction de la grille sur les emplois élaborés », déclare Félix Mpozeriniga, ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi. Cela a été dit jeudi le 24 octobre 2019 lors d’un atelier de validation technique des résultats de la cotation des emplois de l’administration burundaise.
Félix Mpozeriniga, ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi : « Nous projetons commencer avec le nouveau système en 2020 »
Le ministre annonce que la politique salariale concerne tous les fonctionnaires et cadres de l’Etat dont le salaire émarge sur le budget de l’Etat. Et de renchérir : « Le gouvernement s’est engagé à réviser la politique de rémunération. Le processus a débuté en 2016. Il s’était fixé quatre ans et nous comptons respecter les engagements du gouvernement et terminer le processus avec l’année 2019. Nous projetons commencer avec le nouveau système en 2020 ».
Une question qui a été toujours préoccupante
Parmi les dossiers analysés au conseil des ministres du mercredi 03 juillet 2019 figurant le projet de politique salariale équitable dans l’administration publique burundaise.
Présenté par le ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, il stipule que le diagnostic effectué en matière de rémunération des fonctionnaires et agents civils de l’Etat montre qu’elle comporte de nombreuses disparités causées par une multiplicité de primes et indemnités octroyées de façon catégorielle. Celles-ci ne sont pas souvent conformes à celles prévues par le Statut des fonctionnaires
Le diagnostic stipule également l’existence d’avantages indiciaires accordés à certaines catégories de fonctionnaires dès le recrutement
Il revient sur le cas des administrations personnalisées de l’Etat qui, au nom de leur autonomie, sont libres de fixer les rémunérations de leurs agents
« Cette situation a créé des frustrations pour certaines catégories de fonctionnaires qui ont conduit à des revendications répétitives pour réclamer une harmonisation des salaires », lit-on dans le communiqué de presse publié à l’occasion de ce conseil des ministres.
Face à cette situation, une solution provisoire a été trouvée avec la création d’une indemnisation d’ajustement salarial en 2016 avec un budget de 20 milliards de FBu par an pour une période de quatre ans.
L’échéance de 2020 a été fixée pour qu’une politique salariale rétablissant les bases d’une rémunération équitable et durable vienne résoudre définitivement la question. C’est cette Politique qui est proposée ici.
En élaborant cette politique salariale, continue le communiqué, le souci est, d’une part, de reconstruire un système d’équité dynamique pour la rémunération des fonctionnaires et, d’autre part, d’accompagner les réformes déjà engagées.
En effet, cette politique repose sur la politique de gestion des performances dans le secteur public adoptée par le Gouvernement en 2014 ainsi que sur la classification des emplois, des fonctions et des métiers dans l’administration publique prévue par le Programme National de Réforme de l’Administration. Celui-ci constitue la base des innovations que la Politique propose.
Ce que prévoit l’étude
Selon le patron du ministère de la Fonction Publique, l’étude technique de cotation des emplois de l’administration burundaise a mis en place un répertoire des métiers et des emplois. Ledit répertoire est structuré en 25 domaines fonctionnels, 152 emplois-types et 442 postes de fonctions y rattachés, tous décrits par la raison d’être de l’emploi, les principales tâches liées à cet emploi, les conditions particulières d’exercice de l’emploi et les compétences requises.
Le système de classification des emplois étant basé sur 4 éléments principaux, à savoir : la qualification, la complexité, la technicité, les facteurs contextuels, l’exigence d’autonomie et d’initiative.
Le ministre de la Fonction Publique annonce la nouvelle au moment où les syndicalistes s’inquiètent du blocus de la carrière depuis 2016. Ce qui impacte les cotisations à l’Institut National de Sécurité Sociale (INSS), à l’Office National des Pensions et Risques Professionnelles (ONPR) et à la Mutuelle de la Fonction Publique (MFP). Ils se demandent comment vont s’effectuer les régularisations pour les pensionnés et les fonctionnaires en action.
Ils demandent un dialogue franc entre le gouvernement, les syndicalistes et les experts afin de mener la politique salariale à bon port, cfr article intitulé « Les conditions de vie d’un travailleur burundais se détériorent », publié dans le n°372.