Les médicaments de prévention contre les infections opportunistes ne sont pas disponibles dans les structures de soins. Le volume du kit d’appui nutritionnel a aussi sensiblement diminué. Seuls les antirétroviraux (ARV) sont toujours disponibles. Pour pallier à ce défi, les personnes vivant avec le VIH/Sida demandent qu’on finance les activités génératrices de revenus pour faciliter leur autonomie financière
Dr Fulgence Yamuremye, médecin consultant de Up & Up Humura indique qu’ environ trois mois peuvent s’écouler sans Bactrim
La rupture répétitive de stocks de Bactrim inquiète les personnes vivant avec le VIH rencontrées chez «Up and UP Humura», un centre médical situé à l’avenue de l’université, quartier Rohero 1 qui prend en charge ces patients. Dénommons Léonie Kabura une de ces malades pour garder son anonymat. « Quand les ARV sont pris régulièrement les infections opportunistes ne sont pas fréquentes « (tuberculose, chancre mou, syphilis, zona, diarrhée, etc.), déplore-t-elle. Elle informe que les Bactrim qui aident à se prévenir contre ces maladies secondaires ne sont plus disponibles comme à l’accoutumée. N.K, un patient rencontré à cette même structure de soins se lamente de l’absence de l’approvisionnement nutritionnel dont il bénéficiait antérieurement. Il précise que les séropositifs ont souvent faim quand ils sont sous traitement ARV. Il affirme que les personnes sous ARV ne reçoivent plus l’huile de coton, la farine de maïs, le haricot et le lait pour les femmes allaitantes et enceintes. Ces patients demandent que le gouvernement instaure un système de financement des activités génératrices de revenus pour faciliter leur autonomie financière.
Assistance au ralenti
Face à ces inquiétudes, Dr Fulgence Yamuremye, médecin consultant de « Up & Up-Humura » explique que la distribution gratuite des ARV continue. Les médicaments pour se prévenir contre les infections opportunistes ne sont pas régulièrement disponibles. Il donne l’exemple d’une rupture de stock en Bactrim pour une période de trois mois. Il explique que l’Etat ne donne plus ces médicaments en quantité suffisante. La petite quantité disponible est donnée aux femmes enceintes pour protéger les fœtus contre le VIH/Sida. En outre, pour le soutien nutritionnel, c’est le PAM qui distribuait le kit aux différentes structures de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida. Chacun recevait mensuellement 30 kg de farine de maïs, 30 kg de haricots et 5 litres d’huile de coton pour les femmes allaitantes et les femmes enceintes.
Des vies mises en danger
Aujourd’hui, cette quantité a été diminuée de 6 fois pour la farine de maïs et le haricot, et de 5 fois pour l’huile de coton, c’est-à-dire de 30 kg à 5 kg et de 5 litres à 1 litre. Ces patients bénéficient également de 3 kg de farine pour bouillie, ajoute-t-il. Il a signifié que certaines femmes enceintes et celles allaitantes refusent de continuer de prendre les ARV parce que, explique -t-il, ces médicaments nécessitent d’être pris après avoir mangé alors qu’elles sont indigentes. Dans ce cas, ces patients s’exposent aux infections opportunistes et augmentent les risques que leurs enfants soient contaminés. Le Dr Yamuremye appelle le gouvernement à redoubler d’effort pour disponibiliser ces médicaments et au PAM de majorer le kit pour ces vulnérables. Il demande également aux bailleurs potentiels un soutien financier pour le bon déroulement des activités de « Up & Up Humura » pour la prise en charge efficace des personnes vivant avec le VIH/Sida.