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L’AVSI au secours des victimes des violences basées sur le genre

Sous l’appui de l’UE, l’ONG italienne AVSI en collaboration avec l’AFEV (Action en Faveur des Enfants Vulnérables), l’AFJB (Association des Femmes Juristes du Burundi) et la CEJP (Commission Épiscopale Justice et Paix) a organisé ce mercredi 27 novembre 2019 un atelier de restitution des résultats du projet « prévenir et assister » les victimes des VBG. Une synergie couronnée de succès

L’évaluation des effectifs des cas des VBG enregistrés dans les CDFC (de 2014 à 2018) selon les données du MDPHASG montre qu’en 2014 les victimes des VBG étaient à 13876, en 2015 à 17408, en 2016 à  22482, en 2017 à 21329 et en 2019 à 19778. Les 5 provinces qui affichent des effectifs élevés de cas de VBG  dénoncés sont Muyinga, Gitega, Kirundo, Ruyigi et Cibitoke. Cela a été dit par Ernest Kamwenubusa, chargé du projet d’AVSI « Prévenir et assister ».

Avec son objectif de contribuer à la prévention et à l’assistance de 7200 victimes de VBG, le projet a été exécuté en consortium par 4 organisations pour couvrir 22 communes des provinces de Kirundo, Kayanza et Cibitoke sur une durée de trois ans. Il s’agit de la fondation AVSI pour accroître la sensibilité aux VBG dans les écoles et les communautés, de l’AFJB pour l’assistance juridique et judiciaire des victimes des VBG, de l’AFEV pour l’assistance en hébergement temporaire. La CEJP, quant à elle, s’occupe de l’assistance psychosociale, médicale et de la réintégration familiale.

(De gauche à droite) Claude Bochu, chef de délégation de l’Union Européenne au Burundi et Riccardo Bevilacqua Lazise, représentant de l’AVSI Burundi lors de l’ouverture de l’atelier.

De grandes réalisations  dans l’assistance des victimes des VBG

Pour l’hébergement, 1210 bénéficiaires ont été servis, 2372 ont bénéficié une assistance juridique et judiciaire et 4501 ont bénéficié d’une assistance psychosociale.

95 enseignants ont été formés sur la sensibilité au genre et accompagnés pour l’initiation et l’encadrement des clubs scolaires STOP VBG dans 88 établissements scolaires. Deux livrets en bandes dessinées et une boîte à images  d’informations sur les VBG ont été produits et utilisés dans les écoles pour éducation à la prévention. 115 présentations théâtrales de sensibilisation contre les VBG ont été organisées dans les écoles. Une vidéo documentaire a été produite et projetée dans les écoles dans le but de discuter avec les jeunes sur les comportements responsables à adopter pour prévenir les VBG. 15 échanges-débats  ont été organisés avec  195 enseignants sur l’impact des VBG sur le travail de l’enseignant et son rôle dans la prévention.

Néanmoins, comme constaté dans les données du MDPH, les violences socio-économiques ont été les plus dénoncés  par les bénéficiaires du projet. Sur 2373 bénéficiaires qui ont demandé l’assistance juridique ou judiciaire, 1880 bénéficiaires avaient subi des violences socio-économiques (79%).

Pour l’assistance psychosociale et médicale, sur 4501 personnes assistées, 1881 ont bénéficié d’une assistance médicale en plus d’une assistance psychosociale, soit 41%.

Marcelle Ndanezerewe, chargée de projet à la CEJP fait savoir que la CEJP dispose de centres d’écoute au niveau des paroisses dans la zone d’intervention. Ces centres paroissiaux qui sont animés par deux assistants psychosociaux (APS) accueillent les victimes et assurent un accompagnement psychosocial et médical pour les victimes nécessiteuses. Surtout pour les victimes des violences conjugales et les victimes des viols qui nécessitent une prise en charge médicale.

Pour les centres d’accueil et d’hébergement temporaire, les résultats sont aussi satisfaisants. Le chargé du projet d’AVSI « Prévenir et assister » soutient que durant les 3 ans, 1210 survivantes des VBG ont été hébergées dans les centres d’AFEV de Bujumbura et Kirundo. Celui de Bujumbura a accueilli 287 survivantes dont 104, soit 36 %, proviennent des provinces de Kayanza et Cibitoke. Les autres survivantes proviennent des autres provinces non couvertes par le projet. Le centre  d’AFEV de Kirundo a accueilli 923 survivantes dont la majorité provient des communes de la même province.

L’appui judiciaire est primordial pour assister les victimes des VBG

Pour l’appui juridique et judiciaire, 2310 victimes  des VBG ont bénéficié d’une assistance juridique dans 22 communes des provinces couvertes par le projet grâce à 3 cliniques juridiques mobiles. En collaboration avec les AS communaux des CDFC, les assistants juristes d’AFJB organisent des descentes dans les différentes communes pour écouter les victimes en besoin d’assistance juridique. 63 victimes de VBG ont bénéficié d’une assistance judiciaire grâce aux avocats membres de l’AFJB.  516 ont bénéficié d’une assistance juridique ou judiciaire en province Kayanza, 1226 à Kirundo, 631 à Cibitoke.

Le niveau de dénonciation des VBG varie selon les régions. Durant la mise en œuvre du projet, il a été constaté que la province de Kirundo affiche des effectifs élevés de demandeurs d’assistance juridique et judiciaire plus que les autres deux provinces (Kayanza et Cibitoke). Sur 2373 victimes des VBG assistés, 1226 victimes, soit 51% proviennent de la province Kirundo.

Ernest Kamwenubusa évoque entre autres la mise en place des lois et des politiques ainsi que des services de la prévention et d’assistance des victimes des VBG ; la promulgation de la loi du 22  septembre 2016 portant prévention, protection des victimes et répression des VBG. Il y a eu également une mise en place des cellules genres dans chaque ministère (5 personnes au minimum) ; une mise en place des centres intégrés de prise en charge des victimes des VBG (Muyinga, Gitega, Makamba, Cibitoke) ; un renforcement de la collaboration entre les ministères et les ONGs pour la mise en œuvre des activités de prévention et d’assistance des victimes des VBG. Bientôt, le centre d’excellence contre les VBG sera fonctionnel.

Les bénéficiaires s’en réjouissent

Une des bénéficiaires de Kirundo qui a pu témoigner a fait un bref aperçu de la gravité de la situation.  Après son mariage, elle et son mari ont vécu dans une extrême pauvreté mais, avec plus d’efforts, ils ont pu s’en sortir.  Ils ont eu  une boutique qui leur procurait pas mal d’argent. Mais le revers de la médaille s’est vite manifesté. Son mari a changé  de comportement et a commencé à gaspiller les biens de la famille. Il la trompait avec d’autres femmes, la battait. « En me battant, il m’a enlevée quelques dents ». En plus, son mari ne lui permettait même pas de préparer de quoi manger. «  Il fermait à clé la chambre ou était stockée toute la récolte ». Elle a eu connaissance de l’existence de l’AFJB et de la CEJP.  Ces associations les ont accompagnés dans l’assistance juridique et psychosociale. Actuellement, ils ont divorcé légalement et il y a eu partage des biens.

Claude Bochu, chef de la délégation de l’Union Européenne au Burundi  confrme que l’UE est fière de soutenir des projets intégrés comme celui-là.  Selon lui, accompagner et assister les victimes des VBG est une priorité non seulement pour le Burundi, mais également pour l’UE. Le fait de travailler en consortium permet d’échanger les expériences. Ce qui permet de proposer une réponse adéquate aux victimes des VBG.

Ce projet est financé par l’UE à hauteur de plus de 700 millions de FBu et cofinancé par AVSI et ses partenaires  à hauteur de 600 millions pour un totale de 1,3 milliards.

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