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Le BBN en passe d’être accrédité à travers le programme MARKUP

Au cours des cinq dernières années, le Burundi a connu un foisonnement des unités de transformation des produits agroalimentaires. Pourtant, la certification de ces produits n’a pas suivi la cadence. Conséquence : une prolifération des produits non homologués sur le marché. L’Union Européenne, à travers son programme d’accès au marché pour les pays de l’Afrique orientale, apporte une solution durable à cette problématique

Dr Bhimsen Abacousnac, consultant international : «La certification par un organisme accrédité incarne la qualité et le respect des règles phytosanitaires».

Le programme d’amélioration de l’accès aux marchés (Market Access Upgrade Programme) « MARKUP » est une initiative de développement régional (cinq pays membres de la CAE ont été ciblés dont le Burundi). Il contribue à la croissance économique de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE). Plus précisément, ce programme vise à soutenir l’augmentation des exportations de produits agroalimentaires et horticoles et à promouvoir l’intégration régionale et l’accès au marché européen, lit-on dans une note conceptuelle du projet. 

C’est dans ce cadre que le centre de commerce international vient d’organiser un atelier de formation de 4 jours à l’endroit des officiels des organismes de certification, à savoir :  le Bureau Burundais de Normalisation et de contrôle de qualité (BBN), le Centre National de Transformation Agroalimentaire (CNTA), l’Agence de Régulation de la Filière Café (ARFIC) et l’Intercafé. 

La différence entre les normes ISO 17021 : 2015 et ISO 17 065 : 2015

Les modules de formations portaient particulièrement sur les normes ISO 17021 : 2015 et ISO 17065 : 2015. La première norme permet à un organisme de certification comme le BBN de certifier les organisations qui ont mis en place le système ISO 9001 pour la qualité alors que la norme ISO 17065 permet au BBN d’avoir un meilleur système pour certifier les organisations qui veulent avoir une certification pour leur produit, explique Dr Bhimsen Abacousnac, consultant international pour le compte du centre de commerce international (ITC).  

La certification donne une plus-value aux produits. Quand un produit est certifié, il inspire confiance aux consommateurs. La certification par un organisme accrédité incarne la qualité et le respect des règles phytosanitaires. Les produits homologués se vendent facilement sur le marchés régional et international, révèle Dr Abacousnac. 

Vers l’accréditation du BBN 

Dans un premier temps, «on essaie de former les officiels du BBN afin qu’ils puissent aller faire des audits des organisations qui ont déjà mis en place le système de normalisation», indique le consultant de l’ITC. Les organismes de normalisation à l’image de BBN sont certifiés ISO 17021 : 2015. Les officiels ont été formés afin qu’ils puissent faire des audits du système des clients et leur donner une certification ISO 9001 : 2015. 

Le consultant international fait savoir que le BBN s’est doté d’un système pour certifier les produits qui n’est pas bien organisé. Le processus de certification n’est pas systématique et accuse des lacunes. Le BBN se base sur des analyses des échantillons, mais la certification va au-delà des simples analyses physico-chimiques au laboratoire, laisse attendre Dr Abacousnac. Elle requiert plutôt une reconnaissance d’une institution de certification internationalement reconnue comme le South African National Accreditation System (SANAS)-le système national d’accréditation sud-africain. Ainsi, l’accréditation du BBN lui confère la légitimité de certifier ses clients, c’est-à-dire les entreprises avec les normes ISO 9001 et ISO 22000 relatives respectivement à la qualité et à la sécurité informatique. Chaque norme comporte un arsenal d’éléments, mais qu’il y a des exigences auxquelles il faut satisfaire, indique le consultant Abacousnac. 

D’autres séances de formation sont prévues pour l’été prochain. Cette fois-ci, les entreprises ou les unités de transformation bénéficieront d’un renforcement des compétences sur la certification du système ISO 9001. Ce sera une occasion de leur montrer les opérations nécessaires pour la mise en place d’un système de certification. D’ici la fin de l’année, les procédures de certification seront effectives. En plus des formations, le programme MARKUP prévoit une série d’activités, y compris le renouvellement des équipements des laboratoires des organismes de certification.

La certification vs accréditation 

Sur le volet méthodologique, l’accréditation est une attestation délivrée par une tierce partie à un organisme d’évaluation de la conformité. Elle constitue une reconnaissance formelle de la compétence de ce dernier pour réaliser des activités spécifiques d’évaluation de la conformité. Par contre, la certification est, quant à elle, une attestation délivrée par une tierce partie relative à des produits, des processus, des systèmes ou des personnes. L’accréditation et la certification n’interviennent donc pas au même niveau. Si la seconde est délivrée par des organismes de contrôle appelés communément organisme de certification, la première est du ressort des organismes d’accréditation dont la mission est de contrôler les organismes de contrôle.

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