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Le chemin est encore long pour arriver à zéro décès maternels

Le Burundi enregistre des progrès dans la réduction des décès maternels. De 1994 à 2019, on est passé de 1250 cas de décès maternels sur 10 000 femmes à 334 cas.  Malgré cette situation,  il y a encore à faire pour arriver à l’objectif visé pour 2030 (zéro décès maternel)

Les décès maternels vont decrescendo, indique Dr Richmond Tiemoko, représentant de l’UNFPA au Burundi. De 1994 à 2019, il fait savoir que ces décès sont passés de 1250 cas sur 10 000 femmes  à 334 cas, soit une diminution de 75%. Celles qui sont  plus menacées ont  un âge compris entre 20 et 24 ans.  Selon Tiemoko, la raison majeure de cette avancée notoire est que 85% des femmes enceintes accouchent dans les institutions sanitaires.

Les causes

Yolande Magonyagi de l’UNFPA  évoque des causes obstétricales directes qui font qu’il y ait un effectif de mortalité maternelle.  Ce sont  les hémorragies,  les éclampsies ou l’hypertension artérielle, les convulsions,  les complications des avortements à risque, le travail prolongé et les infections.  Il parle aussi  des causes médicales indirectes qui sont le VIH/SIDA,  paludisme, l’anémie et les pathologies cardio-vasculaires.  Et d’ajouter les causes sous-jacentes qui sont entre autres la pauvreté, le statut  bas de la femme, l’ignorance,  le poids de la culture et la faible qualité des services. 

Il y a encore à faire pour arriver à zéro décès maternel en 2030

Magonyagi  porte à la connaissance de tout le monde l’estimation de la durée moyenne entre l’apparition de la complication et le décès. Pour l’hémorragie ante-partum, on ne dépasse pas 12 heures. Après cette durée, la mort survient. Pour l’hémorragie post-partum, la durée à ne pas dépasser pour échapper la mort est 2 heures et  pour l’hypertension artérielle, la durée maximale est de 2 jours. Quant à la dystocie d’obstacle, on ne va pas au-delà de 3 jours et pour les infections, on ne dépasse pas 6 jours. 

Selon toujours  Magonyagi, il y a d’autres facteurs qui font partie des causes des décès maternels. Ce sont le retard mis pour reconnaître les signes du danger et décider de consulter les services de santé, le retard mis pour arriver au centre de santé ou à l’hôpital et le retard mis pour recevoir un traitement adéquat au centre de santé. Avec tous ces facteurs, Tiemoko signale qu’il  y a encore à faire pour arriver à zéro décès maternel en 2030.

Pourquoi se préoccuper de la santé maternelle ?

Selon  l’Ong Médecins Sans Frontières, quelque 287 000 femmes dans le monde meurent  chaque année suite à des complications liées à leur grossesse et à l’accouchement. La plupart sont jeunes, actives et en bonne santé. En outre, pour chaque femme qui perd la vie, vingt autres contractent un problème de santé chronique ou un handicap en raison, par exemple, d’une fistule obstétricale. Dans le monde, près de 15 % des femmes enceintes développent des complications potentiellement mortelles, et ce dans chaque pays et dans chaque groupe de population. Mais le sort des femmes enceintes dépend grandement de l’endroit du monde où elles donnent la vie.

Selon toujours  MSF, 99 % des décès maternels ont lieu dans les pays pauvres où les services médicaux sont trop peu accessibles ou trop coûteux pour de nombreuses personnes.  

La majorité des décès maternels ont lieu juste avant, pendant ou juste après l’accouchement. S’il n’est souvent pas possible de prévoir les complications qui entraîneront la mort d’une mère, il est souvent possible d’éviter les décès dus à ces complications en permettant aux femmes d’accéder à temps à des soins obstétricaux d’urgence adéquats. Cela inclut les médicaments, le matériel médical et un personnel de santé qualifié capable de détecter à temps les complications et d’administrer le traitement qui convient. 

Quand la mère est en danger, c’est toute la famille qui est menacée. Les enfants dont la mère est morte en leur donnant la vie courent dix fois plus de risques de mourir prématurément. Leurs aînés  qui n’ont plus de mère pour s’occuper d’eux  sont également en danger. Sauver les mères, c’est aussi sauver leurs enfants.

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