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Le gouvernement accélère-t-il la digitalisation des services publics ?

Le ministre en charge de l’économie numérique a présenté les principaux chantiers de digitalisation en cours au Burundi. De la collecte des impôts à l’état civil en passant par les paiements électroniques et les titres fonciers, le gouvernement entend moderniser l’administration et renforcer la transparence dans la gestion publique.

La digitalisation des services est au cœur des préoccupations du gouvernement du Burundi.

 

« La digitalisation ne peut pas exister en l’absence des services concernés. Elle consiste plutôt à transformer la manière dont le travail était auparavant effectué dans les différents secteurs », explique Alain Ndikumana, ministre des Finances, du Budget et de l’Economie Numérique, lors d’une émission publique organisée le 11 juin 2026 à Gitega, réunissant les membres du gouvernement, les journalistes et les citoyens.

Dans ce cadre, plusieurs projets sont en cours d’exécution au sein de ce ministère avec l’appui des partenaires du Burundi au développement, notamment la Banque Mondiale. Le ministre a cité le Projet d’Appui aux Fondations de l’Economie Numérique (PAFEN) qui soutient la modernisation de la collecte des impôts et taxes à travers la plateforme « E-Kori ». Celle-ci permet déjà le télépaiement et la télédéclaration pour certains contribuables. Parallèlement, un système de gestion des finances publiques est en cours de déploiement afin d’améliorer le suivi et le contrôle de l’utilisation des fonds publics.

Dans le domaine des paiements, le gouvernement mise également sur la plateforme Burundi Pay qui interconnecte différents systèmes tels que Lumicash, Ecocash, E-noti, Cashtel, etc. Selon le ministre Ndikumana, cette technologie vise à simplifier les transactions et à favoriser l’interopérabilité entre les différents opérateurs.

CNI biométrique et état civil : un chantier prioritaire

Parmi les projets les plus attendus figure la mise en place de la carte nationale d’identité biométrique. M. Ndikumana a indiqué que 16 milliards de BIF sont prévus dans le projet de loi budgétaire 2026-2027 pour financer cette initiative. Après une phase pilote menée dans une zone (non précisée) de la province de Bujumbura, le gouvernement estime que les conditions sont désormais réunies pour lancer la production de ces cartes. Le projet sera mené conjointement avec la digitalisation de l’état civil afin d’intégrer dans un même système les informations relatives aux naissances, décès, mariages et autres données administratives.

Le ministre a également souligné les progrès réalisés dans la communication gouvernementale. « Aujourd’hui, les réunions du Conseil des ministres se déroulent sans documents papier, les participants travaillant à partir de supports numériques connectés », précise-t-il. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie d’« e-gov » visant à généraliser l’usage des TIC dans les institutions publiques.

Titres fonciers, santé, etc. dans la transition numérique

La digitalisation touche également d’autres secteurs stratégiques. Dans le domaine foncier, le gouvernement travaille avec les ministères en charge de la justice et des infrastructures pour sécuriser les titres fonciers. M. Ndikumana a révélé que le Burundi compte actuellement environ 123000 détenteurs de titres fonciers, dont beaucoup possèdent des documents insuffisamment sécurisés. Les autorités espèrent réduire les conflits fonciers liés aux falsifications des documents grâce à un système numérique plus fiable.

Dans les secteurs de la santé et de l’éducation, le gouvernement ambitionne de connecter à Internet au moins 1000 structures de soins et 1000 écoles grâce au Fonds de service universel. Mais le ministre n’a pas précisé le délai de cette initiative.

Enfin, la digitalisation s’étend au secteur agricole. Dans la filière café, les autorités souhaitent identifier précisément les producteurs, les superficies cultivées et les volumes commercialisés, tout en facilitant les paiements numériques. Une approche qui pourrait être étendue à d’autres produits comme le maïs ainsi qu’à la gestion des intrants agricoles.

Pour M. Ndikumana, la digitalisation constitue avant tout un outil de transparence et d’efficacité. En réduisant l’usage du papier et en améliorant la traçabilité des opérations, le gouvernement espère mieux suivre les dépenses publiques et s’assurer que les ressources de l’Etat profitent effectivement à la population.

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