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Le marché de change dans le viseur de la BRB

Parmi les missions qui sont conférées à la Banque de la République du Burundi (BRB), celle de définir et de mettre en œuvre le régime de change ainsi que celle de détenir et gérer les réserves officielles de change en est une. La BRB vient ainsi de procéder à la révision de la Réglementation des Changes qui datait de juin 2010. Découvrez les grands changements de cette révision qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive

Jean Ciza, gouverneur de la BRB : « La circulation des cash en devises doit absolument être limitée »

Lors d’un point de presse du mardi 17 septembre 2019 Jean Ciza, gouverneur de la BRB a annoncé les nouvelles mesures prises pour règlementer les changes. Pour Ciza, cette révision est faite dans le souci  d’adapter la réglementation aux réalités du moment et corriger les lacunes observées, notamment au niveau des mécanismes de contrôle et de suivi, de même que dans le domaine des sanctions.

Limiter considérablement la circulation des cash en devise

D’après le communiqué du gouverneur de la BRB, cette nouvelle réglementation encourage le principe d’effectuer des transactions en devises par virement sur le compte de l’importateur ouvert à l’étranger ou par carte de paiement électronique. Ainsi, les paiements en espèces des importations sont revus à la baisse. Ils vont de 40.000 USD à 5.000 USD et les paiements  sous forme de monnaie électronique sont alloués à un montant maximal de 10.000 USD. Cette baisse est justifiée par l’autorité bancaire par la volonté de limiter la circulation des espèces en devises.

Egalement, le change en banque sans pièce justificative est revu à la baisse revenant de 3.000 USD à 500 USD par jour et par opération sans dépasser 3.000 USD par mois. Aussi, le change sans pièce justificative est revu à la baisse revenant de 3.000 USD à 500 USD par jour et par opération sans dépasser 3.000 USD par mois.

Un coup dur pour les cambistes

Dans cette révision, les bureaux de change ont été pris pour cible d’une manière particulière. Désormais, le capital minimum d’un bureau de change est de 100 millions de BIF alors qu’avant il était de 50 millions de BIF. Un délai d’une année  a été accordé aux bureaux de change pour s’y conformer. En outre, ils doivent se procurer un logiciel de gestion des bureaux de change auprès de la BRB. Egalement, les bureaux de change doivent remettre au client un bordereau attestant l’achat ou la vente des devises. La copie du bordereau pourrait être demandée par les services en charge du contrôle des bureaux de change.

Aussi, désormais, les bureaux de change doivent créer une association professionnelle à laquelle ils doivent tous adhérer.

Parmi les nouvelles mesures prises dans cette révision, les hôtels n’ont plus la qualité de changeur agréé mais gardent la possibilité d’accepter des paiements en devises pour les non-résidents. Ainsi, les voyageurs sont obligés de déclarer les sommes en devises détenues en cash au-delà de dix mille dollars ou l’équivalent en une autre devise et deux cent mille en francs  burundais.

Les cambistes se lamentent…

Dans le monde des cambistes, la colère et l’inquiétude gagnent le terrain.  Ils se demandent comment ils vont continuer à travailler avec les nouvelles mesures. Certains dénoncent ces mesures qu’ils jugent injustes. « Ils veulent couper toutes les sources d’approvisionnement des bureaux de change », disent-ils. Ces opérateurs du marché de change décrient la hausse du capital minimum. « Nous sommes des coopératives, nous ne sommes pas des banques. Pourquoi toute cette somme ? » se lamentent-ils.

Dans ce point de presse, les journalistes ont posé la question relative à l’effectivité de la mesure. Le gouverneur de la BRB a répondu qu’au-delà des contrôles de la BRB, tout citoyen est appelé à dénoncer celui qui passera outre cette mesure. Cela étant, dans ces nouvelles mesures, on mentionne bien  que sans préjudice des poursuites judiciaires, quiconque exerce une activité de change sans agrément de la BRB s’expose à la confiscation des montants en sa possession par les autorités habilitées.

« La circulation des cash en devises doit absolument être limitée », ajoute le gouverneur de la BRB. Beaucoup de gens se demandent si ces mesures sont bénéfiques pour l’économie dans le contexte actuel du Burundi. Certains craignent qu’elles ne viennent enfoncer le marché qui est déjà appelé « noir » dans le « noir », donc un véritable trafic. Pour plus d’éclaircissements, rendez-vous dans le prochain numéro avec les avis d’un expert.

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