Le Programme National pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural de l’Imbo et du Moso (PNSADR-IM)a introduit la culture des maïs hybrides dans la région du Moso. Les témoignages disent que cette nouvelle variété est très productive. En plus de sa contribution au développement de l’agriculture et de l’élevage,il s’active aussi dans la lutte contre la malnutrition. Sur 653 enfants qui présentaient les signes de malnutrition accueillis dans les FARN pour traitement, 513 ont été guéris. Au total, 85 FARN ont été mis en place par le PNSADR-IM pour combattre ce fléau. Les détails dans les lignes qui suivent
Les habitants de la colline Kinzanza, commune Gitanga dans la province Rutana se réjouissent du rendement de la culture du maïs hybride qui a été introduite par le Programme National pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural de l’Imbo et du Moso (PNSADR-IM) financé par le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA). Ces maïs sont cultivés dans un marais dénommé Cunda situé dans les bas fonds de la colline Kinzanza.
Vénuste Bucumi, un des agriculteurs en témoigne : « Je suis président d’une association des cultivateurs qui exploite le marais de Cunda. Auparavant, ce marais était inexploité. Il était plein de roseaux. Le PNSADR-IM nous a demandé de l’exploiter pour combattre la pauvreté. Le PNSADR-IM nous a donné des semences de maïs hybrides estimés à 400 kg », retrace Bucumi. Il affirme que cette culture est très productive par rapport aux autres variétés de maïs. Avec 8 kg de maïs hybrides qu’il a semé, il fait savoir qu’il a récolté 800 kg.
Les maïs hybrides sont très productifs
Les maïs hybrides sont très productifs
Et d’affirmer que c’était la première fois dans son histoire qu’il a atteint un rendement pareil. Chaque pied de maïs hybride ne produit pas moins de deux épis de maïs. « Le PNSADR-IM nous a formé sur les bonnes pratiques agricoles à utiliser pour augmenter le rendement ». A titre illustratif, le PNSADR-IM leur a empêché d’associer ces maïs hybrides avec d’autres cultures. De surcroît, qu’il ne faut pas semer pêle-mêle. Il doit y avoir un espace de 80 cm entre un pied de maïs hybride et un autre. Ce marais a une superficie de plus de 10 ha. Les cultivateurs qui l’exploitent sont estimés à 396 dont 195 femmes et 201 hommes.
Les bénéficiaires remercient le PNSADR-IM
Micheline Kanyamuneza, habitant la colline Kinzanza remercie le PNSADR-IM pour ses interventions dans la lutte contre la pauvreté. Elle affirme que n’eût été ce projet, elle n’allait pas bénéficier de cette nouvelle variété de maïs. Selon elle, la variété du maïs hybride est très productive par rapport aux autres variétés de maïs. Elle indique qu’avec 10 kg de semences de maïs hybride, elle a récolté 850 kg alors qu’auparavant elle ne récoltait qu’à peu près 100 kg.
Le marais de Cunda exploité grâce à l’appui du PNSADR-IM
Claude Ndabahinyuye abonde dans le même sens. Selon lui, c’est grâce au PNSADR-IM que le marais de Cunda est cultivé en maïs hybrides. Pour gagner le pari escompté, il demande aux responsables du PNSADR-IM de penser à l’aménagement de ce marais dans les plus brefs délais. Il fait remarquer que son aménagement va résoudre les problèmes d’inondation répétitifs dans ce marais. De plus, la mise en place d’un hangar de stockage de la récolte est une nécessité pour éviter que la récolte soit gaspillée pour des raisons non fondées.
Juvénal Ntakiyica, habitant de la colline Kabingo, commune Gisuru dans la province Ruyigi manque de mots pour remercier le PNSADR-IM
En plus de l’introduction du maïs hybride pour augmenter la production et maîtriser la faim dans la région du Moso, le PNSADR-IM a octroyé des porcins, des bovins, des semences de haricots, de bananes ainsi que d’arbres fruitiers à la population. Juvénal Ntakiyica, habitant de la colline Kabingo, commune Gisuru dans la province Ruyigi manque de mots pour remercier le PNSADR-IM. Nous l’avons croisé chez lui. Il a une vache moderne que ce projet lui a offerte. Sa parcelle est entourée de beaux champs de haricots associés à des fruits, des bananiers, du caliandra, etc. «Le PNSADR-IM m’a offert une vache. Lorsqu’elle a mis bas, je parvenais à traire 12 litres de lait par jour. J’écoulais 10 litres sur le marché. Le reste était réservé à mes enfants et à ceux de mes voisins. 1 litre coûtait 500FBu. En plus des avantages que présente ce bovin, on m’a aussi accordé des plants de bananiers, des arbres fruitiers, etc. En appliquant les stratégies que le PNSADR-IM nous a enseignées, le rendement a été meilleur. Je parvenais à récolter un régime de banane de 20 kg alors qu’auparavant je n’ai jamais dépassé un régime de banane de 7kg», révèle-t-il. Sur une superficie de 40 ares, il atteint une production de plus d’une tonne de haricots alors qu’auparavant il ne dépassait pas 200kg.
Certains agriculteurs ont métamorphosé les conditions de vie de leurs familles
Ntakiyica indique que les conditions de vie de sa famille se sont améliorées. Il s’est acheté une plaque solaire qui permet à sa famille d’éclairer leur maison. « Je suis ravi du fait que mes enfants n’utilisent plus la bougie pour réviser les cours », signale Ntakiyica. Sa maison est couverte de tôles qu’il a achetées à un montant de 800 000 FBu. De plus, il s’est acheté une propriété de 450 000 FBu et un téléphone portable de 40 000 FBu.
Le PNSADR-IM dans la lutte contre la malnutrition
En plus de la contribution du PNSADR-IM à l’augmentation de la production agricole et d’élevage, on a constaté que la plupart des parents ne savent pas comment préparer un repas équilibré à leurs enfants. Raison pour laquelle la malnutrition est une réalité dans certains coins du pays. Cette maman lumière rencontrée à la colline Kigangabuko de la commune Kinyinya province Ruyigi affirme que le PNSADR-IM est venu au moment où la plupart des enfants souffraient de la malnutrition à cause du manque de connaissances liées à la nutrition. « Cette maladie n’est pas liée en grande partie à l’insuffisance d’aliments comme la plupart des gens le disent. Les aliments nous en avons assez ici dans la région du Moso. Néanmoins, certaines mamans peuvent passer deux semaines ou plus en donnant à leurs enfants un seul aliment. Elle fait savoir que sous l’appui du PNSADR-IM, un Foyer d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnel (FARN) a été implanté à cette colline de Kigangabuko. Huit enfants qui présentaient des signes de malnutrition s’y sont présentés. On a montré à leurs mamans comment on prépare un repas qui contient des lipides, des glucides et des protéines. Selon la responsable de ce FARN, ces enfants en sont sortis guéris. En plus de leur inculquer la façon dont on prépare ce repas équilibré, le PNSADR-IM leur a accordé des semences de choux, de tomates, d’oignons, d’aubergines,d’amarantes etc.
Les bénéficiaires remercient le PNSADR-IM pour sa contribution à la lutte contre la malnutrition
Pour permettre aux familles sortant des FARN à la diversification des sources de revenus, elles se sont regroupées dans une association. Elles ont une caisse sociale. Elles versent une cotisation de 500FBu par mois. Chaque membre a droit à un petit crédit qu’elle doit rembourser dans un délai qu’elles se sont convenues. Actuellement, elles ont un montant de 365 000FBu sur leur compte. Elles se sont achetées deux ovins à 96 000 FBu en plus des porcins que le projet leur a offert pour maitriser le problème de manque de fertilisants. D’autres ménages sont servis via la chaine de solidarité communautaire prônée par le PNSADR-IM.
Pourquoi introduire la culture des champignons?
Le PNSADR-IM a aussi introduit la culture des champignons qui a une importance capitale dans l’amélioration nutritionnelle.
« N’eut été le PNSADR-IM, nos enfants allaient mourir de malnutrition »
Odette Nshimirimana, une des bénéficiaires des FARN affirme que n’eût été le PNSADR-IM, son enfant allait mourir de malnutrition. Son enfant âgé de 1,5 ans été accueilli dans le FARN avec 6 kg. Joyness Nahimana abonde dans le même sens. Son enfant avait 7 kg à l’âge de 2 ans. Tous les deux ont pu récupérer après leur passage au FARN.
Elie Ningabire, expert en nutrition au PNSADR-IM signale que le PNSADR-IM a mis en place des FARNS dans les provinces de Cibitoke, Bubanza, Rutana, Bujumbura et Ruyigi. Au total, 85 FARN ont été implantés dont 30 dans les provinces de l’Imbo (Bujumbura, Bubanza et Cibitoke) et 55 dans les provinces du Moso (Ruyigi et Rutana) dans les communes Gisuru et Kinyinya. Dans ces deux communes, les FARN ont accueilli 653 enfants qui présentaient des signes de malnutrition. Parmi ces derniers, 513 enfants sont guéris. Ils ont gagné le poids recommandé dans les 12 jours qu’ils ont passé dans les FARN.