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Le rolex, un nouveau plat florissant à Bujumbura

Introduit pour la première fois dans la capitale économique Bujumbura par Mwarabu Rolex Company, le rolled eggs dit rolex est depuis bientôt 6 ans le plat préféré des citadins. Son initiateur témoigne qu’il a commencé sa fabrication et sa commercialisation avec un capital de 8 mille FBu. Il en arrive à 500 mille FBu    

« Pas mal de jeunes Burundais souhaitent aller vivre en Occident où ils espèrent mener une vie meilleure. Ils dépensent de l’argent pour acheter les documents de voyage. Pourtant, cet argent pouvait constituer un capital pour démarrer une Activité Génératrice des Revenus (AGR) », indique David Gahungu connu sous le sobriquet de Mwaramu et introducteur du Rolex dans la mairie de Bujumbura.

Pour ce natif de la commune Kiganda, province de Muramvya, père de deux enfants et âgé de 34 ans, il n’y a pas de sot métier. Retourné au pays natal alors qu’il était réfugié en Ouganda, M.Gahungu commença son business par le commerce des chaussures importées d’Ouganda dénommées « Yeboyebo ».

Celles-ci partirent en fumée lors de l’incendie de l’ex-marché central de Bujumbura en janvier 2013. Malgré cela, informe M.Gahungu, j’avais l’ambition de pratiquer la boxe. Cela afin de sillonner le monde occidental et d’encaisser par après trop de pognon. 

David Gahungu, fondateur de Mwarabu Rolex Company : « J’aspire créer de l’emploi pour une multitude des jeunes et devenir un grand contribuable ». Photo ( Jimbere )

Le Rolex s’introduit 

M.Gahungu précise qu’il s’est lancé ensuite dans la production et la commercialisation du «chapati» accompagné de haricot. Et de faire remarquer : « Je n’avais pas d’employé. Ma femme s’occupait d’enroulement du chapati et moi de sa préparation. Cela, car le capital était encore insignifiant et était évalué à 8 mille FBu ».

En 2016, poursuit M.Gahungu, un voyageur kenyan commanda le «rolex» et j’étais le seul à savoir le préparer, parce que je l’avais appris lors de mon séjour en Ouganda. «Comme je n’avais pas de capital suffisant pour les préparer je me rabattais sur les produits de mon voisin. Le rolex s’achetait à 5 000 FBu. Moi, je ne récupérais que 500 FBu, soit l’équivalent de ma contribution qui était de deux chapatis. Le reste était propriété du voisin», déplore-t-il avant de signaler que le lendemain, le voyageur kenyan est retourné avec 5 autres clients et ensuite 12 clients. Le fondateur de Mwarabu Rolex Company précise que ces clients lui ont laissé un pourboire de 10 mille FBu.  Et de continuer : « A cette période, une palette contenant 30 œufs, élément indispensable dans la fabrication du rolex s’achetait à 8 mille FBu. Déjà, avec le pourboire, j’avais un capital de 2 palettes d’œufs, soit 60 œufs ».

M. Gahungu fait savoir que la fabrication et la commercialisation du rolex a trop vite progressé. Actuellement, confirme-t-il, j’ai un capital de 500 mille FBu. Les rolex sont préparés et vendus dans trois points de vente situés tous dans la commune Mukaza, un à Bwiza à la 4ème avenue et un autre à Jabe III au terrain de basketball et enfin à Jabe au « Come Again » près du magasin Mutoyi. 

Pour lui, ses productions se classent en trois catégories auxquelles il a lui-même donné le nom. La première catégorie est appelée « rolex simple » fabriqué à base d’huile de coton, de tomates, d’oignons, des œufs, de citron, de maggi et de chapatis. Le prix par pièce est fixé à 3 mille FBu. La deuxième catégorie est appelée «special rolex». Ce plat est constitué par les éléments constituant le rolex simple auxquels on ajoute du saucisson. Le prix par pièce de celui-ci est de 5 mille FBu.  Cela au moment où la troisième catégorie dénommée « special special rolex » est formée par les éléments constituant le «rolex simple» auxquels on ajoute les frites des pommes de terre.

Et de signaler que la préparation des rolex se fait par la cuisson des éléments comme les tomates, les omelettes…dans l’huile de coton et ensuite les enrouler dans deux chapatis. M.Gahungu avoue que le rolex peut être consommé même 15 heures après sa préparation. Cela sans nuire à la santé du consommateur.

Le nouveau produit contribue à la création de l’emploi

M.Gahungu fait savoir qu’il a engagé 15 employés, payés quotidiennement à raison de 2 mille FBu chacun.

Et de renchérir : « Ces employés sont logés et nourris chez moi ».

A part cela, le fondateur de Mwarabu Rolex Company certifie qu’actuellement il utilise par jour 20 palettes d’œufs, soit environ 300 000 FBu si la valeur d’une palette d’œufs est de 15.000 FBu. Ces œufs sont fournis par deux vendeurs permanents avec possibilité d’être fournis par des saisonniers. M.Gahungu utilise 80 kg d’oignons par jour. Le kilo peut être vendu entre 1200 FBu et 1800 FBu, selon les saisons culturales, c’est-à-dire entre 96 000 FBu et 144 000 FBu.  Il annonce qu’il écoule par jour deux sacs de farine de blé servant dans la fabrication du chapati achetés chacun 78 000 FBu, soit 156 000 FBu pour les deux sacs. 

M.Gahungu signale qu’il utilise 15 kg de saucissons par jour achetés à 12 000 FBu par kg, soit 180 000 FBu en tout. Il se sert aussi chaque jour des tomates d’une valeur de 30 000 FBu, du charbon d’une valeur de 100 000 FBu, de 3 cartons de « maggi » d’une valeur de 18 000 FBu et de 80 kg de pommes de terre d’une valeur de plus de 88 000 FBu.

Et d’avouer : « Avec mon métier, je parviens à louer une maison de 200 000 FBu, à payer les frais scolaires de mes deux enfants, soit 200 000 FBu par trimestre. En plus de ma responsabilité familiale, j’assiste également quelquefois ma mère dans les travaux champêtres ».

M.Gahungu notifie qu’il aspire à créer de l’emploi pour une multitude de jeunes et à devenir un grand contribuable.  Pour s’y préparer, conclut-il, j’ai déjà obtenu mon Numéro d’Identification Fiscale (NIF) et pour chaque produit que j’achète, j’exige une facture standardisée confectionnée au modèle de l’Office Burundais des Recettes (OBR). Et de marteler : « J’ai également ouvert un compte à la Banque de Crédit de Bujumbura. Ce qui me facilitera de contracter un crédit en cas de nécessité ».

M.Gahungu informe qu’il a associe son épouse dans tout ce qu’il fait. Et de se réjouir : « Mon épouse sait non seulement préparer du rolex, mais aussi gérer une entreprise ».

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