Les femmes burundaises en général, et celles de la province de Bururi en particulier restent peu représentées dans les postes de prise de décision malgré les avancées enregistrées dans ce secteur. Pourtant elles constituent une pierre angulaire pour le développement du pays et leur contribution est indispensable. Elles sont appelées à ouvrir les yeux et participer d’une façon active dans les activités pouvant leur permettre d’entrer en compétition avec leurs pairs masculins
Malgré les avancées, il y a encore des manquements au niveau de la représentation des femmes dans les postes de prise de décision au Burundi. Les femmes sont représentées à 15% dans les différentes postes de prise de décision dans la province de Bururi. Sur 170 membres du conseil communal, seuls 58, soit 34% sont des femmes. Sur 6 administrateurs communaux, seule une est une femme.10 chefs collinaires sur 129, soit 8% sont des femmes. Seules 87 conseillers des chefs collinaires sur 645, soit 13% sont des femmes. Tous les 2 sénateurs qui représentent cette province sont des hommes.
Gloriose Niyubahwe, responsable de la DPAE de Bururi :« Malheureusement, beaucoup de filles ont souvent peur d’embrasser certaines filières, surtout techniques et quand on veut nommer une femme à un poste correspondant, on trouve que personne n’est éligible ».
Malgré cette faible représentation des femmes dans les postes de prise de décision, il y en a quelques-unes qui font exception. Nous avons approché une d’elles, Mme Gloriose Niyubahwe, 36 ans. Depuis l’an 2019, elle a été nommée responsable de la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Elevage (DPAE) de Bururi. Un honneur, selon elle, car c’est rare qu’on nomme une femme dans un tel poste. Elle est détentrice d’un diplôme d’ingénieur en Agronomie obtenue à l’Université du Burundi. Avant d’être nommée à ce poste, elle était enseignante dans une école technique en tant que responsable de la section d’agronomie et de l’élevage. Des filières embrassées le plus souvent par plus de garçons que de filles comme elle le fait savoir.
L’éducation des filles, une pierre angulaire
L’éducation des filles est une pierre angulaire dans le développement de la femme. « Les filles devraient aspirer à de longues études et embrasser toutes les filières comme leurs pairs masculins. Malheureusement, beaucoup de filles ont souvent peur d’embrasser certaines filières, surtout techniques et quand on veut nommer une femme à un poste correspondant, on trouve que personne n’est éligible », regrette-t-elle.
Avoir un leader féminin à la tête de la DPAE dans cette province constitue un atout. Cela lui permet de mieux comprendre les préoccupations de ses consœurs cultivatrices. « C’est souvent facile pour les femmes de s’épanouir entre elles », explique-t-elle. Selon Mme Niyubahwe, les femmes instruites devraient tracer le chemin pour les autres femmes rurales dans le développement. C’est dans cette logique que cette femme en collaboration avec ses consœurs intellectuelles de cette province comptent démarrer un projet d’agriculture. « Nous allons réunir nos expériences et nos efforts pour montrer à nos consœurs rurales que les femmes intellectuelles ne sont pas faites seulement pour rester dans les bureaux, mais qu’elles peuvent aussi contribuer dans les travaux agro-pastoraux », fait-elle savoir.
Les femmes devraient oser briller
Dans la plupart des cas, les postes de prise de décision sont nominatifs. Pour de tels cas, seules celles qui osent briser les barrières socio-culturelles et se lever pour montrer de quoi elles sont capables sont nommées. Selon Mme Niyubahwe, tant que les femmes burundaises n’osent pas sortir de l’ornière, elles resteront toujours une minorité dans les postes de prise de décision encore plus dans les postes politiques.
Juvent Ndayikeza, chef de cabinet du gouverneur de la province de Bururi se réjouit du pas franchi par les femmes de cette province. Selon lui, les femmes sont bien équipées pour contribuer au développement du pays. D’ailleurs, l’implication du gouvernement du Burundi dans la promotion du leadership féminin constitue une opportunité que les femmes devraient saisir. Ils les invitent participer non seulement dans les activités des partis politiques, mais aussi à être actives. Car personne ne les bloquera si elles le méritent vraiment.