L’énurésie est le terme médical pour désigner le « pipi au lit ». Involontaires, ces mictions arrivent pendant le sommeil et notamment la nuit. Plusieurs causes peuvent être à l’origine des pipis au lit des enfants. L’une d’entre elles serait liée à un trouble psycho-affectif. Plus d’éclaircissements dans ces lignes
Dr Anabelle Ninahaza indique que l’énurésie est une perte incontrôlable d’urine (incontinence) intermittente (par moment) survenant exclusivement pendant le sommeil chez un enfant d’au moins cinq ans. Elle peut être primaire s’il s’agit d’un enfant n’ayant jamais acquis la propreté nocturne plus de six mois consécutifs et secondaire s’il y a déjà eu des périodes sans « pipi au lit » ou après une période de propreté d’au moins six mois.
A partir de l’âge d’un an, la miction (action d’uriner) du nourrisson est un réflexe déclenché par la pression intra-vésicale au-delà d’un certain seuil. A partir de la fin de la 1ère année d’âge, les connexions avec les centres cérébraux supérieurs transforment peu à peu la miction en un acte conscient et volontaire. L’enfant identifie alors ses perceptions internes en les verbalisant ou en les signalant par des gestes.
Parfois, l’énurésie peut permettre à l’enfant d’exprimer une souffrance ou de capter l’attention de ses proches.
Les causes de l’énurésie sont nombreuses et mystérieuses
La continence (retenir l’urine) n’est possible que si les centres cérébraux supérieurs exercent une action empêchant l’émission de l’urine malgré les contractions de la vessie dues à un certain seuil de son remplissage (action inhibitrice sur les contractions hyperactives et anarchiques de la vessie, permettant ainsi à l’enfant de se retenir, c’est-à-dire d’augmenter sa capacité vésicale). L’acquisition d’un contrôle volontaire est le fait de l’éducation de l’enfant à la propreté. Ce contrôle volontaire suppose la possibilité de reconnaître une information spécifique sur l’état de remplissage de la vessie. Il s’agit du » besoin d’uriner ». La perception du besoin d’uriner est indispensable à l’acquisition de la continence. La sensibilité venue de la vessie sous pression doit être reconnue et intégrée (reliée) à d’autres informations pour devenir une sensation élaborée, comparable à la faim et à la soif.
Selon Dr Ninahaza, les causes de l’énurésie sont nombreuses et mystérieuses. Il s’agit entre autres des facteurs hormonaux avec des enfants énurétiques ayant un trouble de la sécrétion de l’hormone anti diurétique (ADH). Ils n’ont pas de pic (n’atteigne pas le sommet de la sécrétion) de sécrétion d’ADH dans la nuit et produisent alors autant d’urine que pendant la journée. Certains enfants seraient alors obligés de se lever plusieurs fois durant la nuit (nycturie) ; d’autres, plus malchanceux, auraient un seuil d’éveil plus élevé, cette polyurie ne suffirait pas à les réveiller et serait la cause de l’énurésie. D’autres auteurs ajoutent que la diminution de l’amplitude du rythme circadien de sécrétion de l’ADH entraine une perturbation de la réabsorption de l’eau par le rein au cours du sommeil responsable d’une énurésie. Il existe également des facteurs génétiques. De nombreuses enquêtes familiales ont montré que l’énurésie était souvent retrouvée chez les ascendants ou les collatéraux. Ainsi, lorsque les deux parents ont eu une énurésie, elle est retrouvée chez 77% des enfants.
Un trouble psycho-affectif en serait l’une des causes
Dr Anabelle Ninahaza soutient qu’un facteur psychosocial est lié à ce trouble. Parfois, l’énurésie peut permettre à l’enfant d’exprimer une souffrance ou de capter l’attention de ses proches (énurésie secondaire). La situation de l’enfant dans le groupe familial a aussi un impact. Par exemple, le niveau d’exigence des parents vis-à-vis du cadet est moindre qu’il ne l’a été vis-à-vis de l’aîné. Certains événements et conflits familiaux peuvent retarder l’acquisition du contrôle mictionnel
Quant à elle, Chryss Deborah Irakiza, psychologue fait savoir que parmi les causes de l’énurésie nocturne, on mentionne les troubles psycho-affectifs. Ceux-ci sont de diverses natures, à savoir : Un grand choc émotionnel, un divorce, des difficultés scolaires, l’arrivée d’un nouveau bébé dans la famille, un déménagement, un changement d’école, un deuil familial, des violences familiales, etc. Seul un professionnel de la santé mentale sera en mesure d’identifier la cause exacte de l’énurésie et pourra donner un traitement efficace avec l’aide des parents. « Quand l’énurésie nocturne a pour cause un trouble psychoaffectif, il convient d’impliquer les parents dans la thérapie pour un résultat positif vis-à-vis de l’enfant », souligne-t-elle. La thérapie peut prendre du temps c’est-à-dire plus d’une séance selon la nature du problème et aussi selon la gravité du cas de l’enfant.