En 2024, le ministère en charge de la justice a recensé 12 000 cas de violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG). Ces violences englobent les violences sexuelles, physiques, socio-économiques, psychologiques et les homicides liés aux VSBGs. Bien que ce chiffre soit en baisse par rapport à l’année précédente, où 13 677 cas avaient été enregistrés, il reste révélateur de l’ampleur du phénomène et du chemin qu’il reste à parcourir pour éradiquer ce fléau.
Plusieurs facteurs structurels continuent à alimenter les VSBGs.
Parmi les différentes formes de violences, les violences socio-économiques arrivent en tête. Selon les Nations Unies, la violence socio-économique se manifeste par des inégalités structurelles qui privent les individus de leurs droits économiques et sociaux tels que le revenu, l’emploi, l’éducation ou la propriété les rendant ainsi dépendants et vulnérables. En 2024, le nombre de femmes qui ont été victimes de cette forme de violence s’élève à 4 405 contre 720 hommes. Ces chiffres marquent une légère baisse par rapport à 2023 où on comptait 4 695 cas chez les femmes et 911 chez les hommes.
Les violences psychologiques occupent la deuxième place. Elles se traduisent par des actes intentionnels ou des omissions dans une relation de confiance, causant une souffrance mentale ou émotionnelle grave. Cela inclut l’intimidation, le harcèlement, l’humiliation, l’isolement, le contrôle excessif et les menaces, même en l’absence de violence physique. 3 072 femmes ont été touchées par ce type de violence en 2024 contre 3 145 en 2023. Chez les hommes, 559 cas ont été enregistrés contre 597 l’année précédente.
Certaines violences sont physiques
Les violences physiques, quant à elles, se définissent comme l’usage intentionnel de la force ou du pouvoir, par menace ou par acte effectif contre soi-même, une autre personne, un groupe ou une communauté. Elles occupent la troisième position en termes de fréquence au Burundi. 1 797 femmes et 363 hommes ont été victimes de cette forme de violence en 2024 contre respectivement 2 546 et 514 en 2023. Ce qui indique une baisse notable.
Les violences sexuelles demeurent également préoccupantes. 926 femmes et 39 hommes ont été victimes de violences sexuelles en 2024 contre 1 149 femmes et 42 hommes en 2023. Bien que les chiffres soient en recul, ils restent alarmants. Les homicides liés aux VSBG ont connu une évolution contrastée. 47 femmes ont été tuées en 2024 contre 35 en 2023, marquant une hausse inquiétante. Chez les hommes, on observe une baisse avec 35 cas en 2024 contre 42 l’année précédente.
A ces formes de violences s’ajoutent les violences numériques, une menace plus silencieuse mais tout aussi destructrice. Selon ONU Femmes, entre 16 % et 58 % des femmes sont confrontées à ce type de violence qui se manifeste notamment par le harcèlement en ligne, les menaces, la diffusion non consentie d’images intimes ou encore la surveillance numérique.
Face à cette situation, le gouvernement burundais a mis en place plusieurs stratégies pour lutter contre les VSBG. Parmi celles-ci figurent l’adoption d’une loi spécifique sur les VSBGs, la création de réseaux de lutte contre les VSBG à tous les niveaux, l’établissement de centres de prise en charge des victimes, l’introduction des dossiers de couleurs différentes dans les juridictions et la nomination de points focaux VSBG au sein de la police et des institutions judiciaires.
Cependant, malgré ces efforts, plusieurs facteurs structurels continuent à alimenter les VSBGs. La pauvreté des ménages, les normes sociales qui privilégient les garçons au détriment des filles, le faible niveau d’autonomie financière des femmes et les lacunes dans les textes légaux sont autant d’éléments qui perpétuent ces abus. La réticence à la dénonciation reste également un défi majeur.