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Les notables collinaires vs les Bashingantahe : Les perceptions divergent

42.600 notables ont été élus dans toutes les provinces du Burundi excepté la mairie de Bujumbura. Cela résulte des élections des notables collinaires qui ont eu lieu sur tout le territoire national en date du 12 septembre 2022.  La perception de cette nouvelle institution qui va assurer la relève des Bashingantahe est divergente. Une synergie des médias a été organisée à cet effet

Les fonctions des Bashingantahe traditionnellement investis cesseront à partir de la prestation de serment des notables collinaires élus.

   

Se référant à la loi No 1/03 du 23 janvier 2021 portant Complément des Dispositions du Code de Procédure Civile Relative à la Réinstitution du Conseil des Notables de la Colline, les élections y relatives ont eu lieu dans toutes les provinces du pays en date du 12 septembre 2022. A l’exception de la province de Bujumbura Mairie où les résultats ne sont pas encore disponibles, les résultats provisoires émanant du ministère de la Justice montrent qu’environ 2 millions de personnes ont participé au vote des notables collinaires. Le nombre de candidats dans toutes les provinces mises à part la province de Muramvya et la province de Bujumbura Mairie s’élève à 66.000. Le nombre des élus des 17 provinces à part la Mairie de Bujumbura est de 42.600.

Ces élections ont également pris en considération l’aspect genre. A part les chiffres détaillés de 5 provinces, à savoir : les provinces de Cibitoke, Ngozi, Kayanza, Rumonge et Bujumbura qui ne sont pas encore disponibles au ministère de la Justice, le nombre de femmes élues dans les 13 provinces qui restent s’élève à 6787 contre 20616 hommes. La province où les femmes ont été majoritairement élues est la province de Gitega. Dans cette province, 1342 femmes ont été élues contre 2638 hommes. La province qui présente des statistiques faibles des élus féminins est la province de Cankuzo. 243 femmes ont été élues contre 1062 hommes. 

Une perception controversée

Cette nouvelle institution a fait l’objet d’une discussion acerbe. Pour certains, c’est l’organe qu’il fallait. Certains parmi ceux qui ont échangé avec nos confrères ont fait savoir que l’institution des Bashingantahe n’était plus à la hauteur de ses fonctions. Certains les accusent d’être injustes et de trop demander les pots de vins. Nos interlocuteurs espèrent de ce changement, la réduction des dossiers judiciaires dans les tribunaux. Ils espèrent également gagner en termes de temps, car ils n’auront plus besoin de faire des heures et des heures pour aller dans les parquets. 

Mais pour d’autres, cet organe ne pourra en aucun cas remplacer valablement l’institution des Bashingantahe qui assure le règlement des litiges communautaires depuis plus d’un siècle. Selon eux, il sera trop difficile pour les notables collinaires nouvellement élus de maîtriser les communautés, sans l’appui des Bashingantahe. Ils demandent qu’au lieu de supprimer l’institution des Bashingantahe qui compte aujourd’hui plus de 30 mille membres, il faut plutôt qu’ils collaborent avec les notables collinaires nouvellement élus.

Un chevauchement avec les chefs de collines ?

Selon le ministre de l’Intérieur, Martin Ninteretse, cette institution n’a rien à voir avec les chefs collinaires. Ces notables sont comparables aux tribunaux collinaires, car leur mission sera celle de concilier les parties en conflit. S’il arrive que l’une des parties soit insatisfaite, le rapport sera transmis au chef collinaire. « Les chefs de collines s’occupent de l’administration. Le gouvernement est décentralisé jusqu’à la colline. C’est pour cette raison que nous avons interdit aux chefs collinaires ou membres du conseil collinaire de se faire élire, car ils ont d’autres fonctions », ajoute-t-il. Le chef de colline a le devoir de contrôler si ces notables collinaires exercent bien leurs missions.  C’est ainsi que le conseil des notables collinaires va travailler avec les élus collinaires.

Selon le ministère de la Justice, l’institution du conseil des notables collinaires est née du besoin de revenir sur l’institution traditionnelle qui, dans son entreprise de règlement des différends, avait pour mission de résoudre certains litiges au niveau communautaire.  Les fonctions des Bashingantahe traditionnellement investis cesseront à partir de la prestation de serment des notables collinaires élus. Ceux-ci vont assurer la relève. Cependant, ces notables commenceront à exercer leur fonction après avoir reçu une formation sur leurss droits et leurs limites.

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