Les motards et les taxis vélos opérant dans la municipalité de Bujumbura se lamentent. Alors que ses représentants affirment qu’il y a des avancées au niveau de l’organisation de leurs associations, certains membres parlent d’une adhésion forcée et dénoncent une collecte d’argent au profit de certaines personnes qui veulent s’enrichir sur leur dos
L’effectif des motards et des conducteurs de vélos continue à s’accroître dans la ville de Bujumbura. La capitale économique du Burundi constitue un terrain très favorable pour les investisseurs dans le domaine du transport. Ces personnes qui effectuent le transport des personnes à vélo ou à moto ne sont pas en parfait accord avec leurs associations.
Différentes associations comme AMOTABU (Association des motos Taximen du Burundi) devenu plus tard COAMOTABU (Collectif des Associations des Moto Taximen du Burundi), SOTAVEBU(Solidarité des Taxis-vélos du Burundi) réunissent les motards et les taxis-vélos.
Certains taxis-vélos et les motards opérant dans la ville de Bujumbura ne sont pas en parfait accord avec leurs associations.
Dans la descente sur effectuée par Burundi Eco, les professionnels du transport à deux roues opérant dans la municipalité de Bujumbura semblent ne pas être d’accord avec les représentants de leurs associations. Ces associés accusent leurs représentants d’entretenir le flou au niveau du fonctionnement desdites associations et disent ne pas comprendre leur utilité. Certains de ces transporteurs affirment qu’il y a eu des avancées, mais dénoncent toujours certaines incohérences au niveau de l’organisation.
Les motards restent sur leur soif
Les motards qui se sont confiés à Burundi Eco disent qu’il y a eu quelque changement en leur faveur dans l’organisation de leurs associations. Dans le temps, ils se lamentaient qu’ils versaient aux associations beaucoup d’argent dont ils ignoraient l’usage. Un motard rencontré dans les environs de la zone Kamenge dit que ce n’est plus le cas. Selon les informations reçues de ce dernier, les associations ont cessé d’exiger le versement de la redevance qui s’élevait à 700 FBu par jour. « Après moult réclamations, nous ne sommes plus sommés de verser 700 FBu par jour. On paie la somme fixée pour avoir une carte professionnelle et on se met directement au travail », explique-t-il. Pourtant, cet homme semble nier la légitimité de ces associations. Pour lui, ces dernières n’incarnent pas les intérêts des motards. « Cette association des motards ne roule que pour les intérêts de certaines gens », indique-t-il un peu agacé.
Les représentants des associations sont accusés de ne pas consulter les associés avant de prendre des décisions. Pour Jean Karikurubu, un autre motard qui dit avoir exercé ce métier depuis longtemps, ce qui est important c’est de pouvoir travailler. « Nous travaillons dans des situations d’injustice, mais nous sommes obligés d’obtempérer aux injonctions de l’association pour continuer à exercer. », tient-il à expliquer. D’après ce motard, il faut se soumettre aux instructions de l’association pour travailler en toute tranquillité. Ces motards se lamentent également du fait qu’ils sont traqués par la police sans aucune intervention des responsables de leur association. Ils ne comprennent pas surtout pourquoi l’appartenance à une association est devenue une obligation alors que cela devrait dépendre de la volonté de tout un chacun.
Les taxis vélo blâment leurs associations
Les taxis-vélos interrogés sur les relations qu’ils entretiennent avec les représentants de leurs associations trouvent que les associations ne sont là que pour l’intérêt de certaines personnes. Regroupés dans diverses associations, les taxis-vélos de la municipalité de Bujumbura dénoncent un prélèvement d’argent non justifié par les représentants de leurs associations. « Nous devons verser chaque jour une somme de 100 FBu par individu et par jour et aucun taxi vélo ne connait la destination de cet argent », indique un jeune taxi vélo rencontré aux environs du campus Kamenge. Selon les propos recueillis auprès de ce jeune homme qui s’est investi dans le métier de transport des personnes à vélo depuis plus de trois ans, ce n’est pas tout le monde qui verse les 100 FBu. Pour lui, il y aurait un certain désordre au niveau de l’organisation. Il pense plutôt que ce versement devrait s’être supprimé au lieu de tomber dans les poches des individus qui veulent se faire fortune au dépend des autres. Un taxi-vélo rencontré au quartier Bwiza affirme que les taxis-vélos de cette localité ne paient pas les 100 FBu. Pour lui, le problème majeur reste le fait qu’ils ne peuvent plus traverser les ponts.
Les représentants de ces associations tranquillisent. Selon les informations reçues au siège de la SOTAVEDEBU, les membres ont droit à certaines interventions de l’association telle que l’assistance en cas d’accident de roulage. En plus, selon la même source, l’association aide ses membres à acheter à crédit leur propre vélo au cas où ils n’en disposeraient pas. Quant à Jadot Nkurunziza, représentant légal de COAMOTABU (Collectif des Associations des Motos Taximen du Burundi), les responsables de l’association ne ménagent aucun effort pour permettre aux motards de travailler en sécurité. Il affirme que les rencontres sont organisées entre les représentants et les membres de l’association. Il ne va pas sans mentionner qu’il y a des motards qui ne veulent pas adhérer alors que l’appartenance à une association facilite le suivi et la lutte contre le désordre dans le métier.