Un rapport sur les conditions carcérales des femmes a été présenté par l’OHCDH-B mardi le 15 mars 2016. Celui-ci stipule que les besoins spécifiques de ces femmes ne sont pas pris en compte. Cependant, la ministre de la Justice Mme Aimée Laurentine Kanyana constate la nécessité d’avancement des dossiers judiciaires.
Dr Patrice Vahard, représentant de l’OHCDH au Burundi : « La question de l’accès à la justice est fondamentale, y compris pour les prévenues. Il ne peut y avoir de discrimination dans le système judiciaire. Chacun a le droit d’être jugé dans un délai raisonnable ».
« Relaxez les femmes détenues ! Nous voulons rentrer s’associer aux autres à la construction de notre pays, un pays de lait et de miel », lâchaient les femmes détenues à la prison centrale de Mpimba. C’était à l’occasion de la Journée Mondiale de la Femme organisée à leur intention par l’Office du Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme (OHCDH-B). Des danses traditionnelles et modernes agrémentaient la journée. Un kit de dignité composé de pagnes, de serviettes réutilisables, d’un seau, de la poudre, etc. avait été donné à ces femmes. Les cérémonies ont eu lieu dans le quartier des femmes à la prison de Mpimba mardi le 15 mars 2016. Ce fut l’occasion pour l’OHCDH-B) de présenter son rapport. « Bien que les femmes ne représentent qu’à peine 4% de la population carcérale, les besoins spécifiques des femmes et des filles ne sont pas souvent pris en compte », a déclaré Dr Patrice Vahard, représentant de l’OHCDH-B, spécifiant le contenu du rapport. Et de renchérir : « La question de l’accès à la justice est fondamentale, y compris pour les prévenues. Il ne peut y avoir de discrimination dans le système judiciaire. Chacun a le droit d’être jugé dans un délai raisonnable ».
Les problèmes rencontrés par les femmes détenues : une pure réalité
Aimée Laurentine Kanyana, ministre de la Justice et Garde des Sceaux : « Nous avons constaté que la place de la femme s’est améliorée avec l’évolution de la société. Avec cette situation, il est remarquable qu’il y a un comportement criminel qui s’est développé chez elle »
Selon Elisabeth Kamikazi qui avait représenté les femmes détenues à Mpimba, le quartier des femmes de Mpimba compte actuellement 133 personnes dont 22 nourrissons. « Pourtant, il a une capacité d’accueil de 80 personnes », fait-elle remarquer. Mme Kamikazi avoue que les femmes détenues ont des problèmes de restauration. Elle fait allusion à la quantité minime soit 350 grammes de haricot et 350 grammes de riz et au manque d’une ration spéciale pour les malades. Mme Kamikazi indique en outre que ces femmes n’ont pas de matelas où dormir, les uns dorment dans les corridors, les prévenues ne sont pas séparées des condamnés, les adultes des mineurs, les récidivistes des délinquants mineurs, etc. Grégoire Nimpagaritse, directeur de la prison centrale de Mpimba abonde dans le même sens. Il signale la non séparation entière des quartiers des femmes détenues de ceux des hommes, le manque de moyen de déplacement propre pour la prison, le manque d’apprentissage de métier pour ces femmes, la construction non conforme aux normes internationales, l’insuffisance des policières assurant l’escorte de ces femmes, etc.
Les femmes ne sont pas en dehors de la loi
« Nous avons constaté que la place de la femme s’est améliorée avec l’évolution de la société. Avec cette situation, il est remarquable qu’il y a un comportement criminel qui s’est développé chez elle », précise Aimée Laurentine Kanyana, ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Elle rappelle que même si les femmes détenues ne cessent de réclamer leur libération, celles-ci doivent savoir que les infractions commises ne sont pas exonérées. Elle signale que ces infractions doivent être sanctionnées conformément à la loi. Cependant, Mme Kanyana estime urgent l’avancement des dossiers des femmes incarcérées. Elle confiait son implication en la matière.
La ministre de la Justice a profité de cette occasion pour revenir sur la mesure de la grâce présidentielle pour 2.000 prisonniers. Huit femmes devraient bénéficier de cette grâce à Mpimba. Sur 384 prisonnières, 34 bénéficieront de la remise totale de leur peine au niveau national 60 de la remise