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L’incubation pour pallier au chômage des jeunes

Burundi Business Incubator (BBIN) contribue à la formation technique des jeunes pour le développement de l’esprit entrepreneurial. L’accès aux sources de financement est concrétisé à travers des fonds de crédits mis en place pour faciliter l’accès au capital pour le démarrage de leurs projets. Pierre Claver Nduwumwami, directeur du BBIN indique que certains projets des jeunes ont été couronnés de succès

Pierre Claver Nduwumwami, directeur du BBIN : « Il ne faut pas qu’à la fin de l’année académique, les jeunes s’assoient et attendent l’emploi du gouvernement ou d’autres entreprises ».

Le but ultime du BBIN c’est la création des emplois pour que les étudiants qui quittent le banc de l’école puissent accéder à l’emploi. «Le gouvernement qui fait face à un chômage endémique des jeunes a intérêt qu’il y ait des entreprises bien gérées, rentables qui contribuent au trésor public. Le gouvernement reçoit des appuis budgétaires des différents bailleurs, mais cela ne peut pas durer indéfiniment», a indiqué Pierre Claver Nduwumwami, directeur du BBIN. Selon lui, le gouvernement doit avoir ses propres ressources, assez d’entreprises qui croissent en nombre et en qualité, qui embauchent et qui contribuent au développement du pays via les taxes. Il explique que les entrepreneurs doivent recevoir des appuis de démarrage dès le jeune âge. Il doit y avoir une pépinière d’entreprises. Avant de se lancer dans la vie entrepreneuriale, il faut que le jeune entrepreneur soit préparé, qu’il reçoive la formation et des équipements nécessaires.

L’esprit entrepreneurial

Le BBIN voudrait que les jeunes et les moins jeunes considèrent l’entrepreneuriat comme une option. Selon M.Nduwumwami, il ne faut pas qu’à la fin de l’année académique, les jeunes s’assoient et attendent l’emploi du gouvernement ou d’autres entreprises. Il informe que l’entrepreneuriat est une réponse au chômage des jeunes et un modèle de développement durable. Il revient aux jeunes, aux décideurs, au gouvernement et aux organisations locales et internationales qui interviennent dans ce domaine de faire preuve d’engagement au niveau technique et financier pour contribuer efficacement au développement du pays. Selon le directeur du BBIN, il faut qu’il y ait des appuis, des modèles de formation adaptés, des formateurs et des salles de formation.

Pour faire face à cet enjeu, le BBIN a pu réunir quelques moyens de la part des bailleurs et partenaires.            « Le FIDA a pu mobiliser 80 millions de dollars pour créer de l’emploi. En 2013, le BBIN a servi de modèle. Des bailleurs et partenaires nous ont approché. Nous leur avons montré comment faire. Ils ont adopté et ils ont accepté de mettre en place les CRIF (Centre de Renforcement d’Information et de Formation)», rassure Nduwumwami. Ses partenaires sont le FIDA, la FAO et d’autres ONGs locales.

Accès aux sources de financement pour les jeunes

Quand un jeune sait rédiger un plan d’affaire, c’est une étape parce qu’à ce moment il est en besoin de financement. Le directeur du BBIN montre les grandes sources de financement, à savoir : les banques et les investisseurs. « Nous avons essayé plusieurs outils comme le fonds de garantie même si cela ne marche pas toujours, les bailleurs, les partenaires comme le PNUD nous épaulent. Nous avons mis en place un fonds de garantie d’environ 300 millions de FBu avec la microfinance DIFO », informe Nduwumwami. Pour accéder au crédit, ajoute-t-il,  le jeune doit accepter de rembourser, de présenter un plan d’affaire bancable et de constituer un groupe de caution solidaire. En cas de non remboursement du crédit, les membres du groupe sont appelés à faire des contributions. En plus, les équipements doivent servir de garanties. Une autre condition c’est d’accepter d’être accompagné, de suivre la formation dispensée par les encadreurs de proximité qui sont sur terrain.

Une innovation de BBIN évoquée par M.Nduwumwami c’est «Village Community Bank» (VICOBA). Pour bénéficier des services de cette structure, les jeunes se mettent en groupe de 15 à 30 personnes. Ils reçoivent une formation en la matière. Certains épargnent et ils commencent à se prêter de l’argent entre eux. Si on voit qu’il y a une éducation financière qui est mise en place et qui évolue, informe-t-il, commence à leur consentir des prêts grâce au fonds de garantie. Il déplore le faible taux d’utilisation de ces fonds dû au fait qu’on bloque pour ne pas tomber dans les erreurs du passé. Selon lui, l’année passée et en collaboration avec l’ONG néerlandaise SPARK, on avait mis en place un fonds de garantie. 3 jeunes sur 5 ont disparu avec les fonds d’à peu près 60 millions de FBu.

4 critères à considérer

Les critères comme disposer d’un encadreur de proximité, d’un projet bien étudié avec l’encadreur et d’une épargne-crédit par le groupe lui-même sont considérés par le BBIN pour que le jeune entrepreneur puisse accéder au crédit. Néanmoins, on teste le bénéficiaire du crédit pour évaluer son niveau de remboursement et au fur et à mesure on augmente le montant. Toutefois, M.Nduwumwami explique qu’il n’ y a pas de fonds pour former tous les jeunes, mais qu’on forme leurs représentants. Sur 600 candidats, on prend 60. Parmi les 60, informe -t-il, il y en a qui vont faire autres choses et on forme le reste. L’autre problème avancé par le directeur du BBIN, c’est le marché d’écoulement pour les produits de nos jeunes qui est étroit. Comme mesure d’accompagnement, il y a des encadreurs qui sont là pour orienter et aider à résoudre les conflits liés aux projets entrepris.Il suggère qu’il y ait suffisamment d’incubateurs et de structures d’accompagnement dans tout le pays.

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