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L’inflation et ses effets pervers

L’inflation est un indicateur macroéconomique qui affecte directement les ménages. Elle dicte le comportement des consommateurs. Par conséquent, une inflation non maîtrisée est dangereuse. Il en est de même pour la déflation

L’inflation est la variation en pourcentage de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC). Si l’évolution de l’IPC est positive, on parle d’inflation. Cela signifie que la valeur des biens et des services augmente en flèche. Par exemple en 1996, il fallait 300 FBu pour acheter un kilo de haricot, mais en 2019, il faut 1 500 FBu seulement pour acheter la même quantité de haricot seulement alors que la même somme servait à acheter 5 kilos de haricot en 1996.

Par contre, si l’IPC est négatif, il y a déflation. Ça veut dire qu’il faut moins d’argent pour acheter la même quantité d’un produit donné. La déflation est l’inverse de l’inflation. Au lieu d’augmenter, les prix diminuent d’une manière générale. La déflation provoque une baisse des prix qui incite les consommateurs à reporter dans le futur leurs achats en espérant pouvoir profiter de cette baisse généralisée et continue des prix. Cette situation laisse peu de possibilités aux entreprises d’augmenter leurs marges bénéficiaires. Le climat des affaires devient incertain et l’investissement fléchit. Le marché de l’emploi se contracte. Ce qui freine la consommation. La déflation est donc aussi dangereuse qu’une inflation galopante non maîtrisée.

L’inflation qui se traduit par une hausse généralisée des prix ralentit l’activité économique

L’inflation réduit le pouvoir d’achat 

La dépréciation monétaire est le fait pour une monnaie de perdre de la valeur par rapport aux biens. Il est nécessaire d’avoir plus de monnaie afin d’acquérir un même bien. C’est donc une perte du pouvoir d’achat.

Ce phénomène est souvent entraîné par l’inflation. En effet, l’inflation est due à une forte création monétaire. Ce qui fait perdre de la valeur à la monnaie. La dépréciation monétaire est alors due à la hausse du nombre d’unités en circulation, surtout en période d’embellie économique. Les ménages sont alors très insatisfaits car, pour eux, c’est du pouvoir d’achat en moins. L’inflation est normalement compensée par une hausse des salaires. Ce qui vient contrer la perte du pouvoir d’achat dû à la dépréciation monétaire.

Quid de l’inflation importée ?

L’importation des produits requiert des devises et une monnaie forte. En situation de pénurie de devises, la monnaie locale se déprécie. Pour ce faire, les produits importés deviennent plus chers. Pour l’économie Burundaise qui dépend en grande partie du secteur agricole (40% du produit Intérieur Brut) avec plus de 90% de la population qui vivent de l’agriculture. Une perturbation des précipitations se répercute directement sur les conditions de vie des ménages. Pour avoir une idée, il y a trois ans, le phénomène el niño a prolongé la saison sèche jusqu’en octobre. Cela a provoqué une hausse généralisée et exponentielle des prix des denrées alimentaires. Ce qui prouve à suffisance que l’économie demeure fragile. Le secteur industriel et celui des services n’arrivent pas à combler le déficit créé par la sous-productivité du secteur agricole.

Evolution des prix au file des années

Le coût de la vie n’a cessé de se détériorer au file des années. D’après les sources concordantes, la valeur du FBu a fortement chuté. En 1973, il fallait débourser 60 FBu pour faire le trajet Bujumbura-Muramvya. Actuellement, le ticket revient à 4 000 FBu dans les agences de transport. A la même période, une bouteille de Primus 72 cl coûtait 30 FBu alors qu’en 2020, le prix a grimpé jusqu’à 1 800 FBu. Le déplacement en ville ne coûtait presque rien.

Le tarif du transport rémunéré des personnes dans la ville de Bujumbura était fixé à 5 FBu. Les rabatteurs criaient « tanu-tanu » pour faire le plein des passagers, raconte avec amertume notre interlocuteur. Comparativement au tarif actuel, le coût a augmenté exponentiellement pour atteindre 400 FBu. De même, il fallait payer 250 FBu pour acheter un kilo de sucre contre 2 500 FBu le kilo (prix actuel). L’augmentation du prix du sucre affecte les coûts des autres produits, surtout dans les pâtisseries, les limonaderies et brasseries. Plusieurs facteurs entrent en jeu dans la fixation des prix. Bref, si le cout de production augmente, les prix des produits suivent le même rythme.

Comment réduire les effets de l’inflation ?

Les ménages, les fonctionnaires dont les revenus sont statiques rationnent leurs achats dépenses en attente d’une baisse des prix. En conséquence, les recettes fiscales diminuent.  Sur le long terme, cette situation affecte l’économie nationale. La perte du pouvoir d’achat ne présage rien de bon pour l’économie. Le principe est simple. En économie, chaque centime d’argent dépensé est gagné et épargné par une tierce personne pour une consommation ultérieure. Et c’est ce mécanisme qui fait fonctionner l’économie.

Pour atténuer les effets de l’inflation, les gouvernements prennent une série de mesures. Ce sont notamment l’exonération de certains produits de taxes et des droits de douanes, la promotion des exportations, etc. Pour les salariés, on calcule les annales en fonction du taux d’inflation. Le Code du travail stipule que le travailleur devrait percevoir des primes et autres avantages chaque année. Des annales sont reversées également aux salariés pour atténuer les effets induits par l’inflation. L’augmentation du salaire est automatique à la fin de l’année pour chaque fonctionnaire. Au Burundi, la convention interprofessionnelle de juin 1980 fixe au minimum les annales à 3%.

Parmi les critères de convergence de la CAE pour la création d’une monnaie unique (à l’horizon 2025) figure la maîtrise de l’inflation autour de 4%. Les économistes expliquent que le but de ce plafonnement est de stabiliser les des économies de la sous-région. Une forte inflation pousserait les habitants à franchir les frontières pour s’approvisionner là où les prix sont abordables. D’où le risque d’exode vers les autres pays membres.

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