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L’UE offre plus de 3 millions d’euros pour booster les exportations

Le programme d’amélioration de l’accès aux marchés (Market Access Upgrade Programme) «MARKUP» prévoit le soutien financier de la part de l’Union Européenne pour un montant de 3,680 millions d’euros. Le but ultime de ce vaste programme est de soutenir les secteurs du thé, du café et de l’horticulture au Burundi. Ceci pour accroître les capacités d’exportation vers l’U.E et l’Afrique de l’Est

Le Programme MARKUP est une initiative régionale qui vise à contribuer à la croissance économique de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE). Il vise la promotion des exportations des produits agro-alimentaires et horticoles ainsi que l’accès au marché européen. Ainsi, le programme est structuré en deux niveaux d’interventions : le volet régional et le volet de pays partenaires de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), à savoir : le Burundi, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda, indique Mateusz PROROK du bureau de la délégation de l’UE au Burundi. 

Les cours des matières premières sont en diminution constante. Les exportateurs Burundais notamment du café s’inquiètent et hésitent à vendre leurs lots

En ce qui concerne le volet national, le programme MARKUP-Burundi met particulièrement l’accent sur les exportations du café, du thé et des produits horticoles vers le marché régional ainsi que vers le marché européen.  Le projet se focalise donc sur l’appui au renforcement des services de l’infrastructure de qualité afin de permettre au pays le respect des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS). MARKUP-Burundi financé par le 11ème Fonds Européen de Développement (FED) à hauteur de 3 680 000 d’euros (environ 7,3 milliards de francs burundais), a été démarré le 30 octobre l’année dernière ici à Bujumbura, fait savoir Mateusz. 

Pourquoi les secteurs café, thé et horticoles ? 

La promotion de l’exportation du café et du thé est la préoccupation majeure du gouvernement du Burundi. Le choix du café s’explique par son rôle stratégique dans l’économie du pays comme source de revenus pour un grand nombre de ménages ruraux. Le café est le premier produit exporté par le Burundi. Cependant, la capacité limitée de l’infrastructure nationale de qualité, les services d’évaluation de la conformité et de la sécurité alimentaire, contribuent à une compétitivité limitée du café du Burundi. Le programme MARKUP-Burundi vient alors combler cette lacune.  

Aussi, la demande mondiale du café était en nette augmentation pendant ces 10 dernières années. Le Burundi doit alors viser la production de ces cafés spéciaux de haute valeur vendus à un prix élevé. Ce qui constituera une opportunité pour les producteurs Burundais de café. Cet objectif peut être atteint en augmentant la production et la qualité du café produit. Cette stratégie est aussi valable pour le thé burundais. Il est donc nécessaire de restructurer les institutions opérant dans les secteurs café et thé, de réhabiliter les équipements des usines et d’augmenter la production à valeur ajoutée.  

Le pays investit également dans le secteur agricole afin de permettre la transition de l’agriculture de subsistance à l’agriculture commerciale par le biais des changements structurels et la promotion des hautes qualifications techniques de tous les agriculteurs. Dans cette optique, les produits horticoles occupent la première place et les marchés des pays de CAE sont visés. 

Des précisions sur la mise en œuvre du projet  

Pour les institutions publiques et privées, le problème majeur du café, du thé et d’autres produits horticoles burundais est la non compétitivité et l’accès difficile aux marchés des autres pays membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est et surtout de l’Union Européenne. Cela est dû à la non-conformité de ces produits aux standards internationaux et à l’exigence des mesures sanitaires et phytosanitaires. Pour corriger cette lacune, le projet MARKUP va mettre en place une forte infrastructure nationale de la qualité (INQ). L’INQ fournira aux entreprises les services adéquats de normalisation, inspection, analyse, certification et métrologie.

Les laboratoires de BBN, CNTA, ISABU, ARFIC et autres ont besoin d’être améliorés. Ils recevront des équipements qui leur permettront de servir les secteurs du café, du thé et des produits horticoles avec des analyses appropriées.  Le staff des institutions ci-haut citées va être formé pour l’utilisation des équipements acquis.

Enfin, le personnel public et privé des institutions clés du café et du thé (OTB, ARFIC, Prothem, Intercafé) va être formé pour maintenir la qualité de ces produits, pour adresser les goulots d’étranglement et carences actuels dans la chaîne de valeur de ces produits et assurer la bonne gestion des usines de ces produits. 

Quid des normes de l’U.E en matière d’exportation? 

Pour éviter des produits alimentaires dangereux pour la consommation humaine pouvant causer l’intoxication alimentaire, les pays de l’Union Européenne exige la conformité aux normes relatives à la sécurité alimentaire. La législation en matière de sécurité alimentaire constitue la priorité des programmes de la plupart des principaux marchés. La traçabilité, l’hygiène et le contrôle sont les questions clés de la législation alimentaire européenne. La sécurité alimentaire doit être traçable tout au long de la chaîne d’approvisionnement, souligne notre source.

En outre, la législation européenne est basée sur l’Analyse des risques et la maîtrise des points critiques (Hazard Analysis Critical Control Point) « HACCP ». Pour ce faire, chaque pays a sa propre autorité pour s’assurer que les règles d’hygiène, y compris le besoin de mettre en place, de mettre en œuvre et de maintenir les procédures basées sur le HACCP sont observées par l’exportateur. On exige que l’exportateur prouve qu’il observe ces règlements. C’est pourquoi le certificat d’origine est exigé, indique notre source. 

Enfin, un certificat phytosanitaire doit accompagner les plantes et les produits primaires de la récolte (fruits, légumes, graines, plantes, grains destinés à la consommation) et les produits primaires de transformation (farine, céréales, semoule, malt). La plupart des pays de destination exigent ce certificat, qui doit être fourni par un organisme de certification approuvé tel que le SGS. Les produits sont aussi vérifiés pour voir s’ils ont été traités avec les quantités et les qualités autorisées de pesticides. L’étiquetage du produit doit aussi se conformer aux règlements qui exigent que des renseignements clairs soient mis à la disposition du consommateur.

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