L’UE au Burundi et les Etats membres accompagnent le pays dans son développement. C’est dans ce cadre que la Délégation de l’UE et les représentants des Etats membres ont visité certains projets financés dans les provinces de Muramvya, Mwaro, Gitega et Muyinga jeudi le 4 avril et vendredi le 5 avril 2019. L’administration et les bénéficiaires affirment que ces projets améliorent la vie des familles et du pays. Ils demandent l’extension et la pérennisation de ces projets
« L’UE et les Etats membres font souvent des descentes à l’intérieur du pays pour constater l’état d’avancement des projets qu’ils financent et montrer non seulement leur présence, mais aussi qu’ils sont des partenaires très importants », précise Wolfram Vetter, chef de la Délégation de l’UE au Burundi. C’est très satisfaisant, affirme-t-il, car la population et l’administration sont engagées à développer l’économie du pays et leur vie sociale.
Et de renchérir : « L’UE reste engagée pour financer le Burundi dans l’avenir. Nous avons les moyens et la volonté. Nous prévoyons promouvoir le secteur privé, l’investissement local et international »
Les producteurs de champignons de Muramvya en liesse
« Les financements de l’UE et de ses Etats membres sont venus au moment opportun. Grâce à l’appui de la France, nous développons la culture du champignon. 142 membres de la coopérative des producteurs de champignons en profitent directement », fait remarquer Marie Nduwimana, présidente de la coopérative «Dukingire Ikibira» de Bugarama en commune et province Muramvya.
Canésius Nduwimana, conseiller socio-culturel du gouverneur de Muramvya témoigne que les retombées du financement de la coopérative « Dukingire Ikibira » se remarquent au niveau des ménages. L’alimentation de ceux-ci ainsi que leur niveau de vie ont été améliorés. « D’ailleurs, il serait mieux de le pérenniser », renchérit-il.
Le projet s’intitule « Projet d’Appui à la Promotion de la Culture des Champignons au Burundi (PAPCHABU)-Champignonnière de Bugarama (coopérative Dukingirikibira) ».
Il est financé par l’ambassade de France via les Projets Innovants de la Société Civile et des Coalitions d’Acteurs (PISCCA) à hauteur de 29.000 euros. La période de mise en œuvre de ce projet va de mars 2017 à octobre 2018. La zone d’intervention est constituée par les provinces de Kayanza, Bubanza, Cibitoke et Muramvya.
Les résultats atteints à la fin du projet PAPCHABU , selon Emile Nsengiyumva son gestionnaire, ont permis de former 120 personnes aux techniques modernes de myciculture et à la transformation des champignons (samboussas, champignons séchés et en poudre).
Les rendements sont améliorés, fait-il remarquer. 10 à 30 kg de champignons frais sont produits par jour. Ce qui s’évalue entre 32.000 FBu et 90.000 FBu par jour et par myciculteur…
Les collectivités rurales n’en reviennent pas à Mwaro
«Qui commence bien, termine bien», témoigne Donatien Nimpagaritse, conseiller économique du gouverneur de la province Mwaro. Pour étayer cela, il revient sur l’impact du projet financé par l’ambassade de France au Burundi et intitulé « Projet de Création et d’Opérationnalisation d’un Centre d’Apprentissage et de Développement Rural (CADER) dans la commune Ndava, province de Mwaro. L’appui contribue au renforcement des collectivités et au développement de la province. Ce conseiller demande l’extension de l’appui et de voir ce centre alimenté en courant électrique ainsi que le centre de négoce voisin de Kibimba.
Le projet CADER est également financé par l’ambassade de France à travers l’action PISCCA (voir ci-dessus) à hauteur de 30.000 euros. La période de mise en œuvre de ce projet allait de mars à décembre 2018.
« Parmi les activités réalisées, nous avons construit un bureau des représentants des groupements et les travaux arrivent à 80 % de l’objectif. La construction d’un hangar de stockage des produits récoltés atteint aussi 80 % », annonce Evariste Manirambona, gestionnaire du projet et représentant légal du Réseau des Collectivités Rurales pour le Développement (RECORD).
Ce réseau est le partenaire de la mise en œuvre du CADER. Il regroupe 600 membres bénéficiaires du projet. Pour M. Manirambona, le principal résultat obtenu en octobre 2018 est la construction d’un centre de formation rural. Par ailleurs, trois cycles de production agricoles ont eu lieu depuis mars 2018. « Les quantités produites sont : 25 250 kg de pomme de terre, 3 356 kg de haricots, 354 kg de petits pois et 3 000 kg de choux », se réjouit-il.
Amélioration du service au dispensaire et des rendements à la bananeraie de Giheta en province Gitega
Le centre de santé de Giheta et une unité de production de bananes d’Appolinaire Ngendahoruri de la colline Kibogoye, commune Giheta ont été visités par les ambassadeurs de l’UE et des Etats membres. Ils sont financés par l’ambassade d’Allemagne dans le cadre des projets « Centre de Santé-Dispensaire » et « Appui à la Décentralisation et à la Lutte contre la Pauvreté III (ADLP III) ».
« Avec le financement dont le centre de santé dispose, il s’autogère en s’approvisionnant en médicaments, en équipements et en payant le personnel », explique le Dr Juvénal Ndayishimiye, directeur des programmes chez Cordaid-Burundi, une organisation qui met à disposition une partie du financement.
Pour lui, la qualité des soins a été améliorée depuis le financement obtenu en 2017. Il affirme que la sollicitation des services de santé est forte notamment les services de vaccination et de maternité. Mais il déplore que la planification familiale reste un défi. Ce qui nécessite encore un appui supplémentaire pour stimuler la régulation des naissances.
« En matière de nutrition, nous avons un système très renforcé. Les agents de santé communautaires et les mamans lumières aident à la détection des enfants malnutris. Ils prennent certains des enfants en charge. Ceux qui ne le sont pas au niveau communautaire sont référés aux structures sanitaires », précise Onesphore Nzigirabarya, chef du district sanitaire de Gitega.
Un peu plus loin, le planteur de bananes, Apollinaire Ngendahoruri confirme qu’il a augmenté le rendement de sa production grâce au financement technique dont il a bénéficié. Le sexagénaire regrette cependant le manque d’unités de transformation de la banane et réclame un appui pour cela.
Karusi, les vulnérables en pleine réintégration socio-économique
Le sourire de Cécile Ntakarutimana accueille les ambassadeurs de l’UE et des Etats membres sur la colline Karuri, commune Buhiga dans la province de Karusi. Celle-ci bénéficie du « Projet d’appui élargi à l’amélioration des capacités de résilience des populations les plus affectées par la crise multifactorielle au Burundi (PROACT 2) ».
Cette mère de 2 enfants et tutrice d’1 enfant reconnait l’état de pauvreté dans lequel elle vivait avant qu’elle ne soit bénéficiaire du projet. « Aujourd’hui, je suis une agri-éleveuse. Je fais le petit commerce du vin de banane et je suis à même de demander un crédit de 30.000 FBu. J’ai réhabilité ma maison et je projette son extension », se félicite Mme Ntakarutimana.
C’est l’UE qui finance le PROACT 2 pour un montant de 5 millions d’euros de décembre 2016 à décembre 2019. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) est son partenaire de mise en œuvre. La zone d’intervention est constituée des provinces Makamba, Rutana, Karusi, Kirundo et Muyinga.
« 12.000 sur 15.000 familles prévues ont été appuyées. Les équipements de transformation des produits agroalimentaires en faveur des jeunes sont en cours d’installation. Plus de 5.000 jardins de case et 88 chaînes de solidarité communautaire ont été mis en place pour le suivi et la gestion du bétail distribué », signale le gestionnaire du projet sur le terrain.
Muyinga, un futur prometteur
A Muyinga, la visite des ambassadeurs de l’UE et des Etats membres concernait le projet de « Création de valeur ajoutée agricole grâce à la mise en commun des moyens publics et privés (CREAVA) » dans la commune de Mwakiro. Il est financé par l’UE à hauteur de 950.000 euros depuis juin 2016 jusqu’à mai 2019. Il est mis en œuvre par Caritas Belgique.
Crescent Mbonigaba, président de l’Union des Coopératives des Producteurs Agricoles de Buhinyuza et Mwakiro (UCOPA-BM-UMUCO W’ITERAMBERE) se dit satisfait de ce financement. Il rappelle que grâce à celui-ci, des unités de transformation ont été installées : 2 pour le maïs, 4 pour le riz. Et de marteler : « 6 bâtiments pour ces unités de transformation ont été construits ».
Le taux de stockage des produits agricoles des coopératives ci-haut évoquées a été augmenté passant de 9.613 kg en 2017 à 45.137 kg en 2018. De plus, les crédits agricoles accordés par les institutions de microfinance ont été revus à la hausse (800 % d’augmentation) ainsi que la quantité de riz et de haricot vendues de façon regroupée à hauteur (35 % d’augmentation).
Denise Ndaruhekere, conseillère socio-culturelle de la Gouverneur de la province Muyinga déclare que le projet CREAVA a apporté une valeur ajoutée dans le développement socio-économique de la province. Elle explique que le vol dans les champs n’est plus qu’un souvenir du passé et que l’approvisionnement en produits transformés n’est plus un problème. Et de poursuivre : « Le projet est exécuté dans 2 communes seulement et les produits transformés sont vendus localement. Le souhait est d’étendre le projet dans toutes les communes de la province et de vendre les produits transformés en international ».
Abondant dans le même sens, Mgr Joachim Ntahondereye, évêque de Muyinga et président de l’ODEDIM-Caritas Muyinga, voudrait que le projet s’étende jusque dans la province Kirundo souvent menacée par la sécheresse.
L’UE est active dans trois secteurs, à savoir : l’agriculture et la nutrition, la santé et l’énergie.