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Lutte contre les hépatites virales B et C : La prise de conscience collective d’abord

A l’occasion de la Journée mondiale contre les hépatites virales, célébrée chaque année le 28 juillet, le Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) a tenu une conférence de presse pour dresser un état des lieux de la prévention, du dépistage et de la prise en charge des hépatites B et C au Burundi, tout en appelant à une prise de conscience collective face à une menace sanitaire longtemps restée dans l’ombre.

Dr Colin Kaze, Directeur du PNLS : « Les hépatites virales représentent une crise sanitaire majeure ».

 

Les hépatites virales représentent une crise sanitaire majeure. Selon le rapport mondial de l’OMS publié en 2020, on estime à environ 325 millions les cas d’infection chronique par le virus de l’hépatite B ou C dans le monde. La grande majorité des cas se trouvent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ces pathologies invisibles évoluent fréquemment vers la cirrhose ou le cancer du foie, entraînant près de 900 000 décès chaque année.

Comme l’a expliqué Dr Colin Kaze, médecin directeur du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS), le Burundi n’échappe pas à cette réalité. Les données disponibles montrent une prévalence estimée à 4,6% pour l’hépatite B et 8,2% pour l’hépatite C, avec une augmentation de la prévalence avec l’âge. Le nombre de décès s’accroît, principalement parce qu’un nombre encore trop important de personnes infectées ne connaissent pas leur statut et n’accèdent pas au diagnostic et au traitement.

Avancées stratégiques et institutionnelles

Face à ce constat, le Burundi s’est doté d’outils stratégiques solides, notamment le Plan stratégique national intégré de lutte contre le VIH, les IST et les hépatites virales pour la période 2026-2030, ainsi que de Directives Nationales destinées à harmoniser le dépistage et la prise en charge à tous les échelons du système de santé.

Cette dynamique s’est traduite par la formation des soignants, l’intégration des indicateurs dans l’outil national de collecte DHIS2 et l’organisation des dépistages lors des manifestations publiques. Des efforts substantiels ont également été déployés dans la prévention de la transmission mère-enfant de l’hépatite B par l’achat de tests de dépistage rapide pour les femmes enceintes etc,.

Des obstacles tenaces sur le terrain

Malgré ces réalisations, plusieurs contraintes ralentissent la riposte. Le dépistage de l’hépatite B chez les femmes en première consultation prénatale reste anormalement faible par rapport au VIH et à la syphilis, s’établissant à seulement 0,48 % en 2024 puis 0,98 % en 2025.

Cette situation s’explique par l’insuffisance des ressources financières, la disponibilité limitée des tests et médicaments, le déficit de connaissances chez les prestataires de soins et la population, ainsi que par les barrières socio-économiques et la stigmatisation des malades.

Cap sur la triple élimination

Pour surmonter ces obstacles, le ministère de la Santé se fixe pour priorité la triple élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B afin d’assurer aux générations futures un départ dans la vie sans infection.

Comme l’a expliqué Dr Kaze, les actions à venir porteront sur la réalisation d’une grande enquête nationale de séroprévalence, l’introduction de la vaccination contre l’hépatite B dès la naissance, la création d’un groupe technique de travail multidisciplinaire et l’intensification de la sensibilisation.

Rappelant que les hépatites virales sont évitables, dépistables et traitables, il a appelé l’ensemble des partenaires, professionnels de santé et acteurs communautaires à unir leurs forces pour lever les obstacles et garantir un accès universel aux soins.

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