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Mairie de Bujumbura : Pourquoi un second recensement des deux roues ?

En avril 2022, le ministre en charge de la sécurité publique a donné le feu vert de recenser les motos, les vélos et les vélomoteurs n’exerçant pas le transport rémunéré en vue d’avoir une autorisation de circuler dans la ville de Bujumbura. En conséquence, trop d’engins ont été enregistrés. Ce qui conduit à refaire le recensement 

L’enregistrement des moyens de transport fait par la mairie de Bujumbura entre le 25 et le 29 avril 2022 a été caractérisé par des irrégularités et des tricheries. Cela a été annoncé par Gervais Ndirakobuca, ministre de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique jeudi le 12 avril 2022. C’était lors d’une réunion d’évaluation de la mise en application de la mesure délimitant les zones d’accès pour les tricycles et les deux-roues qu’il a tenue avec les administratifs locaux et les agents de sécurité de cette municipalité. En tout, 1 813 motos, 13 711 vélos et 5 874 vélomoteurs (Jeho Kuki) avaient été enregistrés au cours de ce recensement. 

Par exemple, 718 motos et 2 606 vélos ont été enregistrés dans la commune de Mukaza. Rénovat Sindayihebura, administrateur de la commune Mukaza affirme que le nombre évoqué des engins recensés n’est pas correct. Il admet que seules  218 motos sont dans sa commune. Ces motos sont celles qui font des affaires et promenades, celles qui travaillent avec les sociétés de gardiennage, celles de la Regideso et des sociétés de télécommunication ou de leurs agences qui distribuent des cartes de recharge.

Seuls les vélos utilisés à des fins sportives sont autorisés à se faire enregistrer.

Recensement à refaire !

Comme le recensement a donné un nombre trop élevé d’engins enregistrés et est de ce fait incorrect, le ministre en charge de la sécurité publique a ordonné de refaire le recensement des motos et des vélos assurant le transport non rémunéré en mairie de Bujumbura. Les administratifs locaux doivent organiser d’autres séances de recensement qui sont correctes dépourvues de tricheries et d’irrégularités.

A cet effet, le nouveau recensement des détenteurs de vélos de sport est prévu entre le 19 et 20 mai 2022. La mairie de Bujumbura a communiqué que les enregistrements se dérouleront dans tous les chefs-lieux des zones de cette municipalité à l’exception des zones Rohero et Kanyosha où les propriétaires de vélos se font enregistrer respectivement au Jardin public et au site dénommé « Kwa Sebatutsi ». Les bénéficiaires doivent se munir de leurs bicyclettes et de leurs cartes d’identité.

Quid de l’enregistrement des vélos dans la commune Ntahangwa ?

Dans  l’après-midi du 16 mai 2022, les administratifs de la commune Ntahangwa ont tenu une réunion à l’intention des détenteurs des vélos pour expliquer cette nouvelle approche. Ils ont strictement interdit aux détenteurs de vélos de se faire inscrire, excepté les  vélos destinés à faire le sport.

Donc cet enregistrement concerne uniquement les bicyclettes utilisées à des fins sportives. Et leurs détenteurs doivent préciser l’horaire et l’endroit où ils elles effectuent des exercices physiques. Cette nouvelle approche a découragé beaucoup de personnes qui détiennent des vélos et qui les utilisent pour se déplacer quotidiennement dans la ville de Bujumbura. Après que le ministère en charge de la sécurité publique ait donné le feu vert de les faire enregistrer au mois d’avril, elles espéraient pouvoir circuler librement encore plus sur leurs vélos.

Un prénommé Alexis vivant à Kamenge, mais qui travaille à Buyenzi fait savoir qu’il détient deux deux-roues : une moto « Jeho kuki » et une bicyclette. Il se dit très désolé. Il n’est plus autorisé à aller dans la commune Mukaza à vélo ou à moto. Il a tout conservé à la maison. En conséquence, comme la pénurie des bus est très récurrente dans cette période où le Burundi connait une pénurie de carburant, il est obligé de marcher à pied car il n’a pas d’autres choix. Cela parce que les taxis sont chers. Il ne peut pas se les payer tous les jours.

Pour les tranquilliser, le commissaire de police dans la commune Ntahangwa a demandé aux détenteurs de vélos de garder toujours espoir, peut-être que leur jour viendra. Si les détenteurs des vélos de sport respectent les recommandations formulées, les autres types de vélos pourront avoir eux aussi une autorisation spéciale.

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