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Maison d’arrêt de Ruyigi : Les prisonniers apprennent à voler de leurs propres ailes

Les prisonniers de la maison d’arrêt de Ruyigi vont au-delà de la rééducation et créent leurs propres emplois en investissant par exemple dans la vannerie. Ils estiment qu’à leur réintégration, ils pourront contribuer au le développement des ménages d’origine. Leurs clients  apprécient leurs produits, mais déplorent que leur coût augmente au fur du temps 

Sur la RN13, tronçon Ruyigi-Cankuzo, à quelques mètres du bureau provincial de Ruyigi, s’observe un marché improvisé de produits de la vannerie étalés sur quelques tables installées le long de la route et sur le sol. Les heures d’ouverture de ce marché sont connues, soit de 8 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures.

Postés à l’entrée de la maison d’arrêt juste à côté du bois de chauffage qu’utilise la maison d’arrêt, des hommes en uniformes verts vendent ces produits. Ce sont des prisonniers.

« La prison ne doit en aucun cas nous priver nos talents. En plus d’une nouvelle forme de rééducation à laquelle on nous soumet dans la prison, nous devons apprendre à voler de nos propres ailes. Cela en créant des activités génératrices de revenus », indique D. S, détenu à la maison d’arrêt de Ruyigi.

La vannerie est l’un des métiers pratiqués par les détenus à la maison d’arrêt de Ruyigi.

Une activité qui rapporte

D.S est détenu à la maison d’arrêt de Ruyigi depuis bientôt une année et demie. Il affirme que dès son arrivée à la maison d’arrêt, les détenus apprenaient à se prendre en charge en pratiquant la vannerie.

Les produits fabriqués sont des vans et des corbeilles.

A part qu’il est détenu à la maison d’arrêt de Ruyigi, D.S joue également le rôle de débiteur de bois. Comme il peut facilement sortir de la maison d’arrêt, il en profite pour vendre les produits de la vannerie confectionnés par lui-même et ses collègues.

« A chaque fois que je vends un des produits fabriqués, mes collègues me paient 500 FBu. Cette somme est exorbitante dans les maisons d’arrêt», se réjouit-il avant d’informer que les prix de ces produits varient selon leur taille.

Un gros van coûte 17 mille FBu, soit environ 8,5 USD. Un van moyen coûte 8 mille FBu, soit environ 4 USD. Le prix des corbeilles varie entre 2 mille 500 FBu et 3 mille FBu, soit environ entre 1, 25 USD et 1, 5 USD. Tout cela au taux officiel.

D.S confirme que leurs produits ne manquent pas de marché d’écoulement. Seulement, il déplore le manque de matières premières, surtout l’eragrostis.

D.S témoigne qu’il ne peut pas spolier l’argent obtenus de la vente des produits confectionnés par ses collègues. « La prison, c’est un autre monde. Les détenus vivent en harmonie et en confraternité. On y apprend à vivre en confraternité avec les autres », précise-t-il.

Evangelize Ndayizeye habite dans la commune Gisagara de la province de Cankuzo. Deux vans dans la main, elle informe qu’elle les a achetés à 36 mille FBu.

«J’ai quitté Cankuzo pour venir acheter ces vans à une cinquantaine de kilomètres. Non seulement ce sont des produits d’ornement, mais également on peut s’en servir lors des échanges de cadeaux ou lorsqu’on rend visite à un malade. A Cankuzo, on ne les confectionne pas», fait-elle remarquer.

Mme Ndayizeye indique le prix des produits ci-haut cités a doublé. «Ce ne sont pas seulement les prix des produits de la vannerie qui ont augmenté. Même les prix des produits de première nécessité ont augmenté», martèle Siméon Ntahimpera qui était de passage.

Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation des prix des produits, notamment l’inflation, la loi de l’offre et de la demande…

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