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Malgré une volonté manifeste, le secteur de la construction patauge

Le secteur de la construction est l’un des principaux piliers du développement durable. A l’instar des orientations mondiales sur l’habitat et le développement des villes, le Burundi s’est engagé dans une politique encourageante vis-à-vis du secteur

Le développement des infrastructures est au cœur du développement des pays. Le logement de la population exige des politiques d’aménagement adéquates et dynamiques. Les Nations Unies ont mis un accent sur l’importance de développer les infrastructures en adoptant le Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains (PNUEH) également connu sous le nom d’ONU-Habitat en 1978. Le récent rapport des Nations Unies sur la projection de la population de la planète Terre prévient. Les statisticiens de cette institution estiment cette population à près de 10 milliards d’habitants d’ici 2050.

Le secteur de la construction est l’un des principaux piliers du développement du pays

Cette préoccupation des Nations Unies est partagée par les Etats qui éprouvent le besoin de loger des populations de plus en plus nombreuses. Les pays en voie de développement sont les plus concernés par ce problème de surpopulation. Le développement des villes, des villages modernes et des infrastructures de transport doivent focaliser l’attention. C’est dans cette optique que le Burundi a fait des efforts dans ce domaine. Les politiques nationales de logement mettront en place de grands projets de développement axés sur le logement et le bâtiment public. Le Plan National de Développement du Burundi 2018-2027 et le Plan Directeur « Bujumbura, vision 2045 » sont les deux grands projets incarnant la politique nationale de l’urbanisme et de l’habitat.

D’autres efforts sont consentis par l’Etat. Des faveurs sont  accordées aux importateurs des matériaux de construction. Au niveau de l’administration, le décret du 24 mai 2019 a créé l’Office Burundais de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction (OBUHA) dont les missions principales sont essentiellement axées sur la gestion des espaces et des infrastructures, la planification et l’assainissement du territoire. En marge de tout cela, plusieurs entreprises privées de construction ont été créées ces dernières années.

Des efforts restent nécessaires

Certains facteurs plombent le développement du secteur de la construction malgré la  volonté manifeste de relever les défis. L’action des entreprises de construction est gênée par la volatilité des prix et la pénurie des matériaux de construction qui freinent l’implication des particuliers voulant lancer les travaux de construction. Selon les informations recueillies auprès d’un cadre d’une entreprise de construction, les activités dans ce domaine sont au ralenti depuis plus de trois ans. Il fait pourtant une observation positive pour l’année en cours : « Il y a une certaine augmentation au niveau du lancement des marché, en cours », fait-il remarquer.  Ce professionnel de la construction indique que l’instabilité du marché des matériaux de construction compromet l’activité des entrepreneurs dans ce domaine.

Tout de même, l’instabilité des prix des matériaux de construction observée sur le marché influe négativement  sur le développement des infrastructures, surtout celles des particuliers. D’après les propos d’un ingénieur opérant dans le secteur de la construction, la durée d’exécution des chantiers devient très  difficile à respecter. Techniquement, la prévision du coût d’un bâtiment donné devient de plus en plus hypothétique et le risque de perte va grandissant avec l’instabilité du marché doublé de la pénurie.

Au niveau du constat, les politiques de l’Etat Burundais se sont visiblement  focalisées sur l’amélioration des infrastructures publiques. Le Plan National de Développement 2018-2027 a pris soin de mentionner certaines réalisations. Cette volonté ne se limite pourtant qu’à un certain niveau et les manquements restent notoires. Bien qu’il y ait des progrès, plusieurs infrastructures publiques existantes, routes  comprises, ne sont pas bien entretenues.     

Selon les observations de certains professionnels de la construction, l’échec dans ce secteur dépendrait de plusieurs paramètres. Pour eux, les études mal faites et l’incompétence du personnel constituent dans une certaine mesure les causes des insuffisances observées au niveau des infrastructures publiques.

Un des responsables de la chambre sectorielle des Bâtiments et des Travaux Publics(BTP) mentionne l’insuffisance des frais de fonctionnement de son institution pour mener à bien certaines initiatives. Il se réserve cependant de faire beaucoup de commentaires, mais mentionne le problème récurrent lié à la rareté des devises. Selon lui, l’accès difficile aux devises pour les importateurs rend chers les matériaux de construction qui sont par conséquent importés en petites quantités.   

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