La campagne de 16 jours d’activisme contre les VBG bat son plein. A l’agenda une série de conférences-débats, de séminaires sous forme d’ateliers pour parler de la riposte contre les VBG. L’une des grandes préoccupations de cette campagne est la prise en charge des victimes des VBGs. Pire encore, la pauvreté et le silence complice favorisent la multiplication des VBGs
Depuis 2019, la province de Rumonge s’est doté d’un centre de prise en charge holistique des victimes des violences basées sur le genre. Ce centre a été érigé sur la colline Mutambara en commune de Rumonge à 4 km du centre urbain de Rumonge. Malheureusement, le centre n’a pas encore ouvert ses portes pour offrir des services aux victimes des VBGs.
Les familles dont les membres ont été victimes des VBGs indiquent que ces victimes sont confrontées à de nombreux problèmes liés au manque de centres de prise en charge holistique des victimes des violences sexuelles basées sur le genre.
Le centre construit avec l’appui financier du PNUD est aujourd’hui occupé par le Centre de Développement Familial et Communautaire (CDFC) de la province de Rumonge.
La prise en charge partielle des victimes
Les victimes de ces violences se heurtent au manque d’un centre de prise en charge pouvant leur administrer des soins. Les agents du CICR offre une prise en charge médicale aux victimes des violences sexuelles. Ceux qui nécessitent une prise en charge juridique, une prise en charge psychosociale et autres doivent se déplacer vers le centre de prise en charge des violences sexuelles basé au chef-lieu de la province de Makamba avec toutes les difficultés que cela suppose (ticket de transport, frais de séjour…).
Ces familles demandent au gouvernement de doter ce centre d’un personnel suffisant et compétent. Elles suggèrent également la mise en place des équipements adéquats pour offrir des services de qualité aux victimes des VBGs dont le nombre ne cesse d’augmenter.
Ce centre construit avec l’appui financier du PNUD est aujourd’hui occupé par le Centre de Développement Familial et Communautaire (CDFC) de la province de Rumonge. Ce centre de prise en charge holistique des victimes des VSBGs peut aussi mener des activités de prévention de ces violences en menant des campagnes de sensibilisation de lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre.
Des cas de VBG qui changent de forme
La pauvreté qui sévit dans pas mal de ménages et le silence complice des victimes ou de leurs familles qui n’osent pas briser le silence et dénoncer les auteurs de ces violences favorisent leur multiplication, selon certains activistes des droits de la femme.
Les campagnes de sensibilisation de lutte contre ces violences doivent être multipliées car, pour eux, il y a eu un certain relâchement au niveau de la lutte contre ces violences.
Ces sensibilisations viseraient en premier lieu les autorités administratives à la base, l’appareil judiciaire et les leaders communautaires afin de mettre en place une synergie d’action pour venir à bout de ces violences qui changent de forme avec le temps, indiquent ces activistes des droits de la femme.
Silas Nduwimana, coordonnateur du CDFC-Rumonge a néanmoins indiqué que ces violences changent de forme avec le temps. Il a indiqué que les violences économiques et l’abandon des familles sont monnaie courante dans les milieux urbains et semi-urbains. Il cite notamment le fait de verser de l’eau chaude sur son conjoint ou sa conjointe s’observe surtout dans les milieux ruraux. Il rassure que ces violences ont une tendance baissière grâce à des campagnes de sensibilisation et à la répression des auteurs de ces actes.
Le règlement à l’amiable, une pratique à bannir
Les activistes des droits de la femme interrogées déplorent l’attitude de certaines autorités administratives à la base qui encouragent le règlement à l’amiable en cas de viol au lieu de traduire les auteurs devant la justice. Ces activistes des droits de la femme indiquent que le viol est une infraction pénale et qu’en aucun cas, le règlement à l’amiable ne doit être appliqué.
Les officiers de policiers et les officiers du ministère public doivent se saisir des cas de viol et ne pas attendre qu’il y ait plainte, indiquent les mêmes sources. Ils indiquent que les provinces transfrontalières doivent être appuyées dans la lutte contre ces violences sexuelles basées sur le genre. N.A, une victime des violences sexuelles basées sur le genre demande à la communauté de se mobiliser pour combattre ces violences. Elle considère les VBG comme un fléau parmi tant d’autres. Et de conclure par cet adage français « Qui peut, et n’empêche, pèche ».
Silas Nduwimana, coordonnateur du CDFC-Rumonge tranquillise les victimes des violences sexuelles basées sur le genre qu’à partir de l’année prochaine, elles pourront avoir accès à une prise en charge holistique: prise en charge médicale, juridique et psychosociale. Ce centre sera équipé en matériel et un personnel suffisant et compétent y sera affecté.