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Médicaments non utilisés dans les ménages : Une menace sur la santé humaine et l’environnement

La mauvaise gestion des médicaments non utilisés dans les ménages constitue un danger pour la santé humaine et environnementale. Pour remédier à cette situation, l’Association Burundaise des Consommateurs -Transparency International Burundi (ABUCO-TI Burundi) demande qu’il y ait une politique claire de gestion de ces médicaments

L’ABUCO-TI Burundi a animé une conférence de presse jeudi le 19 septembre 2019 sur la problématique de la gestion des médicaments non utilisés dans les ménages (MNU). A cette occasion, Pierre Nduwayo, président de cette association a indiqué que les reliquats des médicaments conservés dans les ménages constituent un danger pour la santé humaine et sur l’environnement. Ils sont à l’origine de l’automédication ou de l’utilisation des médicaments périmés. Selon Nduwayo, le jet des rejets médicamenteux dans la nature, dans les eaux courantes ou usées, dans le sol, dans le feu ou dans les ordures ménagères ont des conséquences néfastes sur l’environnement.

Pierre Nduwayo, président de l’ABUCO-TI Burundi : « Je m’inquiète du fait qu’il a été constaté que la collecte et la destruction des médicaments non utilisés dans les ménages ont été oubliées »

La gestion des médicaments non utilisés dans les ménages négligée

Une étude réalisée par l’ABUCO-TI Burundi en 2018 a montré que seuls les médicaments périmés ou abimés provenant des structures pharmaceutiques structurées sont périodiquement collectés et détruits par des services publics habilités. Cependant, Nduwayo s’inquiète du fait qu’il a été constaté que la collecte et la destruction des médicaments non utilisés dans les ménages ont été oubliées. Pire encore, il n’existe pas de données chiffrées sur les quantités des médicaments non utilisés dans les ménages, ni de politique de leur gestion, ni de programme de collecte de ces médicaments. Il n’y a pas non plus d’information sur leur devenir et leur réutilisation Aucune étude à l’échelle nationale sur la qualité et le coût des médicaments non utilisés n’a été réalisée.

L’origine de cette situation

Nduwayo fait savoir qu’il s’observe une attitude irresponsable des consommateurs qui jettent les médicaments non utilisés dans les poubelles ou les toilettes. En raison de l’élimination inadéquate de ces médicaments, on retrouve leurs traces dans la nature, soit dans le sol ou dans l’eau. Il ajoute que les concentrations de ces médicaments sont peut-être très faibles, mais qu’elles suffisent pour créer des effets néfastes sur l’environnement et la santé humaine.

Les médicaments non utilisés dans les ménages constituent une ménace pour la santé humaine et l’environnement.

Selon Serges Harindogo, pharmacien de la place, les médicaments non utilisés peuvent être à l’origine de beaucoup de choses. Il s’agit de l’absorption des médicaments non prescrits, des produits dégradés et de l’automédication. Il évoque également le risque d’indications inappropriées, le non respect des contre-indications et l’erreur dans la posologie. D’après lui, le médicament est largement banalisé. Actuellement, Il est devenu un produit comme les autres, qui permet de régler rapidement les problèmes liés à la vie comme le stress, les maux de tête, le mal de dos, les mycoses, les gastrites, la fièvre, etc.

Pistes de solutions

Pour limiter les dégâts liés à la gestion des médicaments non utilisés, Pierre Nduwayo demande au gouvernement de prendre la question des médicaments non utilisés en mains. Cela en aménageant un lieu de collecte et de destruction de ces médicaments préservant la santé humaine et l’environnement. Il suggère aussi la validation d’un guide de gestion des médicaments non utilisés. Il demande aux pharmaciens de donner des conseils aux patients sur l’importance de respecter la posologie et d’aller jusqu’au bout du traitement. De plus, attirer leur attention sur les dangers de l’automédication est une nécessité. Il invite les patients à ramener les médicaments non utilisés dans les pharmacies pour une destruction saine. Il conseille aussi les patients à respecter les prescriptions du médecin et les conseils du pharmacien, à se débarrasser des restes des médicaments non utilisés par des voies appropriées.

L’ABUCO-TI Burundi demande aux fabricants de participer à la gestion des médicaments non utilisés.

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