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Les médicaments périmés, du poison à se débarrasser

Les médicaments sont en quelque sorte des couteaux à double tranchants. Ils peuvent être curatifs et en même temps du poison. Périmés ou non, ils doivent être gérés avec précaution tant dans les ménages que dans les pharmacies. Les spécialistes en la matière déconseillent de les jeter dans les poubelles ou de les garder à la maison quand nous ne les utilisons plus. Qu’est-ce que nous sommes censés en faire alors ?

Nous avons souvent des médicaments que nous n’utilisons plus, mais qui restent quand même dans nos armoires. Nous les gardons pendant une année voire plus dans l’espoir de les réutiliser quand nous en aurons besoin mais, entretemps, leur durée d’utilisation expire. Souvent quand nous le remarquons, le premier réflexe est de les jeter dans les poubelles ou simplement de les garder à la maison même quand nous ne les utiliserons plus. Pourtant, il est strictement interdit de jeter les médicaments qu’ils soient périmés ou non dans les poubelles.

Il ne faut pas garder à la maison les médicaments périmés afin d’éviter l’accumulation qui peut entraîner par la suite des erreurs médicamenteuses ou des intoxications s’il y a des enfants dans la famille.

Pourquoi ne pas jeter les médicaments périmés dans les poubelles ?

En jetant les médicaments périmés dans une poubelle ou dans les toilettes, ils risquent de se perdre dans l’environnement et de polluer les ressources naturelles.

« Les médicaments jetés dans les poubelles nuisent à la santé humaine ou animale. Leur composition chimique ne peut pas passer sans effets sur leur environnement. Pire encore, ils polluent le sol et la nappe phréatique s’ils ne sont pas détruits suivant les normes de destruction des produits pharmaceutiques », fait savoir Dr François Bayubahe, docteur en pharmacie et enseignant au département de chimie à l’Université du Burundi.

Garder à la maison les médicaments que nous n’utilisons plus n’est pas non plus une bonne idée. Selon Magalie le Bihan, pharmacienne et journaliste médicale, il ne faut pas non plus les garder à la maison afin d’éviter l’accumulation qui peut entraîner par la suite des erreurs médicamenteuses ou des intoxications s’il y a des enfants dans la famille. Très régulièrement, les enfants développent de graves intoxications à cause des médicaments qui sont à leur portée.

En effet, les produits pharmaceutiques contiennent des principes actifs susceptibles de contaminer durablement leur environnement.

Que faire alors ?

Selon Dr François Bayubahe, la population burundaise que ce soit en milieu urbain ou en milieu rural devrait intégrer une habitude de retourner les médicaments restants à la fin du traitement ou les médicaments périmés chez le pharmacien. Cela éviterait toute sorte de dégâts pouvant être causés par la gestion inappropriée des produits pharmaceutiques dans les ménages.

Les pharmaciens, quant à eux, ont le devoir de rappeler aux patients de ramener dans les pharmacies les médicaments non utilisés ou périmés, mais aussi de les collecter et de les préparer à la destruction.

La destruction des médicaments périmés est financée à 100% par le responsable de la pharmacie. Ils sont acheminés à Bugarama où ils sont brûlés ou enfouis selon leur nature. Cette opération est guidée entre autres par les agents du ministère ayant la santé dans ses attributions et les agents de sécurité.

Les activistes de la protection de l’environnement demandent au gouvernement de trouver un autre moyen plus sécurisé de les détruire sans toutefois exposer l’environnement et la population avoisinante.

Quels sont les médicaments à remettre aux pharmacies ?

Les médicaments périmés ne sont pas uniquement ceux qui ont atteint leurs dates de péremption.

Selon Dr François Bayubahe, la date de péremption indiquée sur le médicament varie si et seulement si les conditions de conservation de ce médicament sont respectées. C’est-à-dire que le médicament peut devenir invalide avant même la date de péremption indiquée sur le carton si les exigences de conservation du médicament ne sont pas respectées. Ce qui inclut les médicaments mal conservés dans les médicaments à remettre aux pharmaciens.

Toutes les instructions concernant le médicament sont souvent mentionnées sur le carton ou la notice se trouvant à l’intérieur de celui-ci. Malheureusement, combien de Burundais consultent-ils les notices avant l’usage du médicament ? Parfois écrites en Anglais, des fois en Français, ou dans d’autres langues, selon la provenance du médicament, les notices ne sont pas souvent consultées. Cette ignorance pousse beaucoup de personnes à consommer les médicaments d’une façon inappropriée.

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