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Les membres de la diaspora appelés à investir dans le secteur agricole

L’augmentation de la production agricole, l’intensification de l’agriculture, la sécurité alimentaire, la diversification des cultures, l’exportation du surplus sont les objectifs prioritaires du gouvernement dans le secteur agricole. Au moment où les consultances dans les projets agricoles sont bénéficiées souvent par des experts étrangers, le ministre en charge de l’agriculture demande aux experts membres de la diaspora burundaise de s’impliquer davantage dans le secteur agricole 

Au Burundi, le secteur agricole occupe 93% de la population active. Elle fournit 95% de l’offre alimentaire, 90% des emplois et plus de 90% des recettes en devises, selon le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage.

Un no man’s land entre les experts Burundais vivant à l’étranger et le pays

Dans le cadre de la Semaine de la Diaspora qui s’est tenue du 27 au 29 juillet 2021, Dr Ir Déo-Guide Rurema, ministre en charge de l’agriculture et de l’élevage a échangé avec les Burundais vivant à l’étranger.  Le ministre de l’Agriculture reconnait qu’il existe une déconnexion entre le Burundi et les experts Burundais vivant à l’étranger dans plusieurs domaines dont l’agriculture.  Selon lui, la plupart des consultances dans les projets agricoles sont attribuées aux étrangers. « A l’heure où nous sommes, nous voulons travailler avec les experts Burundais. Il est impossible que les experts étrangers qui ne connaissent même pas les provinces du Burundi viennent réaliser les expertises », explique Rurema.

Le ministre en charge de l’agriculture demande aux experts membres de la diaspora burundaise de s’impliquer davantage dans le secteur agricole.

Par exemple, Dr Ir Rurema informe que le ministère a besoin des experts en irrigation. «Nous avons un projet que nous allons développer dans six provinces, mais nous faisons face au manque d’experts en irrigation collinaire. Nous allons faire recours aux experts étrangers. Si parmi vous, il y a des experts en irrigation, nous allons vous donner des consultances. Engagez-vous», leur a demandé le ministre de l’Agriculture.

Il leur a rappelé de toujours s’informer auprès du ministère pour une bonne collaboration.   Des Burundais de la diaspora ont insisté sur la mise en place d’un cadre d’échange habituelle entre le gouvernement et les Burundais vivant à l’étranger. Ils ont proposé des réunions de consultations via toutes les ambassades du Burundi à l’étranger.

Un DOPEAE élaboré

Pour une agriculture modernisée en vue de soutenir l’économie, Déo Guide Rurema a précisé que le gouvernement a mis l’environnement, l’agriculture et l’élevage parmi les secteurs prioritaires en initiant plusieurs projets et programmes.

Un Document d’Orientation de la Politique de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage 2020-2027 a été élaboré dans le cadre de développer ce secteur. « Nous avons constaté que les projets agricoles mis en œuvre par différents acteurs sont des copier-coller ». Le ministre Rurema précise que le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a mis en avant sur la formulation des projets réalistes tenant compte de la réalité avec quelques innovations.

Selon lui, des centres de rayonnement agricole, des centres naisseurs, des centres communaux d’agriculture et d’élevage vont être mis en place.  Dr Ir Déo Guide Rurema précise que la vision de cette nouvelle stratégie est de « construire un Burundi respectueux de l’environnement où chaque individu a suffisamment à manger en mettant l’agriculture et l’élevage dans la main d’une classe moyenne capable de cultiver d’une manière performante sur des terres bien dégagées, protégées contre l’érosion et bien amendées ». Il s’agit ici de développer l’élevage à travers les centres naisseurs, de moderniser l’agriculture par le développement des cultures en serres et de faire un encadrement rapproché des coopératives d’agri-éleveurs ainsi que de disponibiliser des semences de qualité en temps réel.

Des bureaux pour les agronomes

Selon le ministre Rurema, des centres d’agriculture et d’élevage seront érigés dans chaque commune du pays. « Comme les enseignants vont à l’école, les infirmières aux centres de santé, il sera de même pour les agronomes et les vétérinaires. Ils auront des bureaux dans chaque commune du pays pour être disponibles en temps réel.

Le ministre Rurema fait savoir que dans ce DOPEAE, il y a l’introduction de 5 nouvelles cultures d’exportation dont le stevia et le macadamia.

Signalons que dans le budget de l’Etat 2021-2022, le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage est doté d’un montant de 136 milliards de FBu.

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