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MERANKABANDI change la vie des plus vulnérables au Burundi

Le Projet d’Appui aux Filets Sociaux Productifs et Emplois « MERANKABANDI » Cash For Jobs a organisé le 27 juin 2025 un atelier d’information des journalistes et un Café de presse pour les informer sur ses activités, ses résultats et ses défis afin d’obtenir leur appui à la réalisation de ses objectifs. L’activité s’est déroulée à Gitega en présence d’une trentaine de journalistes et de quelques bénéficiaires. Ceux-ci ont indiqué que leur vie s’est totalement métamorphosée. Des ménages naguère sans toit, sans autre ressource ni espoir reconstruisent aujourd’hui progressivement leur avenir.

Michel Nyabenda, coordonnateur de Merankabandi, explique que l’objectif du projet est d’aider les ménages vulnérables à faire face à la pauvreté et aux chocs qui peuvent potentiellement survenir dans leurs vies.

 

Cela étant, le Projet MERANKABANDI est le fruit d’une réflexion du gouvernement du Burundi en collaboration avec la Banque Mondiale sur la manière de venir en aide aux plus vulnérables. Entre 2017 et 2022, une première phase pilote a été menée dans quatre provinces du pays à savoir Gitega, Karusi, Kirundo et Ruyigi. Les résultats de la mise en œuvre de cette première phase ont surpris même les plus sceptiques. Des familles entières ont vu leur quotidien se transformer. Des enfants sont retournés à l’école, des femmes ont lancé de petites activités génératrices de revenus et des hommes, autrefois sans travail, ont retrouvé leur place dans la communauté.

Face à ce succès, la décision a été prise d’élargir le projet à l’ensemble du pays. En avril 2022, MERANKABANDI II était officiellement lancé avec un financement de 150 millions de dollars américains, accordé par le groupe de la Banque Mondiale. Le projet devait se terminer au début en 2026, mais une rallonge budgétaire a permis de le prolonger jusqu’à fin 2027.

Aider les gens à se relever dignement

L’idée derrière MERANKABANDi est simple, mais ambitieuse : offrir une aide financière directe aux ménages les plus vulnérables, tout en les accompagnant pour qu’ils puissent, un jour, ne plus avoir besoin d’aide. Le projet repose sur une double approche. D’un côté, il y a les transferts monétaires réguliers et prévisibles, versés à des familles en situation de grande précarité. De l’autre, il y a les mesures d’accompagnement : des formations, des conseils, un suivi personnalisé pour que les bénéficiaires sachent comment investir, épargner, se soigner, scolariser leurs enfants et planifier l’avenir.

MERANKABANDI intervient également dans les situations d’urgence : lorsque des inondations, des glissements de terrain ou des sécheresses frappent une région, le projet active une aide rapide. C’est notamment ce qui s’est produit ces derniers mois dans les provinces riveraines du lac Tanganyika, durement touchées par les effets de la montée des eaux.

Une couverture nationale impressionnante

Aujourd’hui, MERANKABANDI est actif dans les 18 provinces du pays. Il couvre plus de 2600 collines et quartiers, y compris les cinq camps de réfugiés congolais.  250 000 ménages bénéficient directement ou indirectement du projet. Certains reçoivent un appui à cause de leur extrême pauvreté. D’autres ont été touchés par des catastrophes naturelles ou par l’insécurité alimentaire. Enfin, 20 000 ménages composés de réfugiés et de membres des communautés d’accueil sont également pris en charge.

Mais comment sélectionner ceux qui ont réellement besoin d’une aide ? C’est là que MERANKABANDI innove. La sélection se fait de manière participative. D’abord, des réunions d’information sont organisées au niveau local. Ensuite, des listes provisoires sont affichées publiquement. Toute personne peut formuler un recours si elle s’estime avoir été injustement exclue. Ce n’est qu’après la validation par la communauté que les bénéficiaires sont enregistrés. Ce processus transparent renforce la confiance et réduit les risques de favoritisme.

Francine Ntakarutimana (au milieu), habitant dans la ville de Gitega est devenue une couturière complète grâce à l’appui du projet Merankabandi. Aujourd’hui, elle gagne sa vie dignement et ne compte plus sur personne.

 

Derrière les chiffres, des visages et des voix

Lors de l’atelier de Gitega, plusieurs bénéficiaires ont partagé leur histoire. Et ces récits, simples mais bouleversants, rappellent que les politiques publiques prennent tout leur sens lorsqu’elles touchent concrètement les gens.

Salvator Bibonimana, par exemple, est un homme résidant sur la colline Muremera de la commune Giheta en province de Gitega. A cause d’une extrême pauvreté qui le frappait, il avait abandonné sa famille pendant sept longues années. Son épouse et ses enfants, restés seuls, vivaient dans l’angoisse et la précarité. Lorsqu’il est revenu il y a deux ans, il a retrouvé la même misère qu’il avait fuie. Puis il a eu la chance d’être intégré dans le projet MERANKABANDI.  Grâce aux transferts monétaires, lui et sa femme ont pu rénover leur maison et relancer une activité agricole. Aujourd’hui, ils vivent dans une maison décente, cultivent leurs champs ensemble. Ils ont retrouvé leur place dans la société. M. Bibonimana s’exprime avec dignité, la tête haute, fier du chemin parcouru.

Francine Ntakarutimana, elle, réside à Shatanya IV, un quartier de la ville de Gitega. « Avant MERANKABANDI, je faisais le ménage chez les autres pour un maigre salaire. J’avais appris la couture mais n’avais jamais pu acheter ma propre machine à coudre. Lorsque j’ai intégré le projet, j’ai d’abord investi dans un petit élevage de porcs. Une fois les porcelets vendus, j’ai enfin pu acheter une machine à coudre à 350 000 BIF », indique-t-elle. Aujourd’hui, elle confectionne des vêtements pour toute la communauté : femmes, hommes, enfants. Son activité prospère, son foyer est stable et elle ne dépend plus de personne.

Autre témoignage : Claudine Nyandwi et son mari vivaient auparavant dans une maison prêtée par un bienfaiteur. Ils n’avaient ni terre, ni toit. Grâce aux transferts monétaires reçus, ils ont pu acheter une parcelle et construire leur propre maison. Mieux encore, ils ont lancé un petit élevage de porcs, chèvres et volailles. Leur vie a changé, dit-elle, et elle espère que d’autres familles pourront elles aussi bénéficier du projet.

Claudine Nyandwi et son mari ont pu construire une maison d’habitation décente grâce à l’intervention de Merankabandi.

 

Un projet en mouvement, qui s’adapte et évolue

MERANKABANDi n’est pas un programme figé. Il évolue en fonction des contextes, des urgences, des besoins. Dans certaines provinces, les bénéficiaires ont déjà reçu les douze transferts monétaires prévus ainsi que toutes les formations d’accompagnement. D’autres ménages, intégrés au projet plus récemment, n’en sont qu’au deuxième ou troisième versement. Dans tous les cas, le projet avance, étape par étape, avec la volonté de bien faire les choses.

Les responsables du projet MERANKABANDi, dont le coordonnateur Michel Nyabenda, insistent sur la rigueur et le professionnalisme qui guident chaque phase. Pour les nouveaux bénéficiaires, des mesures d’accompagnement sont en préparation avec le concours d’organisations locales qui seront bientôt mobilisées. « Parallèlement, des transferts d’urgence continuent d’être effectués dans les zones sinistrées. A Kirundo et Muyinga frappées par la sécheresse, près de 50 000 ménages ont été appuyés. Le même appui a été apporté aux familles victimes de la montée des eaux du lac Tanganyika et des glissements de terrain dans les provinces du Sud et de l’Ouest du Burundi », précise M. Nyabenda.

Une promesse de transformation durable

Ce qui rend MERANKABANDI unique, c’est sa capacité à combiner l’urgence et le long terme. Le projet ne se limite pas à donner de l’argent. Il cherche à redonner confiance, à restaurer la dignité et à ouvrir des perspectives. Il transforme des destins brisés en histoires de résilience. Il agit sur le court terme pour soulager, et sur le long terme pour autonomiser.

Au-delà de l’argent, les bénéficiaires reçoivent un accompagnement humain. On leur parle de santé, d’éducation, de gestion des finances, de planification familiale. On les encourage à réfléchir sur leur avenir. On les forme, on les écoute, on les suit. C’est ce mélange entre soutien financier et encadrement social qui fait la force du projet.

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