Le « Projet d’Appui aux filets sociaux productifs et emplois Merankabandi II – Cash for Jobs » est aujourd’hui perçu par ses bénéficiaires de la province de Burunga comme une source de dignité au sein des foyers. L’essor économique des ménages, l’harmonie restaurée au sein des couples et l’amélioration de l’éducation des enfants sont autant de gains que cette population attribue au projet. Les administratifs à la base appellent d’ailleurs les bénéficiaires à toujours mettre en pratique les enseignements dispensés par le programme pour bâtir une société prospère.
La journée « Hinduringendo » organisées par le consortium CARE International, TWITEZIMBERE, AVEDEC et COCAFEM/GL.
« Merankabandi nous a rendu notre dignité et nous a donné la parole au sein de nos foyers. » C’est ainsi que les bénéficiaires des communes de Makamba et Rumonge décrivent l’impact de ce projet. Ces propos ont été recueillis lors des cérémonies marquant la journée « Hinduringendo » organisées par le consortium CARE International, TWITEZIMBERE, AVEDEC et COCAFEM/GL, des organisations chargées de la mise en œuvre des Mesures d’accompagnement du projet Merankabandi pour le développement du Capital Humain et l’Inclusion productive. Cette journée qui a été célébrée les 30 et 31 mars 2026 dans le cadre de la Journée internationale de la femme avait pour thème : « Le rôle de la femme dans la promotion des droits et de la justice pour tous »
Lors de ces cérémonies, de nombreux bénéficiaires de ce projet ont exprimé la joie que leur procure ce programme. A travers des témoignages, des sketches et des danses, ils ont démontré comment leur vie a été transformée, que ce soit au niveau de l’essor économique des familles, du renforcement du dialogue conjugal, de l’alimentation et l’éducation des enfants ou de l’amélioration de la santé et l’hygiène. Ces valeurs s’inscrivent parfaitement dans les objectifs du projet qui sont d’assurer la cohésion sociale, l’inclusion économique et la protection sociale des ménages vulnérables.
La femme, pilier du développement
Le projet Merankabandi accorde une place prépondérante à la femme dans le ménage. Avec raison car « La femme est le pilier de la famille et lorsqu’elle est appuyée financièrement, le développement de son ménage est facilité », a expliqué Cyriaque Horugavye ; Responsable du Secteur (ancienne province) Rumonge au sein du projet Merankabandi. Ce projet soutient principalement les femmes vulnérables en leur octroyant des transferts monétaires inconditionnels de 72 000 FBu tous les deux mois pendant 24 mois via leurs téléphones mobiles également octroyés par Merankabandi. « L’objectif ultime est que les ménages autrefois démunis deviennent des créateurs d’emplois et des contribuables qui paient des impôts », souligne Cyriaque Horugavye.
Jeannette Harerimana, une bénéficiaire originaire de Muyinga résidant à Kayogoro raconte qu’avant de recevoir le soutien de ce programme, elle et ses huit enfants vivaient dans une pauvreté extrême. Sans propriété foncière, cette mère célibataire était obligée de louer des champs pour cultiver, une tâche rendue difficile par sa précarité. Elle n’avait d’ailleurs pas pu scolariser aucun enfant. Bénéficiaire de Merankabandi depuis seulement une année, elle affirme que tout a déjà changé : désormais, quatre parmi ses enfants sont scolarisés. L’argent reçu dans le cadre de ce projet l’aide à louer davantage de terres, et la récolte lui permet de nourrir sa famille tout en vendant le surplus pour se développer. « C’est la première fois que je parviens à récolter deux cents kilos de maïs. Avant, je n’achetais l’engrais chimique qu’au kilo par manque de moyens mais, aujourd’hui, je paie l’avance comme les autres et on me livre un sac entier », se réjouit-elle. Ses champs étant parfois éloignés de son domicile, ce qui compliquait le déplacement de sa récolte. Grâce à Merankabandi, elle a également pu s’acheter un vélo pour transporter ses récoltes. Quant à la pérennisation de ces acquis, Mme Harerimana est confiante. Elle a appris grâce au projet à investir sur le long terme. « Retourner dans la précarité ? cela jamais », dit-elle avec assurance.
Jeannette Harerimana, « Retourner dans la précarité ? cela jamais ».
Des enseignements qui valent de l’or
Merankabandi ne se contente pas seulement d’octroyer des fonds à ses bénéficiaires. Il enseigne également la bonne gestion financière pour que l’argent soit une source d’harmonie et non de malentendus. Un couple bénéficiaire de Merankabandi résidant à Rumonge a témoigné que l’argent reçu avait au départ causé des malentendus au sein de leur couple. Après avoir bénéficié de cet argent, la femme a commencé à maltraiter son mari et à lui refuser l’accès à ces fonds. Les agents communautaires de Merankabandi ont toutefois réussi à les réconcilier. Aujourd’hui, ils gèrent cet argent de concert et assurent un développement constant de leur foyer.
Genevella Toyi de la commune Makamba admet également que l’entente régnant entre elle et son époux est le fruit des enseignements qu’elle doit à Merankabandi. Cela est confirmé par son mari Chadrack Ntirampeba qui affirme qu’ils ont franchi une étape visible dans leur développement depuis qu’ils ont appris à prendre des décisions concertées. Il explique qu’en tant que mari et père de famille, ces enseignements l’ont rapproché de sa famille et lui ont permis de s’impliquer davantage dans l’éducation de ses enfants.
Genevella Toyi : « l’entente régnant entre moi et mon époux est le fruit des enseignements que je dois à Merankabandi ».
Une fierté communautaire
Les représentants de l’administration, tant à Makamba qu’à Rumonge, ont félicité le programme pour son aide concrète au développement du pays et de leurs communes. Ils ont profité de l’occasion pour lancer un appel aux bénéficiaires afin qu’ils évitent de gaspiller l’argent reçu. Ils les ont exhortés à toujours mettre en pratique les enseignements dispensés par Merankabandi pour bâtir une société prospère.
Rappelons que le « Projet d’Appui aux filets sociaux productifs et emplois Merankabandi II – Cash for Jobs » est un programme du Gouvernement du Burundi financé par la Banque Mondiale. Il opère dans toutes les provinces et sur toutes les collines du pays, soutenant les ménages vulnérables par des transferts monétaires et des mesures d’accompagnement (pour le changement positif de comportement et l’autonomisation des ménages).