La réouverture de la frontière burundo-congolaise a dévoilé l’existence d’un grand nombre de Burundais qui étaient détenus en RDC. Parmi eux, des migrants économiques et des traders dont la seule charge était le défaut ou l’expiration des documents de voyage. Des burundais seraient toujours sous les verrous au pays de Tshisekedi
Plusieurs Burundais ont été emprisonnés dans des cachots en RDC pendant la période qu’a duré la fermeture de la frontière suite à la pandémie de Covid-19. Ces Burundais auraient été détenus dans des mauvaises conditions. « Certains sont sur le point de mourir et méritent une certaine assistance avant qu’ils ne soient remis à leurs familles d’origine », explique notre source qui dénonce un traitement inhumain, cruel et dégradant. Selon nos sources, plus de 200 Burundais qui étaient détenus en RDC avaient déjà été remis au gouvernement burundais jusqu’au 21 juin 2021 avant d’être conduits dans un centre d’accueil dans la commune Kiremba de la province Ngozi. Après la remise de ces personnes au gouvernement du Burundi à la frontière, ces dernières transitent par la brigade de Gatumba avant d’être conduites dans un centre d’accueil.
Certains migrants économiques Burundais sans-papiers seraient détenus en RDC dans des conditions inhumaines et dégradantes.
Les officiels confirment ces informations.
Interrogé sur les relations entre le Burundi et la RDC en ce qui concerne la mobilité des biens et des personnes, OPC1 Pierre Nkurikiye, porte-parole du ministère en charge de la sécurité publique donne sa version. « Les Burundais qui veulent entrer en RDC y vont et les Congolais qui veulent entrer au Burundi sont toujours les bienvenus », indique-t-il.
Cependant, cet officiel ne dément pas ces faits. Selon Nkurikiye, notre pays a déjà accueilli plus d’une cinquantaine de Burundais rentrant de la RDC qui ont transité par un centre d’accueil. « C’est vrai. Il y a des Burundais qui sont rentrés étant dans un mauvais état », reconnait-il. Pour lui, le Burundi accueille ses citoyens et mène ses propres enquêtes tandis que la RDC a sa propre façon de traiter ce genre de dossier.
Plus de 180 Burundais seraient toujours détenus à Uvira
Selon des sources concordantes, dans ce territoire de la RDC frontalier du Burundi, plus de 180 Burundais seraient toujours détenus à la prison centrale de Mulunge à Uvira, un territoire du Sud Kivu situé à moins de 15 km de la frontière burundo-congolaise.
Les charges divergent selon les causes de l’arrestation. Alors que certains de ces prisonniers seraient accusés de vol à mains armées, d’autres sont de simples sans-papiers. Ce dernier groupe serait composé de migrants économiques. Des motards, des travailleurs saisonniers, des serveurs de cabaret et de restaurant…Parmi ceux-ci, des victimes de la fermeture de la frontière imposée par la Covid-19 les ayant condamnés à rester en RDC jusqu’à la fin du délai de leur séjour dans ce pays.
Selon les mêmes sources, ces Burundais en détresse son détenus dans des conditions inhumaines et n’ont pas d’assistance. Cependant, certaines sociétés civiles congolaises auraient entrepris des démarches de plaidoirie pour obtenir des autorités congolaises la remise de ces prisonniers à Gitega.
Les autorités appellent les voyageurs à la prudence
Jointe au téléphone, Inès Sonia Niyubahwe, porte-parole du ministère en charge des relations extérieures n’a pas manqué de réagir. Elle déplore le fait que des Burundais se rendent à l’étranger sans documents. Pour elle, c’est incompréhensible que ces gens voyagent sans documents alors qu’il existe des papiers de voyage moins chers. « Le laisser-passer et la carte CEPGL sont des documents moins chers », lâche-t-elle avant de souligner qu’on ne peut pas encourager cette habitude. Que des Burundais migrants économiques résidant à l’étranger sans papiers soient parfois arrêtés, cela ne l’étonne pas. « A part le cas de la RDC, les Burundais sans papiers se font aussi arrêter en Tanzanie ou en Zambie pour raison de sécurité », explique Mme Niyubahwe.
En effet, le gouvernement est préoccupé par la sécurité des Burundais dans les pays voisins. « Dans le but de protéger les Burundais résidant dans les pays limitrophes, l’Etat a mis en place, via le ministère concerné, un département chargé de ces questions », tranquillise Mme Niyubahwe. Selon cette officielle, le Burundi travaille sur des accords qu’il proposera pour signature aux pays africains dans lesquels voyagent les Burundais.