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Le métier de conducteur de gros camions truffé d’embûches

Les conducteurs des gros camions qui transportent les marchandises sont classés parmi les personnes exerçant les métiers les plus durs. Burundi Eco a rencontré l’un de ces férus de la route pour percer les méandres de cette carrière

En véritables combattants, ces gens s’engagent chaque jour dans une aventure risquée pour gagner leur pain. Les mauvaises et dangereuses routes, les intempéries, la traversée des zones qui ne sont peuplées que par des animaux et les angoisses des accidents mortels auxquels ils sont quotidiennement exposés,….sont les uns des redoutables  dangers auxquels doivent s’habituer ces professionnels du volant. Ils passent beaucoup de jours dans les rues à conduire du matin au soir. Leur objectif : arriver à destination à temps. Quand bien même ils sont accueillis dans leurs familles, ils attendent toujours un signe du patron qui peut les remettre au travail à tout moment. Ils sont toujours prêts à reprendre la route. « Nous gardons toujours nos affaires bien rangées et, quand nous sommes appelés, pas question de passer à la maison. Ma femme l’a bien compris.», explique Eric Nyandwi, un de ces gens qui fait des milliers de kilomètres chaque semaine.

Les conducteurs de gros camions passent beaucoup de jours dans les rues à conduire du matin au soir.

De la persévérance à la perfection

Nyandwi est un vrai passionné du volant. Ce jeune homme diplômé de l’université dans la faculté de Droit s’est consacré au métier de conducteur depuis son entrée à l’université il y a 6 ans. De taxi-moto à taxi-voiture, puis de taxi-voiture à conducteur de bus à six pneus, il se félicite d’avoir suffisamment travaillé pour maîtriser un métier dont il affirme tirer de quoi faire vivre sa famille. Il ne se plaint pas. Pour lui, il gagne plus que la plupart des fonctionnaires.

Selon lui, on n’est pas obligé d’exercer dans le domaine de ses études. Le bon vieux temps est révolu. Devant le chômage pressenti comme un gros défi pour les jeunes en particulier et pour le pays en général, cet homme que les études avaient prédestiné à la toge finira par devenir chauffeur de carrière. « Dans la vie, il faut percer par là où c’est possible. L’essentiel c’est de faire ce qu’on aime », indique-t-il tout souriant.

Les voyages au quotidien martyrisent les familles

Un tel métier qui contraint le travailleur à être rarement à la maison nous amène à s’interroger sur les relations entre un chauffeur et sa famille. Curieux de savoir comment la femme de Nyandwi apprécie le métier de son mari, nous avons cherché à la rencontrer.

C’était au-delà de 17 heures quand nous sommes arrivés chez ce couple de jeunes mariés depuis moins d’une année. Fraîchement rentrée de son boulot, la femme se repose au salon auprès de son mari qui regarde la télévision. Le couple semble évoluer paisiblement. Quand il n’est pas parti en mission à l’extérieur du pays, le jeune chauffeur se plait à se reposer à la maison. Ce qui plait particulièrement à sa femme. Avec la crise liée au coronavirus, les voyages ne sont plus nombreux. Ce qui est mal apprécié par les chauffeurs internationaux qui sont payés par tour.

Pour cette femme d’un passionné de la route, la question de fidélité ne mérite même pas d’être posée. Elle a confiance en son homme. Elle travaille dans la même entreprise que son mari. Elle indique que son mari ne passe pas assez de jours à la maison. La femme fait savoir qu’elle n’apprécie pas le métier de son mari qui peut passer plus de deux semaines en dehors de la famille. Pour elle, s’inquiéter pour un homme qui passe presque tout le temps dans des voyages est compréhensible. « Bien sûr qu’il y a des familles de chauffeurs qui connaissent des difficultés liées à l’infidélité. Moi, je m’inquiète surtout pour sa sécurité », balance-t-elle sans vouloir expliquer davantage. Cette femme fait remarquer qu’elle préfèrerait un autre travail que celui de chauffeur de camions pour son mari.

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