La transition entre la vie académique et l’emploi constitue toujours un chemin long et difficile pour les jeunes burundais. Pour inverser la tendance, l’entrepreneuriat des jeunes est indispensable. Pourtant, la plupart des étudiants et lauréats des universités qui rêvent d’entreprendre ne sont pas au courant des opportunités de financement existantes au niveau des microfinances
Le Burundi s’est joint à environ 170 pays du monde pour participer à la célébration de la semaine mondiale de l’entrepreneuriat qui a eu lieu dans la semaine du 8 au 12 novembre 2021. Sous le thème central « Un entrepreneuriat responsable », une table ronde dont l’objectif générale était de mobiliser tous les acteurs intervenants à favoriser l’émergence de la prochaine génération d’entrepreneurs, d’innovateurs, de chercheurs et de réalisateurs de changement. Elle a été organisé jeudi le 11 novembre 2021 par la Fondation Allemande des Caisses d’Epargne pour la Coopération Internationale (DSIK) en partenariat avec le Réseau des Institutions de Microfinance du Burundi (RIM) et l’Université du Burundi.
Selon Mme Irène Inayange, directrice pays de DSIK Burundi, la plupart des jeunes étudiants et lauréats des universités ne sont pas au courant des opportunités de financement existantes au niveau des microfinances. Cependant, cette table ronde a été organisée pour inciter et motiver les jeunes entrepreneurs à créer leurs propres entreprises, mais surtout à se connecter aux institutions de microfinance pouvant financer leurs projets.
Mme Irène Inayange, directrice pays de DSIK Burundi : « La plupart des jeunes étudiants et lauréats des universités ne sont pas au courant des opportunités de financement existantes au niveau des microfinances ».
Les microfinances prêtes à financer les projets des jeunes entrepreneurs
Bernard Kinyata, Directeur Général de RECECA-Inkingi, dans son développement du thème « Accès au financement : offre des services financiers et non financiers digitaux pour les jeunes entrepreneurs » a fait savoir que contrairement à ce que pensent plus d’un jeune voulant entreprendre, l’idée de projet et sa faisabilité comptent plus que les moyens requis pour démarrer une entreprise. L’entrepreneur devrait d’abord vérifier si son idée de projet est réalisable, vendable, mais également bancable. « Les jeunes entrepreneurs gagneraient à s’orienter au niveau des microfinances, car celles-ci sont déjà préparées pour commencer à financer les petits montants, si l’idée du projet est convaincante », fait-il savoir.
Les microfinances offrent différentes sortes de crédits, entre autres les crédits commerciaux, les crédits agricoles, les crédits d’élevage, crédits d’équipement et d’investissement, pour ne citer que ceux-là. Les points de services physiques et virtuels pouvant offrir les services financiers sont répartis sur tout le territoire national avec 993.000 clients (2020) dont 277.000 emprunteurs. Selon Kinyata, une sensibilisation pour susciter le besoin de créer une entreprise et de chercher les financements pour concrétiser l’idée de projet est d’une grande nécessité.
Une opportunité pour les jeunes entrepreneurs
La transition entre la vie académique et l’emploi constitue toujours un processus long et difficile au Burundi. Le nombre d’emplois formels disponibles est souvent insuffisant pour employer tous les jeunes qui entrent sur le marché de travail. Selon Sanctus Niragira, recteur de l’Université du Burundi, les recherches ont montré que l’entrepreneuriat devient une voie de secours au taux de chômage galopant dans plusieurs pays dont le Burundi. « L’organisation de cette semaine de l’entrepreneuriat apparait comme un rappel à la raison de certaines personnes qui pensent toujours que l’Etat est le seul employeur », fait-il savoir.
Ce recteur a promis que l’université du Burundi en collaboration avec ses partenaires ne ménageront aucun effort pour accompagner les efforts visant à promouvoir un meilleur avenir pour ses lauréats. « Ainsi, l’Université du Burundi contribue efficacement, à travers l’une de ses trois missions, à rendre service à la communauté », conclut-il.
DSIK, un partenaire incontournable
Mme Inayange déplore que malgré les progrès enregistrés dans le domaine socio-économique, le taux de chômage reste un handicap dans la société et à la croissance économique du Burundi. Pour pallier à cette problématique, DSIK compte sur les partenaires et se réjouit de son partenariat avec l’Université du Burundi. Un partenariat qui lui a permis d’atteindre plus de 600 lauréats et étudiants de l’Université du Burundi. « Nous voudrions œuvrer à ce que ces jeunes, une fois formés, puissent se mettre au travail, créer leur propre emploi, accéder aux produits et aux services financiers et développer des activités économiques prospères. Pour y arriver, l’effort de tout un chacun est plus que nécessaire », fait-elle savoir.
La Fondation Allemande des Caisses d’Epargne pour la Coopération Internationale (DSIK) accompagne toute initiative allant dans le sens de promouvoir l’entrepreneuriat et l’inclusion financière au Burundi. Elle est fortement mobilisée dans plusieurs activités avec les partenaires notamment à travers les projets de renforcement des capacités, d’éducation financière, de finance rurale et d’appui institutionnel dans le secteur de la microfinance.