25 tricycles électriques ont été accordés à l’OTRACO par la société indienne Mahindra dans l’objectif de promouvoir la mobilité électrique. C’est dans l’optique de réduire les émissions des gaz à effet de serre. Les intervenants dans le transport se réjouissent de cette initiative. Toutefois, ils s’inquiètent du fait que cette innovation ne colle pas avec les réalités du moment. On a plus besoin de véhicules électriques que de tricycles pour en découdre avec les files d’attente qui s’observent au centre-ville de Bujumbura
Le ministère du Commerce, du Transport, de l’Industrie et du Tourisme en collaboration les partenaires œuvrant dans le secteur du transport a validé le projet de mobilité électrique jeudi le 24 mars 2022. Selon Angel Aparicio, consultant au sein du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le budget de la mise en œuvre de ce projet est estimé à près de 800 000 USD. La démonstration de la mobilité électrique sera d’abord appliquée aux tricycles (tuk-tuk). Angel Aparicio informe que la société indienne « Mahindra » a déjà octroyé un don de vingt cinq tricycles à l’OTRACO pour exploitation. Elles assureront le transport en commun. Le ministère en charge des transports se chargera du suivi-évaluation du projet », signale-t-il. Et D’après le ministère ayant le transport dans ses attributions, cela rentre dans le cadre de la mise en œuvre de la recommandation de la 25ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques relative à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’importation de l’essence sera aussi réduite.
Les intervenants dans le transport se sont réjouis de l’initiative de la mise en place du projet de mobilité électrique. Selon eux, il s’agit d’une avancée enregistrée dans le domaine du transport.
Alexander Koerner du PNUE (micro dans la main) : « Le développement de la mobilité électrique ne va pas se focaliser seulement sur les tricycles électriques ».
Les tricycles non chouchoutés
Néanmoins, leur inquiétude est que ce projet ne colle pas avec les réalités du moment. Ils font savoir qu’ils souhaitent qu’on privilégie des véhicules électriques au détriment des tricycles électriques, car il s’observe que les gens qui ont besoin de se déplacer sont nombreux par rapport au parc automobile disponible. Selon ces derniers, c’est la raison pour laquelle il s’observe de longues files d’attente au centre-ville de Bujumbura pendant les heures de pointe. Selon toujours eux, une autre inquiétude est que cette innovation vient au moment où les utilisateurs des tricycles n’ont pas accès à une grande partie de la ville de Bujumbura depuis le 21 mars 2022. Et depuis cette période, ils disent que les tricycles ne sont pas actuellement chouchoutés, car les utilisateurs travaillent à perte depuis que le gouvernement a pris la mesure d’interdire aux tricycles d’accéder à certains endroits de la ville de Bujumbura. Et de se demander si le projet ne vient pas pour contrecarrer cette politique de l‘Etat. Jacques Nibizi, directeur technique de l’OTRACO, a exprimé ses inquiétudes. Selon lui, l’OTRACO a besoin de véhicules solides pour pouvoir déplacer la population vers l’extérieur et dans les coins les plus reculés du pays étant donné que c’est sa vocation est plus sociale que commerciale. Il a jouté qu’il faut aussi penser à mettre en place un magasin de vente des pièces de rechange pour les tricycles et les véhicules électriques, car la société Mahindra n’a pas de maison spécialisée dans la vente des pièces de rechange ici au Burundi.
Le PNUE tranquillise
Alexander Koerner du PNUE a tranquillisé les intervenants dans le transport en arguant que le développement de la mobilité électrique ne va pas se focaliser seulement sur les tricycles électriques. Selon lui, même les véhicules électriques ne seront pas épargnés dans un proche avenir. « Même dans les autres pays de l’EAC les véhicules électriques sont fonctionnels. L’exemple emblématique est le cas du Kenya. A Nairobi, il y a une compagnie de taxis électriques de type Nissan importés du Japon. L’importation de ce véhicule électrique via le port de Mombassa est estimé entre 8 000 et 12 000 USD contre entre 6 000 et 10 000 USD pour un véhicule conventionnel de la même marque», laisse entendre Alexander Koerner. Et de continuer en précisant que le constat est que l’utilisation des véhicules électriques est bénéfique, car l’électricité est moins cher que le carburant. Toutefois, il s’inquiète du fait qu’avec le Fonds Mondial pour l’Environnement, le projet d’importer les véhicules électriques n’est pas semble utopique. Seulement, on va voir si le PNUE peut s’y impliquer pour une bonne réussite de l’utilisation des véhicules électriques au Burundi entre autres les autobus et les voitures électriques dans le but de faciliter le transport en commun et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Concernant la délimitation du périmètre de circulation des tricycles dans la ville de Bujumbura, Koerner fait savoir qu’il s’agit d’une mesure qui a été prise pour protéger les citoyens contre les accidents routiers. Et selon toujours lui, ce n’est pas toute la ville qui est interdite aux tricycles. Certains endroits restent accessibles.
Notons que le projet de mobilité électrique a un délai de 4 ans.