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Municipalité de Bujumbura : Les catastrophes naturelles continuent à frapper

Dans le quartier Kinanira II de la zone Musaga, les infrastructures tant publiques que privées sont menacées par un ravin qui s’élargit du jour au jour. Certains habitants ont déjà vidé les lieux de peur d’être victimes de cette catastrophe naturelle. Les travaux d’urgence ont commencé pour éviter le pire

A Musaga, quartier Kinanira II, les infrastructures sont menacées par un ravin qui ne cesse de s’agrandir suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur Bujumbura lundi le 29 avril 2019.  Les glissements de terrain ajoutent le drame au drame. L’immensité de ce ravin provoque une peur panique chez les habitants de cet endroit. L’avenue Mutaga située à cet endroit est jusqu’à maintenant bloquée pour prévenir les accidents. La population a enlevé les portes, les fenêtres et les tôles sur plus de dix infrastructures riveraines pour ne pas tout perdre. Selon Jacques Bwitonzi, habitant de ce quartier, une église et deux maisons se sont déjà effondrées. Les sanitaires d’une école située à cet endroit se sont affaissés. Au moment où il n’était pas facile de satisfaire leurs besoins, ces habitants dont les infrastructures se sont effondrées indiquent que ce ravin vient pour mettre de l’huile sur le feu. Ils ne voient pas comment ils vont trouver les moyens pour chercher les abris ailleurs. Si rien n’est fait dans l’immédiat, les pertes pourront être énormes.

L’immensité du ravin situé à Musaga, quartier Kinanira II provoque une peur panique chez les habitants de cet endroit

Les travaux d’urgence ont démarré 

Depuis le 1er mai 2019, des travaux d’urgence sont en train d’être réalisés sur ce ravin pour prévenir les dégâts. Des murs de blocage sont en train d’y être érigés pour arrêter l’élargissement du ravin et l’affaissement des infrastructures riveraines qui s’ensuit. A l’arrivée du reporter de Burundi Eco était sur les lieux vendredi le 3 mai 2019, des bennes y déposaient des pierres à tour de rôle. Après ces travaux d’urgence, il est prévu la canalisation des eaux de pluies jusque dans la rivière Kanyosha comme c’était auparavant.   

Le respect des plans de contingence, une nécessité

Jean-Marie Sabushimike, géographe et professeur d’université fait savoir qu’il ne faut pas construire n’importe où et n’importe comment. Une étude approfondie sur le sol et l’historique du terrain  avant d’y ériger une quelconque infrastructure est une condition sine quoi non. Il faut savoir la prédisposition naturelle du terrain et ce qui adviendra après l’apport de l’homme. Certains terrains ne sont pas propices à la construction. Et de souligner aussi le problème de gestion des eaux pluviales suite aux constructions anarchiques qui s’observent ici et là. Avant de bâtir, le plan de contingence reste toujours une nécessité pour vivre dans des villes résilientes comme c’est prévu dans les Objectifs de Développement Durable.  

De plus, Il faut éviter les constructions anarchiques, aménager les caniveaux et construire les routes dans les quartiers. Avant de construire dans la ville de Bujumbura, il faut tenir compte de sa situation géographique. Elle est située dans une plaine. Dans les contre forts, il y a les escarpements des failles des Mirwa. Ce sont des facteurs physiques qui prédisposent la vulnérabilité de la ville de Bujumbura. La capitale a été bâtie sur un terrain à risque. L’urbanisation anarchique ne cesse de dévorer la ville et les gouffres se multiplient de plus en plus dans pas mal de quartiers de cette capitale économique.

Suite à ces catastrophes naturelles, notons que six personnes qui étaient en train d’aménager la rivière Gasenyi ont trouvé la mort suite à un glissement de terrain vendredi le 16 mars 2018 à la RN 1 près du palais présidentiel.

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