La semaine Santé Mère –Enfant, 2ème édition 2020 arrive dans un contexte de lutte contre plus d’un mal. La riposte contre la rougeole d’actualité dans deux districts sanitaires fait partie de l’agenda de la semaine
Des professionnels de soins se font remarquer de manière inhabituelle sur les sites de vaccination dont des établissements scolaires. Nous ne sommes pas dans la routine, s’exclame un infirmier. C’est la campagne de vaccination qui rythme la semaine Santé Mère-Enfant. Du 15 décembre au 18 du même mois, le ministère de la Santé coordonne la deuxième édition 2020 pour ce genre de semaine dédiée de façon particulière à la santé de la mère et de l’enfant, poursuit-on.
La riposte contre la rougeole domine les débats chez les prestataires de soins. La semaine arrive au moment où la province sanitaire de Muyinga fait face à une flambée épidémiologique des cas de rougeole. Plus de 120 cas ont été répertoriés depuis la réapparition de la maladie dans les districts sanitaires de Gashoho et Muyinga il y a un mois, confie un médecin. Administrer le vaccin contre la rougeole à 82567 enfants de 6 à 59 mois des districts sanitaires de Muyinga et Gashoho est un pari annoncé par Dr Eric Nkunzimana, médecin-directeur de la province Sanitaire de Muyinga. La rougeole constitue une menace réelle, signale ce cadre. Le foyer supposé est au camp des réfugiés congolais de Kinama en commune Gasorwe. La menace a été pressentie longtemps avant, la campagne de vaccination contre la rougeole qui a eu lieu dans le camp en avril de cette année, précise le médecin provincial. Les districts sanitaires de Muyinga et Gashoho figurent sur la liste de quatorze districts sanitaires du pays en proie à la rougeole ces jours-ci.
Un vaccin contre la rougeole est administré aux 82 567 enfants de 6 à 59 mois des districts sanitaires de Muyinga et Gashoho.
La lutte contre les vers intestinaux présente une autre spécificité!
Nous administrons du praziquantele aux enfants de 5 à 14 ans, apprend-on d’un infirmier sur un des sites installés dans la ville de Muyinga. C’est un médicament efficace contre certains vers. C’est le traitement de première intention de la bilharziose humaine avec une dose unique mais il est aussi prescrit contre le Taenia. Lors de la semaine Santé Mère-Enfant, plus de dix mille enfants du seul district sanitaire de Muyinga bénéficieront du déparasitage au praziquantele, d’après des cadres au bureau provincial de santé à Muyinga. Il y a une maladie dite Urukushi en langue nationale, (symptômes des vers intestinaux) qui se fait toujours remarquer dans ce district. « Je pense que c’est pourquoi il a été choisi », laisse entendre un infirmier. Ce genre de déparasitage sort de la généralité du paquet de la semaine Santé Mère –Enfant, confie-t-on.
Dans tout le pays, les sites de vaccination offrent aussi le déparasitage à l’albendazole des enfants de 1 à 14 ans et femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de grossesse. Parmi les autres objectifs de cette semaine, il y a la distribution des savons à 21.048 femmes enceintes qui arrivent au 2ème et 3ème trimestre de grossesse ainsi que le déparasitage au praziquantèle des 224.707 enfants de 5 à 14 ans du district sanitaire de Muyinga. Les enfants de 6 mois à 59 mois ont aussi droit à des suppléments en vitamine A.
Briser toute barrière pour une couverture sanitaire de 100%
Jean Claude Barutwanayo, gouverneur de la Province Muyinga exhorte les administratifs à la base à veiller à ce qu’aucun enfant n’échappe à cette opération. Si la couverture vaccinale n’est pas totalement atteinte, la responsabilité incombera à l’administration locale, indique le gouverneur.
Les responsables administratifs et religieux impliqués dans les préparatifs de cette semaine doivent intervenir pour briser toute barrière probable. Par endroit, des parents affichent une réticence à faire vacciner les enfants de peur qu’ils ne deviennent stériles, signale un parent. Quelques diplômés trouvent que les rattrapages des vaccins devraient cibler les seuls enfants en retard vaccinal.
Il y a des animateurs de santé communautaires pour les repérer. C’est illogique aussi de passer son temps à chercher le déparasitage alors que les services de santé devraient éduquer la population au déparasitage périodique sans attendre les gratuités des campagnes, laisse entendre une enseignante dans une école secondaire. Les rumeurs et toute résistance sont à combattre pour atteindre le maximum de couverture vaccinale, car si un seul enfant se dérobe au programme de l’Etat, il se révèle une menace potentielle pour toute la communauté dans l’avenir, juge l’autorité administrative.