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PACSC à l’œuvre dans le développement de la filière café

Le Projet d’Appui à la Compétitivité du Secteur Café (PACSC) financé par la Banque Mondiale s’active dans le développement de la filière café. Le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, M. Déo- Guide RUREMA  le remercie pour ses appuis incommensurables dont  l’objectif principal est d’augmenter la production du café en quantité et d’améliorer sa qualité

Déo Guide Rurema, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage : « L’objectif de cette campagne de taille et de paillage des caféiers est de prouver le ferme engagement de l’Etat à promouvoir la productivité de la filière café »

Le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage et en partenariat avec le Projet d’Appui à la Compétitivité du Secteur Café (PACSC) a procédé ce mercredi 30 juillet 2020 à Ngozi, commune Busiga, zone Mparampirundi sur la colline Gahini au lancement de la campagne de taille et paillage des caféiers qui n’ont pas encore atteint l’âge de remplacement mais dont les performances de productivité diminuent progressivement. Selon Déo Guide Rurema, patron de ce ministère, l’objectif de cette activité est de prouver le ferme engagement de l’Etat à promouvoir la productivité de la filière café.  La raison principale de cet engagement est que le café est la principale culture porteuse de croissance économique. Il génère plus de 60% des devises qui entrent dans le pays. Il permet à l’Etat de construire des hôpitaux, des écoles et des routes, de payer les salaires des fonctionnaires, de fournir des intrants agricoles, des semences sélectionnées, etc, aux caféiculteurs. Bref, la culture du café contribue à la croissance économique, à  la réduction de la pauvreté, à  la sécurité alimentaire et à  la création de l’emploi.

Pour toutes ces raisons, l’Etat en collaboration avec les partenaires techniques et financiers comme la Banque Mondiale à travers le PACSC comme Projet du Gouvernement ne compte plus baisser les bras dans la promotion du développement de la filière café et l’accompagnement des caféiculteurs. Pour atteindre son objectif, le Gouvernement a mis en place l’Office pour le Développement du Café (ODECA). Il est fonctionnel depuis le 7 janvier 2020.

ODECA, ses missions

Parmi ses nobles missions, il y a l’accompagnement multidimensionnel des caféiculteurs et le renforcement des capacités des moniteurs agricoles. L’ODECA leur fournit des fertilisants, des semences sélectionnées et des produits phytosanitaires destinés au traitement des différentes maladies et ravageurs des champs de caféiers comme l’anthracnose  et la rouille. L’ODECA en collaboration avec l’ISABU a aussi la mission de contribuer à la multiplication de nouveaux plants de caféiers et la mise en place de nouvelles techniques caféicoles à travers les recherches approfondies visant l’augmentation de la production du café et l’amélioration de sa qualité.

Epipode Baranyikwa, gouverneur de la province de Ngozi : « On a récolté plus de 15 000 tonnes de café cerise pendant la campagne café écoulée »

Selon le Ministre Rurema, avant le réengagement de l’Etat dans le secteur café, il y avait un constat du désordre dans le respect  des prix fixés par kg du café cerise et de l’irrégularité dans le paiement des caféiculteurs. En fait, Les prix variaient de 350 F à 500 F selon la qualité, mais des spéculations s’observaient sur la définition de la qualité. Pour toutes ces raisons, l’Etat s’est saisi de la question et s’est levé comme un seul homme pour inverser la tendance en tenant compte des intérêts des petits producteurs. Même certaines mesures ont été prises pour faire respecter la dignité des caféiculteurs qui n’ont pas été payés. Ainsi, les détenteurs de certaines sociétés de dépulpage et de lavage SDL en sigle, impliquées dans ces magouilles ont été sanctionnées jusqu’à ce qu’elles s’acquittent de leur dette.

Que fait l’Etat pour motiver les caféiculteurs ?

Dans l’objectif de remotiver beaucoup plus les caféiculteurs, lors du lancement de la campagne café 2020-2021, le prix du café cerise a été revu à la hausse, passant ainsi de 500 FBU à 550 FBU le kilo. Le Ministre Déo Guide Rurema fait savoir aussi que les problèmes qui s’observaient dans le paiement des caféiculteurs sont en train d’être maîtrisés. Le 1er paiement a été effectué sans difficulté et tous les caféiculteurs ont eu leurs montants. Le 2ème paiement est en cours de finalisation. Il tranquillise ceux qui n’ont pas encore perçu leurs montants que cette question sera réglée d’ici la fin du mois d’août 2020.

Les appuis du PACSC sont incommensurables

Selon toujours le Ministre Rurema, les appuis du PACSC sont d’une importance incommensurable. De surcroît, on a mis en place une journée destinée aux activités en rapport avec à la valorisation et à la promotion de la culture du café. Il s’agit du 3ème jeudi de chaque mois. Pour ce jeudi, le 30 Juillet 2020, on a procédé aux activités de taille et de  paillage des caféiers

Selon M.Louis Ndizeye, agronome communal de la commune Busiga, la taille et  le paillage des caféiers sont deux nobles activités qui se réalisent chaque année.  Elles sont complémentaires. Selon toujours lui, la taille ne se réalise pas pêle-mêle. Il y a des normes à suivre.  On respecte 5 cm d’épaisseur à partir du sol en allant vers le  haut du pied du caféier. On essaie de ne pas faire approcher le paillis pour éviter que les fourmis ravagent le pied du caféier. Le paillis permet de maintenir l’humidité du sol en réduisant l’évaporation de l’eau. Cela limite les arrosages d’été dans des proportions importantes. … Le paillage limite l’expansion des mauvaises herbes qui réduisent la lumière nécessaire au  développement des caféiers.

Les types de taille

Concernant la taille des caféiers, M.Ndizeye fait remarquer qu’il y a trois types de taille  dont chacune a ses propres avantages. Le premier est la taille  de formation. Lorsque le plant est retiré de la pépinière, on le repique. Après une année, on fait une arcure. C’est une sorte de crochet sur le dos du caféier afin de susciter la croissance des plants vigoureux. Parmi ces derniers, on sélectionne  seulement trois plants. Au départ, il indique que de cela on peut faire germer plus de 3 plants. Néanmoins, au fur du temps, on essaie de les diminuer pour ne garder que 3 plants par pied de caféier.  Le deuxième est la taille de production. Elle se fait après la récolte de la cerise. Chaque année, on élimine les branches mortes (sèches). On élimine aussi les gourmands qui ont  germés à côté du pied de caféier et les cerises qui sont en train de se sécher qui étaient restés après la campagne. Le troisième est la taille de régénération. On élimine les vieux caféiers, c’est-à-dire ayant plus de 6 ans. La taille de régénération est opérée dans des champs de caféiers qui nécessitent d’être rajeunis. Elle permet la germination des jeunes plants de caféiers.  La coupe du caféier ne se fait pas comme on veut. On utilise le sécateur pour que les eaux de pluie, puissent s’infiltrer facilement dans le sol.

Louis Ndizeye, agronome communal de la commune Busiga : « La taille et le paillage des caféiers sont deux nobles activités qui se réalisent chaque année dans le cadre des bonnes pratiques caféicoles »

Cet agronome remercie le PACSC pour ses appuis multiples. Il s’agit entre autres de favoriser les activités de rajeunissement des caféiers à travers le remplacement des vieux caféiers de plus de 30 ans et le recepage des caféiers en baisse de production, une pratique qui consiste à couper les tiges des caféiers peu productifs pour leur permettre une bonne régénérescence, ainsi que les activités de fertilisation des caféiers.

Dans tout cela, l’innovation consiste à mettre des cultures intercalaires comme le haricot dans les plantations renouvelées et/ou recepées. En fait, dans le cadre de la sécurité alimentaire, les cultures intercalaires constituent un autre moyen de lutter contre la faim dans les ménages, avant la première production du café cerise. Ce qui encourage la population à s’atteler beaucoup plus à l’entretien du café. Aussi, la vulgarisation des bonnes pratiques caféicoles respecte les normes environnementales et sociales.  Les autres principales activités concernent la distribution des plants de meilleure qualité et résistants aux maladies ainsi que le renforcement des capacités des producteurs de café dans l’acquisition des bonnes pratiques en matière de récolte, des opérations post-récoltes et de stockage.

Notons que la campagne de taille et paillage des caféiers a été lancée dans la province de Ngozi, car la population de cette région se préoccupe beaucoup plus de la culture du café. Ce qui fait que cette province a un bon rendement. Selon M. Epipode Baranyikwa, gouverneur de la province de Ngozi, on a récolté plus de 15 000 tonnes de café cerise pendant la campagne café écoulée.

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