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PACSC en action : Ses appuis matériels et semenciers appréciés par les bénéficiaires

Le Projet d’Appui à la Compétitivité du Secteur Café (PACSC) est dans sa 3ème année d’opérationnalisation depuis le 12 octobre 2016. S’inscrivant dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie de relance de la filière café pour la période 2015 – 2021, ce projet est en train d’y contribuer en apportant ses appuis à tous les maillons de la chaine de valeur depuis la production jusqu’à la commercialisation, en passant par la transformation. Il insiste plus sur la production qui doit donner un café de qualité. Les bénéficiaires s’en réjouissent

Richard Giramahoro, Responsable de la communication au PACSC : De nombreuses activités sont en train d’être réalisées pour valoriser le café, augmenter la production, mais aussi et surtout améliorer sa qualité »

Le Gouvernement de la République du Burundi, en partenariat avec la Banque Mondiale, a initié le PACSC afin d’appuyer le Plan National d’Investissement Agricole (PNIA) et de contribuer principalement à la croissance économique, à la réduction de la pauvreté, à la sécurité alimentaire et à la création de l’emploi par l’augmentation de la productivité du café et l’amélioration de sa qualité au bénéfice des petits producteurs. Les activités de ce projet s’étendent sur six provinces où le café est très cultivé. Il s’agit de Kayanza, Ngozi, Kirundo, Muyinga, Karusi et Gitega qui constituent sa zone d’action prioritaire.

Un projet qui tombe à point nommé

En 2018, la production du café vert a grimpé de 15 mille tonnes à plus de 21 mille tonnes. Ainsi, Richard Giramahoro, Responsable de la communication au PACSC indique que de nombreuses activités sont en train d’être mises en oeuvre pour valoriser le café, augmenter sa production, mais aussi et surtout améliorer sa qualité. Il s’agit entre autres de favoriser les activités de rajeunissement des caféiers à travers le renouvellement des vieux caféiers de plus de 30 ans et le recepage des caféiers en baisse production, c’est-à-dire une pratique qui consiste à couper les tiges de café peu productifs pour leur permettre une bonne régénérescence, ainsi que les activités de fertilisation des caféiers en production. Dans tout cela, l’innovation consiste à mettre des cultures intercalaires comme le haricot dans les plantations renouvelées et/ou recepées. En fait, dans le cadre de la sécurité alimentaire, les cultures intercalaires constituent un autre moyen de lutter contre la faim dans les ménages, avant la production du café cerise. Ce qui encourage la population à s’adonner beaucoup plus à l’entretien du café. Aussi, la vulgarisation de bonnes pratiques caféicoles respecte les normes environnementales et sociales.  Les autres principales activités concernent enfin la distribution des plants de meilleure qualité et résistants aux maladies ainsi que le renforcement de capacité des producteurs de café dans l’acquisition des bonnes pratiques en matière de récolte, d’opérations post-récolte et de stockage.

Les grandes réalisations avec les Agences d’Exécution du Projet(AEP)

Pour mener à bon port ce projet, le PACSC collabore avec certaines agences publiques et privées qui supervisent le développement du secteur café et participent directement à la mise en œuvre du Projet. Il s’agit notamment de l’Autorité de Régulation de la Filière Café (ARFIC), de la Confédération Nationale des Associations des Caféiculteurs (CNAC), de l’InterCafé, de l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU), de la Direction Générale de la Mobilisation pour l’Auto-Développement et la Vulgarisation Agricole (DGMAVA) et de l’UNIPROBA (Unissons- nous pour la Promotion des Batwa).

Les réunions des producteurs du café se font dans leurs plantations de café.

Actuellement, le PACSC a déjà appuyé les AEPs en moyens de déplacement. Ici, M.Giramahoro nous fait part de quelques détails. Selon lui, le projet a distribué 13 véhicules pour les cadres afin de mieux superviser le travail sur terrain, 9 motos pour les agronomes et 787 vélos pour les moniteurs café. Le projet a également fourni du matériel de taillage composé de 54 008 scies et 19 414 sécateurs, des kits complets de protection pour les moniteurs café et les caféiculteurs et du matériel de traitement des caféiers (14.145 pulvérisateurs, 12.300 seringues, 12.300 salopettes, 12.300 casques, 12.300 lunettes, 12.300 bottines, 300.000 masques et 12.300 gants).

Ces appuis concernent aussi les semences de haricots pour les cultures intercalaires, la fumure organique, les fertilisants minéraux (1.300 tonnes d’engrais NPK+S fournies), les produits phytosanitaires pour la lutte contre les maladies et les ravageurs (80.000 litres fournis pour la lutte contre la punaise du caféier) et les fongicides pour les pépinières et les cultures intercalaires. PACSC a aussi contribué à la mise en place de six sites de démonstration de bonnes pratiques caféicoles. Dans le cadre de la promotion et du marketing de la marque « Café du Burundi », le projet a aidé dans l’organisation des foires et expositions du café au niveau national et international comme le « Burundi SCA Portrait country » (Boston/USA, Avril 2019) ainsi que la « Cup of Excellence » qui s’est tenue au Burundi en 2017 et 2018 et celle qui se tiendra cette année de 2019. Conséquence, le café burundais regagne la confiance des acheteurs potentiels étrangers.

La promotion des pépinières caféicoles

Des pépinières de plants de caféiers sont mises en place dans les zones d’action du PACSC. Ezéchiel Nkurunziza, pépiniériste exerçant sur les   collines Mirama, Karenda et Mugutu de la commune Gitega travaille dans une association de 13 personnes. Selon lui, son activité est motivée par la demande toujours croissante de plants de caféiers par les agriculteurs pour le remplacement de vieilles plantations. D’où l’idée de créer une association de pépiniéristes afin de multiplier les plants de bonne qualité à approvisionner. 

Melchior Baravyibuza, pépiniériste de la colline Buniha, commune Ruhororo: « La demande de plants a sensiblement augmenté et c’est la raison pour laquelle nous avons augmenté l’étendue de la pépinière pour pouvoir honorer toutes les commandes »

Melchior Baravyibuza, pépiniériste exerçant sur les collines Buniha, Kinyami et Rwamivo en commune Ruhororo explique qu’avec le programme d’appui du PACSC, la population est très attachée à la culture du café. « La demande de plants de caféiers a sensiblement augmenté et c’est la raison pour laquelle nous avons augmenté l’étendue de la pépinière pour pouvoir honorer toutes les commandes. Il compte aujourd’hui 25.000 plants. Il a indiqué que le PACSC fournit les semences de plants et chaumières de bananiers qui vont progressivement remplacer les sachets. Il revient alors à la fédération des caféiculteurs de rendre disponible des fiches pour l’inscription de nouveaux demandeurs de plants pour le remplacement de vieux caféiers et ceux qui désirent mettre en place de nouvelles plantations. Les deux pépiniéristes rassurent que ces plants sont distribués gratuitement aux caféiculteurs et que c’est le PACSC qui paie la facture à raison de 160 FBu le plant.

Du compost pour fertiliser les plantations 

Salvator Ntihabose, moniteur agricole œuvrant sur colline Mirama, commune Gitega a érigé un compost à proximité de sa plantation de café. Selon lui, ce compost est obtenu en utilisant du stipe coupé en petits morceaux, des feuilles de bananier, de la paille de haricots. Bref, tout ce qui est facilement décomposable. On y ajoute de la matière organique décomposée et du NPK et on le couvre avec de la terre. On suit cette procédure pour obtenir quatre couches superposées. Chaque compost est un cube de 1,5m de côté. Après, on le couvre avec de la paille pour le protéger contre l’ensoleillement. On l’arrose et 3 mois après, le compost est prêt à être utilisé. Il informe que ce programme a été initié par la CNAC murima w’Isangi et InterCafé.

La communauté Batwa impliquée

La communauté Batwa est mobilisée pour la culture du café via le PACSC. Léonidas Mbonwanayo, de la colline Gatabo, commune Shombo fait partie de cette composante sociale. Membre de l’association Tujimbere, il indique que son association a déjà repiqué 7000 plants de caféiers. « Nous avons remarqué dans les années antérieures des personnes vivants dans des maisons couvertes de tôles sans nous rendre compte que leur ressource principale était le café. Ils avaient des vaches, des enfants scolarisés sans problème de minerval », indique Mbonwanayo. Il affirme que c’est le projet PACSC qui les a sensibilisés sur le bien-fondé de la plantation du café. La communauté Batwa étant très vulnérables, elle a besoin d’être appuyée. Pour répondre à l’exploitation du café, un couple Mutwa doit libérer le mari à la recherche de la paille et sa femme à la quête d’une main-d’œuvre pour avoir de quoi mettre sous la dent. Lui aussi confirme l’appui du PACSC via la CNAC dans la distribution des plants de caféiers, des fertilisants mais aussi des haricots comme cultures intercalaires dans les plantations de café. 

Des appuis oui, mais aussi un plaidoyer s’impose

Stanislas Ndabirorere, président de la confédération des caféiculteurs Shiramazinda de la région Kirimiro (Gitega, Muramvya, Karusi et Mwaro) indique que le projet PACSC aide la confédération dans l’encadrement- sensibilisation des petits producteurs de café afin d’avoir une bonne production de café de qualité.  « Pour le moment, c’est-à-dire après la récolte du café, nous sensibilisons les agriculteurs à faire le paillage et le taillage des caféiers pour protéger les racines contre un grand ensoleillement et la mise en place des compostières, en collaboration avec le Bureau provincial de l’environnement, de l’agriculture et de l’Elevage (BPEAE), signale Ndabirorere.

Toutefois, il demande à l’Etat de chercher un bon marché international pour la vente du café. Il déplore que le prix de 500 FBu le kg de café cerise ne soit pas encourageant si on considère l’effort consenti dans la production du café. Il suggère qu’il y ait également révision du coût de l’engrais chimique par kg. Au lieu qu’un cultivateur paie 60% et le PACSC 40%, il faut que ce soit l’inverse. 

Autre chose à signaler, les réunions d’encadrement- sensibilisation des caféiculteurs se font dans les plantations de café. Ce sont les agronomes, les moniteurs café et moniteurs agricoles qui leur donnent des enseignements sur les bonnes pratiques caféicoles génératrices d’une bonne production.

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